Grèce - 2ème partie - du 3 au 14 septembre 2014

Publié le par BosTrotters

Théatre de Dodones
Théatre de Dodones

Mercredi 3/09 : Ioannina – Dodones – Ammoudia – Km4329

Nous quittons Ioannina sous la pluie pour aller découvrir notre premier site antique Grec : Dodones

La Grèce, c’est un peu la Mecque des vieilles pierres. Lorsque l’on entend la « Grèce », on pense aux jeux d’Olympie, à l’Acropole d’Athènes, à la guerre de Troie, aux récits d’Homère, aux premiers philosophes tels que Socrate et Platon (les autres j’ai oublié), aux théâtres, à Sparte et Athènes se disputant la suprématie sur la région mais aussi à Rome et à Constantinople.

J’étais venu ici à l’âge de 13 ans (autant dire il y a une éternité), en colonie. Ce dont je me souviens : la Chaleur (avec une majuscule), le théâtre d’Epidaure, Athènes, le canal de Corinthe… Bref, quelques images dont on ne sait plus s’il s’agit de souvenirs ou de constructions mentales à partir de diverses sources. Alors remettre les pieds aujourd’hui en Grèce, tenter de transmettre aux filles (Alix, n’est-ce pas un peu tôt ?) quelques notions sur ce que fut la civilisation Grec et ce qu’elle a apporté au monde moderne, tel est mon souhait. Si elles en retiennent même quelques bribes, ce sera déjà très bien. Ici en Grèce, le tour du monde prend tout son sens ; mêler de beaux paysages avec de l’histoire, de la culture, de la philo ! Tout un programme !

Donc revenons à Dodones, à son théâtre. Le site est désert, certes nous sommes en septembre mais tout de même. L’entrée est à 2euros (adultes) et gratuit pour les enfants. A peine de quoi payer le préposé (réflexe de patron ça encore direz-vous). Quelques fouilles laissent à penser que l’on cherche encore ici. Une fois notre petit tour terminé, nous prenons la direction de la côte Ouest (non pas par la route 66) à travers montagnes et vallées, soleil et orages.

Igoumenitsa est le point d’entrée et de sortie pour les touristes prenant le ferry, nous passons. Nous ne nous attarderons pas à Parga où l’affluence touristique nous empêche de respirer. Ce sera finalement une arrivée nocturne à Ammoudia où nous nous garons sous les arbres aux cotés de nombreux camping-car de toutes nationalités.

Plage d'Ammoudia
Plage d'Ammoudia

Du 4/09 au 7/09: Ammoudia – Km4329

Au réveil nous découvrons les lieux. Nous sommes à quelques mètres d’une longue plage de sable fin. Ici les CC attendent le prochain ferry qui est prévu mardi. Nous y faisons la connaissance de Jurassien et d’un couple de baroudeur venu se réchauffer ici après avoir été en Islande. (C’est sur la route n’est-ce-pas ?). Marie-Jeanne, ancienne instit’ nous prodigue quelques conseils pour éviter de nouvelles crises scolaires. Notre médecin de famille (malgré sa très grande efficacité, merci encore Christine) n’a pas de pilule miracle pour ça !

L’école reste sujet de tensions. Certains jours tout se passe à merveille. Liou avance bien tout en nécessitant la présence constante de sa maîtresse. Jade avale seule des pages entières. D’autres comme ce jour, Liou chouine, Jade couine, Mélanie hurle !

Une décision s’impose, on ne peut pas continuer à laisser l’école nous pourrir des journées, créer des tensions. Nous organisons un conseil, le ton est grave. Chacun s’exprime mais surtout nous. Trois ans comme ça, ce n’est pas possible. Soit un changement s’opère et nous pourrons profiter tous ensemble. Soit l’école reste matière à conflits quotidiens et nous écourterons l’expérience. Avant de partir nous appréhendions les ennuis techniques, administratifs, de santé mais ce sera l’école notre premier gros sujet d’inquiétude. Nous prenons une décision (évidente à postériori mais pas au départ) : Réveil à 8h, Ecole de 9h à 12h, pas plus ! Que les leçons soient finies ou pas, cela ne doit plus gâcher nos journées. Les visites et les lieux dictant parfois le planning, nous ne décidons pas le nombre de matinées successives. Ce sera selon. Donc école tous les matins du lundi au dimanche. De toute façon on ne sait plus quel jour on est depuis longtemps déjà. Nous apprenons au fur et à mesure.

Liou à besoin de rythme, de stabilité. Nous lui confions le téléphone portable qui fait office de réveil. Il sonne à 8h, elle se lève et va déjeuner immédiatement, Jade entendant du bruit descend telle une zombie et s’assoie en attendant que la brume se lève ou qu’on lui prépare tout c’est au choix. A 9h, le réveil sonne à nouveau, l’école commence. Depuis que ce rythme est à peu près en place Liou va mieux. Pour Jade, nous cherchons encore la recette.

Nous restons quelques jours ici le temps que je me remette d’une bronchite que j’ai laissé trainer. Les antibio emportés dans la boîte à bobo font merveille et je suis sur mes pieds en 24h. J’ai pris beaucoup d’avance en sommeil ces jours-ci.

Course au trot à Vonitsa
Course au trot à Vonitsa

Dimanche 07/09 : Nikopolis – Patra – Diakopto – km4603

Nous quittons Ammoudia où nous avons passé trop de temps, c’est ma faute. Nous nous arrêtons à Nikopolis où la route traverse le site antique. Surprenant. Nous passons le pont à haubans qui relie le Péloponèse eu continent à l’ouest pour rejoindre Diakopto dont on nous a vanté le petit train ! Oui, oui, le petit train ! Nous bivouaquons dans le petit port, bercés par la houle, au son des vagues s’écrasant sur les rochers de la digue et tentant de capter péniblement le wifi du bar du port.

Passage dans les gorges de Vouraikos
Passage dans les gorges de Vouraikos

Lundi 08/09 : Gorges de Vouraikos en petit train

Le petit train, symbole ultime du tourisme organisé. Celui-ci se démarque pourtant. Tout d’abord parce qu’il existe depuis plus d’un siècle et qu’il permet de désenclaver des petits villages de montagne. Ce n’est certes plus l’étroite locomotive à vapeur française qui tracte de vieux wagons tout aussi étroits mais une belle machinerie autrichienne flambant neuve et confortable, mais le parcours est époustouflant et méritait vraiment le détour.

La technique inventée par Jade fait des merveilles. Elle arbore la « Banane », à savoir un grand sourire, en regardant le conducteur. Nous aurons droit au poste de conduite sur le retour, les enfants aideront à la conduite en actionnant frénétiquement le klaxon aux abords des passages à niveau et je rempli une carte mémoire de clichés.

Liou s'est fait belle pour Skyper avec Cosme
Liou s'est fait belle pour Skyper avec Cosme

Mardi 09/09 : Diakopto – Grotte des lacs – Dimitsana – km4760

Nous prenons la route pour faire quelques kilomètres et aller visiter une grotte un peu particulière d’après les commentaires. Elle possède des lacs. La visite se fait en petit comité car nous sommes les seuls cet après-midi. Le guide va d’un pas assuré devant nous. Nous le laissons faire et prenons le temps d’admirer. Au retour, il ne se fait pas avoir et reste derrière nous en imprimant le rythme. Il veut rentrer chez lui. La grotte ne nous laissera pas d’impérissables souvenirs. Les drapés et les petits bassins en escalier étaient jolis.

Les routes ici sont longues, d’autant plus en camping-car. La moyenne frôle les 30km/h. Nous avons l’impression de ne pas avancer.

Seuls au monde à Kaiafas
Seuls au monde à Kaiafas

Mercredi 10/09 : Dimitsana et son « musée » - Olympie – Kaiafas – km4871

L’école ce matin sera au musée « water-power open-air museum » de Dimitsana. Il s’agit d’un écomusée installé dans une ancienne tannerie et qui présente les diverses utilisations de l’eau dans les métiers pratiqués dans la région autrefois. Cela va de la machine à laver les manteaux en peaux de bêtes aux marteaux pilons à poudre noire en passant par l’incontournable moulin à céréales et au travail du tanneur.

Nous continuons la route pour aller visiter le site d’Olympie. Il s’agit d’un site fréquenté, cela veut dire que de nombreuses infrastructures permettent d’accueillir les bus, les voitures et leurs flots de touristes. Le site en lui-même nous déçoit. Peu de travail de remise en état pour permettre de mieux visualiser sa grandeur passée. Des gardes pour siffler les touristes irrespectueux ou pour essayer de me confisquer mon bâton de marche offert par Kiki. Les enfants ne s’en laissant pas compter, ils organisent vite des combats de lutte et des courses pour bien s’imprégner de la fonction initiale du site. Jade joue la ruse à la lutte ne pouvant rivaliser en force avec Liou. A la course, Liou et ses grandes enjambées pourraient faire la différence si Jade, orgueilleuse combattante, ne se battait jusqu’à la ligne pour aller voler la victoire à Liou trop sûre d’elle. Précisons que les crocs n’étant pas autorisées du temps des Panathénées, les enfants courent pieds nus sur le sable échauffé par le soleil d’Olympie.

Quittant Olympie nous longeons la côte et frustrés de ne pas voir la mer cachée par la digue, nous cherchons un moment la faille que nous finirons par trouver. Après quelques kilomètres de piste, nous parvenons à rejoindre la plage où nous garons le camping-car pour un bivouac de rêve.

Stade de Messenes
Stade de Messenes

Jeudi 11/09 : Messenes – Kalamata – Artemissia – km5016

Autant Olympie, pourtant si connue, nous avais un peu déçu. Autant Messenes, pourtant peu connue, nous surprend. Nous arrivons dans un décor d’oliviers et de fruitiers calcinés, les montagnes chauves, les cactus dégonflés. Le feu est passé récemment par ici et pourtant le gps nous indique 200m, 100m. Nous arrivons à la porte à travers la muraille qui bloquait le col. La pierre ne brûle pas. Le camping-car passe en largueur. Nous débouchons dans une vallée épargnée par les flammes qui sont restées sur les hauteurs des collines et n’en sont pas descendues. Le site est immense. Le petit parking à l’ombre des oliviers ne peut accueillir le camping-car, je me gare un peu plus haut, d’autant que, comble de l’ironie, nous cherchons le soleil pour que les panneaux solaires rechargent la batterie qui permet au frigo de rafraichir. Plus il fait chaud, plus nous avons besoin de soleil pour le frigo!

L’entrée est à 4 euros, il y’a trois voitures sur le parking dont certainement celle du gardien et du guichetier. Un théâtre raisonnablement restauré, une agora démesurée, des temples innombrables, des mosaïques protégées, des sols engazonnés, des fontaines d’eau fonctionnelles, un stade magnifique. Pourquoi ici le site immense est entretenu et donne plaisir à visiter ? Ou plutôt pourquoi les autres sites au personnel pléthorique ne le sont pas ? Zèle du jardinier qui entretient son site ? Toujours est-il que nous nous plaisons à déambuler sur ce site. Seule la chaleur nous ramènera au camping-car pour nous désaltérer – les enfants ont interdiction de boire aux fontaines, juste le droit de d’y rafraichir. Nous n’avons pas eu à compter de tourista depuis le départ et les odeurs par cette chaleur ! Non merci ! Nous rechargeons en eau le camping-car en ayant faufilé celui-ci à travers les oliviers pour s’approcher de l’entrée et brancher le tuyau d’eau au robinet joliment sculpté en forme d’aigle. Le guichetier me demande presque honteusement si nous avons un site internet pour nous suivre.

Passage sur la côte à Kalamata et malgré l’envie d’aller déguster un Mojito dans un de ses bars le long de la plage, l’absence de place de parking à proximité nous oblige à continuer notre chemin. Nous ne pouvons pas laisser les enfants dormir dans le camping-car si nous ne l’avons pas à quelques mètres de nous. Nous ne sommes pas en manque mais nous aimerions bien pouvoir nous installer en terrasse à siroter un cocktail et écouter de la musique. Dans le camping-car à la lueur des leds, le thé préparé amoureusement par Mélanie n’a pas tout à fait la même saveur…

Nous bivouaquerons dans les gorges à Artemissia sur la route de Sparte.

Plaine de Sparte
Plaine de Sparte

Vendredi 12/09 : Mistras – Gythio – km5097

Les routes de montagne nous amènent à Mistras surplombant la plaine de Sparte. Il s’agit d’une colline ayant servi de support à une ancienne ville fortifiée sur plusieurs niveaux. Nous y déambulerons près de trois heures malgré le soleil ardant. Nous commençons à aimer les vieilles pierres ! La vue se perd au loin dans les montagnes entourant Sparte, dans la brume en direction de la mer. Elle se heurte enfin aux flancs de la montagne dominant Mistras. L’olivier est roi dans la plaine, le figuier sur les flancs des montagnes et la roche nue dans les sommets. La Grèce est ainsi une succession de plaines enserrées de montagnes ou de montagnes séparées par des plaines fertiles. Y construire une autoroute nécessite des concessions à la nature, des contournements ou des tunnels. L’Europe aide. Les pancartes le rappellent.

Sparte n’a plus que les livres d’histoire pour vanter sa gloire passée, la ville aujourd’hui ne possède plus aucun vestige. 2400ans après Sparte a perdu, Athènes a-t-elle gagnée ?

Nous poursuivons vers Gythio dons les guides narrent les filets séchant au soleil. A défaut de filets, les terrasses ont pris possession des quais. Le café y est servi à 3 euros, pas de Mojito. Heureusement l’aire de jeu et le wifi sauvage sont gratuits.

Le temps pour nous d'avoir quelques nouvelles de France et de décider qu'il me faut y retourner dans une dizaine de jours. Je pensais (espérais) ne pas avoir besoin de revenir pour l'entreprise mais c'est nécessaire.

Mélanie patientera dans un camping à Istanbul le temps de mon absence. Un goût amer tout de même.

Grèce - 2ème partie - du 3 au 14 septembre 2014

Samedi 13/09 : Mycènes – Nauplie – km5307

Les oliviers ont fait place aux orangers. Un délice. Nous souhaitions voir Mycènes, très renommée. Est-ce l’overdose de vieilles pierres ou le souvenir d’Olympie ? Mais ce site très fréquenté est en plein soleil, on voit d’un coup d’œil la totalité du site et il ne nous donne pas envie. Je regarde Mélanie, elle me regarde : « Les enfants rattachez-vous on va voir plus loin ». Il faut savoir s’écouter.

Nous arrivons dans la ville de Nauplie, dominée par deux forteresses. Après nous être baladés dans ses ruelles venteuses et vendeuses, nous rejoignons une petite crique où le bivouac nous paraît tout à fait adapté.

Corynthes
Corynthes

Dimanche 14/09 : Epidaure – Corinthe – km5380

La visite d’Epidaure sera marquée par une pluie orageuse qui nous aura fait accélérer la visite. Le théâtre en premier, nous sommes venus pour lui. Ensuite le stade, Liou et Jade ne manquent plus une occasion de jouter. Alix saute dans les bras de sa maman à chaque grondement de tonnerre : véritable peur ou éclair opportun pour profiter de maman ? Nous visiterons notre premier musée le temps que la pluie cesse. Jade s’incrustera dans un groupe de Français pour écouter les explications hasardeuses de son guide, le désappointant au passage car ne comprenant pas d’où sortait cette demoiselle. Jade a toujours le verbe à propos. Elle se souvient d’Asklepios, dont la spécialité était la médecine (oui oui maîtresse Dominique, vous voyez que les enfants retiennent parfois des choses !) et le site d’Epidaure est justement celui d’Asklépios. Un guide abasourdi, un groupe ébahi, c’est bien l’effet Jade !

Le canal de Corinthe, voilà un de mes souvenirs les plus marquants. Nous commençons par nous arrêter près d’une barrière automatique. Pas de pont. Des bateaux qui passent. Mais où est le pont ? Après 36minutes d’attente et un épi de maïs grignoté, nous voyons le pont surgir des flots. Il était caché sous l’eau. Pour Alix, le pont sort pour faire passer les voitures. Pour nous, il descend pour faire passer les bateaux. Tout est question de point de vue ! Et de point de vue, le canal de Corinthe en a plusieurs. Son plus impressionnant est certainement depuis le pont central où l’on peut voir toute la profondeur creusée il y’a 125 ans sans grands moyens et en 8 ans seulement.

Nous bivouaquons à proximité, sur le parking d’un Goodys, équivalent du Macdo avec aussi le wifi gratuit !

Publié dans Actualités, Grèce

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Dom 26/09/2014 15:12

Formidable ! Dites à Jade que je suis fière d'elle pour sa mémoire et son sens de l'à-propos et aussi à Liou pour avoir su laisser gagner sa petite sœur à la course, c'est une vrai réaction de grande! Pour l'école, pensez à revenir souvent sur les notions que vous abordez, et surtout faites faire des traces écrites aux enfants des endroits les plus remarquables (des photos, un dessin avec un petit mot d'explication) que vous visitez pour pouvoir revenir dessus de temps en temps. Prenez le temps de l'explication, de l'apprentissage et de la mémorisation...Si vous avez souci, call me. Big bisou à chacun de vous !

Yannick 23/09/2014 23:11

De l'aventure, bonne route. Yannick ( les foires de champagne, contrôle technique )

Yannick 23/09/2014 23:03

Bonjour à toute la famille, pour continuer à vous suivre ma nouvelle adresse mail à partir du 1er octobre proctyan@gmail.com , merci à vous pour le partage

Guimilie & co 17/09/2014 09:42

On profite de tout ces paysages on attend la suite avec impatience, gros bisous à tous les 5!!!!

Emilie, Guillaume et les enfants

marie pascale 16/09/2014 13:51

merci pour toutes ces nouvelles. on pense à vous deux et aux enfants. Bon courage pour les prises de rythme ( école...) ici aussi, c'est la rentrée et nous aussi nous sommes aux prises avec la gestion du temps, c'est rigolo. ce n'est pas encore le rythme de croisière mais on y croit. bon courage à vous deux pour la séparation prochaine. un gros bisou à chacun des enfants.