Le Monténégro et l'Albanie - du 22 au 25 août 2014

Publié le par BosTrotters

Le Monténégro et l'Albanie - du 22 au 25 août 2014

Le Monténégro

Vendredi 22/08 : Le Monténégro - Podgorica - km3208
Nous quittons la Croatie et l'Europe pour un petit pays très méconnu, le Monténégro. Notre premier contact avec ce pays se fait à la douane qui s'avère être une formalité dans notre sens. Par contre pour ceux qui souhaitent entrer en Croatie (majoritairement des vacanciers) il y a probablement une journée d'attente. La file qui fait des kilomètres de longueur n'avance pas et nous sommes heureux de ne pas en être. L'espace Schengen est bien protégé ici!
La pause déjeuner sera notre premier arrêt avec vue sur la baie de Kotor car plutôt que de prendre un ferry pour traverser les quelques centaines de mètres de son étroite embouchure, nous préférons cheminer plusieurs dizaines de kilomètres sur ses berges.
Les enfants dormant, nous ne nous arrêterons pas pour admirer les fortifications vertigineuses de Kotor mais nous poursuivrons vers la capitale Podgorica.
Nous découvrons alors que les conducteurs de ce pays semblent ne pas avoir connaissance de la signification d'une ligne blanche continue et réalisent alors nombre de dépassements sans visibilité qui nous glacent le sang les premières fois et dont on peine à s'habituer même avec le temps.
Les guides ne disent que peu de choses sur la toute jeune capitale de ce tout jeune pays séparé par référendum de la Serbie en 2006. Peut-être est-ce parce qu'il y a peu de choses à y voir. Pas de vestiges, monuments anciens...
La vie y est jeune, intense. En ce vendredi soir les jeunes filles rejoignent les jeunes garçons dans les bars près desquels nous avons garé le camping-car qui attire quelques regards interrogateurs. Mélanie n'est pas à l'aise ici alors que je m'y trouve au contraire en sécurité. Certes des hommes usés par des années d'abus de boisson déambulent sans but. Mais ceci ne semble pas inquiéter les femmes et enfants qui vont seuls dans les rues. Je ne laisserais pas mes enfants seuls dans une grande ville en France, j'en conclu donc qu'il ne doit pas y avoir de soucis de sécurité!

Samedi 23/08 : Podgorica - Frontière Albanaise

Nous quittons Podgorica par le nord en traversant les immenses vignes et vergers dont l'organisation témoigne de l'ère communiste. Les kilomètres de clôtures qui les enferment sont percés tous les kilomètres de portails surveillés par des gardes. Est-ce désormais privé ou est-ce toujours public? Je n'ai pas la réponse mais cela intrigue.
Ce pays me laisse avec plus de questions que de réponses. Ils utilisent l'Euro mais ne font pas partie de l'Europe. Le carburant y est au même tarif qu'en France mais son prix est unique et la population n'y a pourtant pas le même pouvoir d'achat! La capitale n'a pas de bâtiments officiels... Nous n'y aurons croisé que peu d'étrangers avec lesquels nous échangeons mutuellement et spontanément de grands signes. Après la Croatie où l'on jouait des coudes avec les autres camping-caristes et où les saluts se limitaient à nos compatriotes, quel changement!

Le Monténégro et l'Albanie - du 22 au 25 août 2014

L'Albanie : Skhodra - Lezhë - km3319
Il y a tout de suite moins de monde à cette frontière. D'autant qu'elle se trouve dans le nord et non sur la côte touristique. La formalité réalisée nous découvrons l'Albanie.
La différence est frappante. Une absence totale d'infrastructures. Point de signalisation routière, peu d'indications, des policiers qui se posent sur le bord des routes pour improviser des contrôles.
Nous décidons de mettre rapidement à l'abri tout ce qui doit l'être : papiers, argent, appareils en tout genre. Le sentiment qu'à partir de maintenant la police n'est plus là pour nous protéger mais que les ennuis peuvent venir d'elle. Nous nous souvenons avoir lu, dans les récits d'autres voyageurs, la frustration ressentie alors qu'ils devaient s’acquitter d'un bakchich lors d'un contrôle. Je ne laisserai pas planer plus longtemps le doute et je tiens rapidement à corriger notre sentiment ressenti lors de notre arrivée.

Nous nous y sommes senti finalement très en sécurité. La police qui nous faisait peur au départ, nous a finalement fait rire. Au point qu'à un moment nous avons même pensé filmer la scène! Je m'explique: Nous avons du passer devant une bonne centaine de contrôles ces quelques jours passés en Albanie et à chaque contrôle, la même scène. Tout d'abord, ils nous voient de loin et s'avancent sur la route tenant leur petite pancarte ronde à la main avec, semble-t-il, l'intention de nous intimer l'ordre de nous arrêter. Ensuite, ils semblent remarquer que nous ne sommes pas Albanais. Enfin les deux policiers abaissent ou détournent le regard en nous ignorant franchement. Si cela n'était arrivé qu'une seule fois, nous ne l'aurions certainement pas relevé mais avec la multiplication, une seule explication peut convenir : Des ordres ont du être donnés de laisser en paix les touristes.
Nous ne nous en plaindrons pas, bien au contraire.
Je tenais à réaliser ce méaculpa en guide d'excuses car nous nous sentons coupables d'avoir eu peur de l'Albanie. Elle nous prouvera pendant ces quelques jours qu'elle mérite notre respect et que les années de fermeture du pays n'auront pas fermé la population mais au contraire lui auront laissé une sincérité, une authenticité que nous n'avons jusqu'alors pas trouvé ailleurs.

Nous débutons notre découverte de l'Albanie par la ville de Skhodra, vivante comme peuvent l'être les villes orientales. En cette fin de matinée, les trottoirs se sont transformés en étalages de produits en tout genre. Des ustensiles ménagers en plastiques aux vêtements à paillettes en passant par les volailles vivantes ou non. La chaleur écrasante nous confine à l'intérieur du camping-car le temps du repas et nous profitons du calme de l'après-midi pour monter aux ruines de la citadelle surplombant la ville. Le site est grand, non entretenu mais laisse entrevoir la grandeur passée du lieu. Nous sommes peu à visiter l'endroit. (Quelques asiatiques tout de même!)
La splendide vue offerte depuis la citadelle nous permet d'avoir un bon aperçu de l'activité agricole majoritaire dans la région.

Dimanche 24/08 : Lezhë - km3349
Les enfants profitent des piscines et jeux à disposition dans le "camping" où nous passerons deux nuits. Mélanie en profitera pour laisser passer un petit coup de moins-bien et nous ferons la connaissance d'un couple de Français en camping-car (les seuls autres touristes du "camping"). Ils connaissent bien la région, la parcourant depuis de (très) nombreuses années.
Les langues étant une invention d'adulte, Liou et Jade n'auront aucune difficultés à jouer avec les filles du propriétaire qui passent leur été ici dans ce petit complexe avec bar-pizzéria, piscines, jeux, terrain de foot synthétique, motel et quelques places de parking équipées pouvant recevoir des camping-car. Tout l'art d'optimiser l'utilisation des équipements et des personnels. Le patron roule dans un gros 4x4 allemand, nous nous étonnons de la quantité de gros véhicules étrangers (plaques UK-DE-F-A...) qui sont conduits par des Albanais...

Lundi 25/08 : Krujë - Tiranë - Lin - km3520
Après avoir bien profité des piscines, nous quittons la côte en direction de la capitale Tirana. Sur la route, les guides (routard et petit futé) vantent la beauté de la ville de Kruje et de sa forteresses. Il est vrai que derrière les ruines neuves et les boutiques à touristes, nous pouvons encore voir les restes de l'ancienne forteresse et quelques produits vraiment locaux. Nous arrivons malheureusement trop tard ici. Le tourisme a sévi.
A l'inverse les guides nous mettaient en garde contre la circulation anarchique et intense de Tirana. Je pense que je commence à m'habituer à l'absence de signalisation routière. Il suffit de comprendre que les piétons et deux-roues sont prioritaires et que mon camping-car impressionne et me donne une certaine priorité. Donc à chaque croisement, on avance doucement et on voit qui s’arrête. C'est aussi simple et ça marche bien. Pas de nervosité au volant chez les Albanais. Tout juste des petits coups de klaxons pour signaler sa présence lorsque quelqu'un manœuvre. Eux au moins ne doublent pas sans visibilité comme au Monténégro, ou disons un peu moins!
Nous arrivons sans encombre à circuler en plein centre de Tirana. Il y a ici moins de circulation que dans beaucoup de capitale et les policiers font la circulation aux points sensibles ce qui régule somme-toute pas trop mal l'ensemble.
Nous visiterons une église toute neuve (2006), la place du héro national Skanderberg, une jolie petite mosquée et découvrirons un centre commercial Carrefour tout neuf à la sortie de Tirana. Quel contraste!
Notre GPS mondial gratuit (OSMAND) nous préconise une route pour nous rendre au lac d'Ohrid mais alors que nous empruntons une route de qualité assez moyenne, nous apercevons des véhicules circulant sur ce qui semble être une autoroute à notre gauche. Pourtant le GPS, qui est censé être à jour, l'indique en construction. Nous faisons demi-tour jusqu'au rond-point où nous pourrions à priori l'emprunter. C'est là où l'on se rend compte que nous sommes conditionné par le respect des règles. Ici, une autoroute même en construction c'est toujours mieux qu'une route secondaire! Donc nous suivons l'exemple donné par les locaux et empruntons par moment un coté déjà goudronné ou l'autre. Ou bien des parties non encore revêtues et par moment reprenons l'ancienne route. Assez amusant! Par contre les tunnels sont parfaitement opérationnels et aux normes européennes (sous-traités?). Il y a même des portiques de signalisation en fonction au-dessus de portions d'autoroute loin d'être achevées. Nous sourions et pensons aux premiers tunnels que nous avons emprunté en entrant en Albanie : Pas d'éclairage, pas de signalisation mais surtout aucune ventilation. Ce qui veut dire qu'au bout de quelques centaines de mètres vous suffoquez dans un brouillard noir avec une température qui augmente significativement. Quel pays de contrastes!
L'autoroute s'arrêtant brutalement, nous reprenons la route "normale" pour déboucher avec une vue magnifique au-dessus du lac Ohrid.
Apercevant un joli village de pêcheur, nous faisons halte à Lin et goûtons aux poissons du lac à la lumière de nos propres bougies et lampes frontales dans un petit resto. La terrasse surplombe le lac aux eaux parfaitement translucides. L'ambiance repas à la chandelle, le goût nouveau des plats aux saveurs grecques, les quelques mots en Français du serveur ont fait de ce repas un moment très agréable. Nous avions hésité avant de rentrer dans le restaurant car les enfants sont parfois fatigués(ant) le soir mais la sieste réalisée pendant le trajet aura évité à Mélanie de sortir les casseroles! Ils ont apprécié cette petite soirée autant que nous et que notre porte-monnaie. Repas de poissons pour 5 avec apéritif, vin, eaux et cafés pour 23euros soit le prix d'un plat en France. Imbattable.
L'Albanie n'est pas (encore) chère. En tout cas, ils pratiquent vis à vis des étrangers les mêmes tarifs qu'aux locaux.
Imaginez-vous dans votre supermarché préféré un samedi après-midi avec votre caddie rutilant au rayon fruits et légumes. Vous prenez 3 kilos de tomates (non pas celles qui ressemblent à des boules de billard hyper-calibrées sans tâche, non celles qui ont peut-être poussées dans la terre et qui sont biscornues mais qui ont du goût et pas une peau en plastique), un gros melon (oui le gros là qui pèse lourd!), quelques belles grappes de raisins (vous en profitez pour en piquer quelque-uns au passage, un délice), trois concombres (ni droit, ni cylindriques mais avec un peu de terre dessus), quelques poivrons rouges (bien sucrés) et vous pesez le tout. Si vous regardez les étiquettes et faites votre addition, je parierai qu'il n'y en aurait pas pour moins de 15 euros. Bon, eh bien ici, n'ayant pas de Lekë ni de monnaie, j'ai donné 4 euros au petit jeune qui tenait sa boutique alors qu'il ne m'en demandait que 3! J'avoue avoir pensé qu'il s'était trompé dans ses additions en griffonnant sur son carnet mais après vérification, non. Cela faisait bien 3 euros.
Autre exemple avec le pain : Chaque jour je scrute les boutiques pour y détecter une boulangerie, le pain y est souvent blanc, de toute les formes mais au goût assez uniforme. Je prends un grand pain de section carrée pour le petit-déj, une boule farinée pour accompagner le fromage et des petits pains moelleux pour le goûter (avec du chocolat noir Poulain c'est délicieux, ceux qui me connaissent comprennent tout à fait ce que je veux dire). Depuis le départ de France, le prix de l'ensemble descend progressivement à mesure que nous progressons vers le Sud. Ici l'ensemble m'est revenu à 0,85cts d'Euros!

Mardi 26/08 : Korce - direction la Grèce - km3578
Après une petite balade bien agréable dans le petit village de Lin où le regard surpris des anciens contrastait avec les Hello et les sourires des enfants, nous prenons la route et arrivons à Korce. Dernière grande ville avant la Grèce, nous y faisons halte en y voyant l'effervescence de son marché. Nous ne comprenons rien aux paroles des commerçants proposant ici aussi tout type de produits mais nous prenons goût à flâner dans ce bric-à-brac. Nous remarquons que dans les petites ruelles perpendiculaires se trouvent les petits vendeurs alors que dans la grande rue principale se trouvent les grands étalages. Nous admirons la multitudes de couleurs des haricots secs et des fruits et légumes. Nous ne dégainerons pas l'appareil photo ici... Photographier un monument ok, mais photographier toutes ces personnes dans ce contexte me dérange et ils n'ont jamais du voir ça! Seuls la rue des poissons ne nous a pas vraiment convaincue! Allez savoir pourquoi?
Nous faisons halte devant un torréfacteur qui moud le café dans d'antiques moulins devant sa boutique. Nous lui commandons deux cafés et nous installons pour les boire tout en remarquant qu'il voudrait bien parler mais qu'il ne maîtrise ni la langue de Shakespeare ni celle de Molière, tout juste quelques mots dans celle de Goëthe. Nous arrivons tout de même à comprendre qu'il a 5 enfants et 8 petits enfants, qu'il est le plus grand philatéliste de sa ville (il nous montre des timbres à l’effigie de tous les dictateurs Européens du siècle écoulé!). Il nous faudra tout de même l'aide de sa fille appelée au secours pour nous expliquer la préparation de son café turque dont il vente les différentes essences et les vertus (on a pas bien tout compris). Ce bref échange, pourtant hésitant de part la barrière de la langue, reste encore imprimé dans nos mémoires d'une façon particulière. Un moment d'une intensité rare. Le sourire comme principal moyen de communication et pourtant nous avons plus échangé qu'avec des mots. Mélanie est sur un petit nuage dans cette ville. Un sentiment de bien-être. Elle ne veut plus en partir et je prend plaisir à la voir ainsi se relâcher. Ce sont les enfants qui sonnerons la fin de la récré (voir la photo du manège!).
Nous partons de Korce, d'Albanie avec le sentiment que ce pays est "authentique". Pas une carte postale pour touristes. Et c'est de façon très détendue (presque sur un petit nuage!) que nous passons la douane amusé que le douanier veuille contrôler le contenu de la caisse derrière le camping-car. Il est surpris que je lui amène spontanément un tabouret pour qu'il puisse bien voir à l'intérieur et nous laisse repartir ne doutant plus un instant que je lui aurais déballé le camping-car en entier s'il me l'avait demandé.

Nous sommes entré en Albanie avec un nœud au ventre en pensant à tout ce qu'on avait lu et bien nous en sortons aussi avec le remord de ne pas y avoir passé plus de temps! Une seule chose à dire : Allez-y ! Mais vite avant que ce ne soit propre, avec de belles routes bien indiquées et des flots de touristes...

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pasquier 01/09/2014 17:42

merci de nous faire voyager nous qui sommes coincés avec nos soit disant 'obligations'!
tiens d'ailleurs demain c'est la rentrée;la même tête s'inscrit sur le visage de mes enfants en pensant à cette rentrée que celle des vôtres sur le manège ou du moins presque.bonne continuaion
bisous à tous

veronique 01/09/2014 11:15

Merci de nous faire voyager par vos récits. Bisous tous pleins

Anne-Marie 01/09/2014 09:06

Lecture intéressante, nous vous suivons; nous y pensons pour dans 4 ans!

severine 01/09/2014 06:29

Très beau récit, hâte de vous suivre et de découvrir la suite

les rebuts 31/08/2014 22:08

Waouhh le manège !!!! très beau !! des bises