Turquie - 5ème partie du 4 au 14 novembre 2014 - de Side à Trabzon

Publié le par BosTrotters

Mercredi 05/11 : Side – Konya - km9154

Il faut bien prendre le temps de ranger le camping-car, voilà trop longtemps que nous n’y sommes plus et outre le bazar que nous avons fait le soir de la panne en préparant en vitesse nos affaires pour l’hôtel, le transfert sur la dépanneuse a un peu tout fait tomber à l’intérieur. Heureusement, nous avions pris la précaution de mettre en place le panneau qui sépare la cabine de la cellule et nous avions vidé la cabine. Nous étions sereins quant à nos affaires à l’intérieur de la cellule.

L’odeur n’y est pas très agréable non plus. Mince! De la vaisselle était restée dans l’évier! Heureusement les deux garages ont été bienveillants et ont laissés branché le 220V donc le frigo et le congélateur sont ok à part quelques légumes au fond du bac.

Nous profitons de la proximité de la plage pour nous baigner une dernière fois avant longtemps car nous ne pourrons le faire dans le reste de la Turquie ni même en Iran et je ne pense pas que Mélanie voudra se baigner habillée à Dubai ! Nous prenons même un coup de soleil en ce 5 novembre !

Et c’est le départ pour le nord avec une première étape à Konya où nous bivouaquons en plein centre le long du Tram. Pas très calme mais Alix adore, il voue désormais une admiration pour tout ce qui est tram, trains, avions, engins de chantiers… Un vrai mec en somme ! Ce que nous retiendrons de notre arrivée à Konya c’est l’odeur prenante de fumée de charbon. La ville est dans un brouillard. Nous avions 25 à 30°C ce matin, 2°C ce soir et toutes les cheminées crachent de la fumée. Etouffant.

Side
SideSide

Side

Jeudi 06/11 : KONYA - km9399

L’odeur est toujours présente au petit matin mais plus le brouillard. Nous visitons la mosquée Alaaddin, très différente des précédentes car elle n’a pas de dôme mais une grande salle au plafond assez bas et supporté par une multitude de colonnes datant de différentes époques. Puis direction le Tekke de Mevlana. Vous me direz de quoi parle-t-il ? Bref du bâtiment renfermant le tombeau du fondateur des derviches tourneurs. Là vous m’avez suivi ? Non, bon ben il faut venir visiter alors!

Nous reprenons la route et faisons une halte au Karavansérail Sultan Hani. Lieu qui permettait d’abriter les commerçants de la route de la soie. Après avoir tenté de nous approcher du lac de sel mais dû rebrousser chemin à cause de la nuit tombante, nous arrivons à Aksaray et trouvons un bivouac dans un grand parc.

KONYA
KONYA
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KONYA
KONYA
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KONYA

Vendredi 07/11 : AKSARAY – Vallée d’ILHARA - DERINKUYU - km9617

Nous faisons la connaissance du couple d’Allemands qui nettoient leur camping-car à coté de nous pendant que je fais ma corvée cosette. Eh oui, cette nuit a été très froide, et bien sûr nous sommes tombés à court d’eau. Si ce n’était que pour l’eau, un comble en Turquie, ce ne serait pas bien grave mais à 3h00 du matin la température dans le camping-car est bien basse, le chauffage s’est arrêté faute d’eau dans le boiler. J’ai donc dû trouver de l’eau avec mon bidon en pleine nuit alors qu’il gelait. Cela m’apprendra tiens !!! Nous venons également de finir notre première bouteille de gaz. Trois mois donc. C’est un bon repère, mais uniquement cuisson et eau chaude. Le chauffage consomme bien plus mais nous sommes rassurés sur notre autonomie car nos deux grandes bouteilles aluminium de GPL 33litres nous permettrons de tenir assez longtemps si nous ne trouvons pas de GPL dans un pays.

Nous prenons la direction de la vallée d’Ihlara. Premier contact avec la Cappadoce ? Depuis la veille nous voyons au loin un pic enneigé. C’est l’un des trois volcans qui a formé cette région si particulière faite de Tuf (roche sablonneuse très friable) recouverte d’une couche de Granit. Le Granit protège par endroit le tuf et forme des cheminées recouverte d’un chapeau. Allez voir sur internet ou sur nos photos pour mieux comprendre toute la beauté de l’endroit.

Après un premier arrêt à Selime pour observer une église troglodyte, nous sortons de la route goudronnée pour aller piqueniquer avec la vue sur la vallée. Voilà un point de vue à couper le souffle. Cela vaut bien de déboucher un bon Bourgogne d’autant qu’il faut vider le stock avant la frontière Iranienne. Et comme nous n’avions pas prévus de passer en Iran, le stock, j’en ai un peu et pas que du mauvais : Lalande de Pommerol, St Emilion Grand cru, Champagne, Chablis… et quelques bouteilles glanées sur la route.

Vallée d'Ilhara
Vallée d'Ilhara
Vallée d'Ilhara
Vallée d'Ilhara
Vallée d'Ilhara
Vallée d'Ilhara
Vallée d'Ilhara
Vallée d'Ilhara
Vallée d'Ilhara
Vallée d'Ilhara
Vallée d'Ilhara
Vallée d'Ilhara
Vallée d'Ilhara

Vallée d'Ilhara

Samedi 08/11 : DERINKUYU – TIL – SOGANLI – MOUSTAFAPASA – PANCARLI - km9718

Habituellement j’attends plusieurs jours pour écrire. Cela me permet de prendre du recul sur ce que nous avons vécu et vu. Mais aujourd’hui a quelque chose de spécial et je ne peux me résoudre à attendre. Nous sommes sur un petit nuage depuis ce matin. La journée a été merveilleuse et pourtant elle ne commençait pas sous les meilleurs hospices.

La journée commence à 6h30. Le soleil est déjà levé et nous sommes parvenus à décaler nos journées car à 16h30, il fait nuit noire. Nous avons adopté l’horaire de Téhéran avec quelques jours d’avance (+2h30 par rapport à la France) car cela correspond parfaitement.

La nuit a été agitée, les trois jeunes qui nous ont « dérangés » hier soir ont occupés notre esprit et nous redoutions qu’ils reviennent nous créer des ennuis mais tel n’a pas été le cas. Les abords de l’entrée de la ville souterraine de Derinkuyu sont parsemés de vendeurs de bibelots ou de guides improvisés qui sont vraiment oppressants. Leur insistance, leurs mensonges (comme cette dame qui prétend être la mère des 5 enfants alors que ceux-ci sont juste des copains qui nous indiquent les maisons dans lesquels ils vivent), leur comportement nous font fuir rapidement cette ville. Heureusement la visite de bon matin de la ville souterraine a été très agréable. Le fait d’être seuls nous a permis de jouer à se faire bouh dans le dédale de tunnels, chambres, salles, puits. Seule la venue d’un groupe de touristes asiatiques (qui se cognaient tous la tête, c’était très amusant) nous fera quitter les lieux ; ce n’était plus aussi drôle quand on était plus tout seul.

Nous quittons le lieu non sans avoir encore été suivis et harcelés mais avec tout de même la satisfaction d’être une nouvelle fois parvenu à ne pas payer la taxe touriste (Otopark). Le préposé improvisé n’a pas insisté, préférant se jeter sur une voiture qui arrivait. Décidemment ce « ticket », dont on ne sait vraiment s’il est toujours officiel, nous agace lorsqu’il n’est pas clairement indiqué. Nous faisons ensuite le plein de fruits et légumes car c’est jour de marché et seuls nos bras endoloris par le poids des sacs chargés nous font suspendre l’opération. Il est trop difficile de ne pas succomber lorsque l’on voit tous ses étalages de produits.

Nous dirigeant vers la vallée de Soganli, la vue sur les chaînes volcanique enneigées et sur ces plaines nous coupe le souffle. Nous décidons de profiter du petit volcan qui se dresse non loin de la route pour en faire un point d’observation et de prise de vues. Notre émissaire de gaieté « Jade » arrivant la première au sommet, file droit sur le troupeau de vaches qui broutent paisiblement. De loin, nous voyons un homme à dos d’âne qui file droit vers elle et redoutons qu’il la reconduise de peur d’effrayer le troupeau. Mais nous devons décidemment balayer nos peurs et nos craintes de notre esprit et les remplacer par de la quiétude. Le jeune homme que nous rejoignons vient simplement nous inviter à prendre le thé avec lui et ses amis. Jade est immédiatement hissée sur son âne et Moustapha qui est venus nous rejoindre entre-temps prend Alix avec lui. Nous faisons la connaissance des bergers qui viennent de déjeuner ensemble. Quelques mots d’anglais et notre début de compréhension de certains termes Turque suffiront pour échanger un peu. Mais les enfants restent le meilleur vecteur d’échanges et Alix comme Jade sont des aimants. Ils feront des petites balades à dos d’ânes pendant que nous buvons le thé dans deux tasses hâtivement essuyées (!). Le lieu comme le moment est magique. Des sourires sont sur tous les visages brulés par le soleil et par l’aridité du vent. Les yeux sont rouges même les nôtres pourtant bien protégés par nos Maui Jim polarisantes (un peu de pub pour notre ami Remy).

Les bergers se quittent, chacun emportant son troupeau dans sa direction. Nous redescendons au trot car nous ne pouvions refuser cette invitation mais nous avons certainement fait patienter la famille qui nous a également invité pour le thé et un déjeuner en bas. Ils travaillaient à trier les graines de courges lorsque nous nous sommes garés à la sortie du petit village. Ahmed nous demandant notre origine, nous indique que sa femme Aïcha a vécu aux Pays-Bas. Elle en est revenue à l’âge de 19 ans pour se marier après y avoir passé 14 ans. Et malgré les 11 années passées depuis elle parle encore très bien le Néerlandais, en tout cas nos niveaux respectifs sont comparables et cela facilite grandement nos échanges. Mélanie nous comprend, quelques restes d’Allemand mais surtout son oreille habituée lors de nos réunions familiales le lui permette suffisamment. Donc au retour de notre escapade en haut du volcan, nous nous installons autour du grand plateau et partageons le fromage, la saucisse, le miel, le … (mélange de miel et de farine de Sésame), les poivrons… et le pain. Tout est réalisé par Aïcha à partir de leur propre production. Ici l’autosuffisance est reine. Aïcha nous explique qu’elle est très heureuse ici, le temps mais aussi la proximité de sa famille sont pour elle primordial. Aux Pays-Bas, ils étaient seuls et il pleuvait tout le temps (dixit Aïcha, désolé maman c’est pas moi qui le dit !). Tiens, nous nous reconnaissons dans ses arguments ! Elle n’a pas internet (mince là on ne s’y reconnait plus !!!).

Nous ne saurons si ces paroles sont prononcées pour se rassurer elle-même ou si elles sont authentiques. Mais elle semble heureuse avec Ahmed et leurs deux enfants. Elle laisse dépasser un peu ses cheveux de son voile qu’elle remet en place régulièrement mais négligemment et surtout sans zèle. Ahmed ne semble pas dupe. Nous les quittons, eux et leurs amis car ils ont encore du travail, une remorque pleine de sacs à trier!

L’heure avance, il est 14h00 et nous devons penser au bivouac. La vallée de Soganli nous semble un bon endroit, en tout cas avant que l’on ne nous demande un droit d’accès et un « ticket ». Heureusement sur la route nous venons de passer une heure à escalader les cheminées de fées et à visiter des cavités (dont une église) le long de la route. Et comme on le dit ensuite, c’est toujours meilleur quand c’est gratuit !

Donc nous rebroussons chemin non sans « en avoir eu plein les mirettes ». Dans la direction de la vallée de Gorème, le GuideVert Michelin de 2005 vante la ville de Moustafapasa et ses maisons datant de la période Grecque (avant 1923) mais le spectacle de désolation de cette ville est terrible et nous ne pouvons nous résoudre de bivouaquer ici. La ville ne semble pas uniquement avoir manqué d’entretien, mais c’est un chantier (terme plus politiquement correct que celui que j’avais initialement voulu employer et qui commence par un B…..). Seules les échoppes à touristes sont colorées. Nous fuyons, non sans regret car la nuit est tombée et trouver un bivouac sympa maintenant sera difficile voire impossible. Mais c’est sans compter sur la chance qui nous accompagne aujourd’hui (et la folie un peu aussi), car nous empruntons un chemin de terre sur notre gauche qui nous inspire et après quelques kilomètres nous trouvons LE BIVOUAC. Mais il fait nuit et nous verrons demain si nous ne nous sommes pas trompés…

Derinkuyu - Til
Derinkuyu - Til
Derinkuyu - Til
Derinkuyu - Til
Derinkuyu - Til
Derinkuyu - Til
Derinkuyu - Til
Derinkuyu - Til
Derinkuyu - Til
Derinkuyu - Til
Derinkuyu - Til
Derinkuyu - Til
Derinkuyu - Til
Derinkuyu - Til
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Derinkuyu - Til
Derinkuyu - Til
Derinkuyu - Til
Derinkuyu - Til
Derinkuyu - Til

Derinkuyu - Til

Dimanche 09/11 : Vallée de Gorëme – Sivas - km9802

Le soleil pointe ses premiers rayons à travers notre fenêtre vers 6h30. Sa chaleur est la bienvenue, elle nous aide à nous lever et elle a bien raison car nous assistons ce matin au départ des montgolfières qui se gonflent et s’envolent. L’âge d’Alix nous interdisant cette expérience (et son prix de 150€/pers), nous profitons du spectacle de la vingtaine de méga-montgolfières pleines de touristes se baladant dans les vallées de la Cappadoce sculptées par l’eau et le vent. A défaut de le faire en ballon, nous chaussons les crampons pour arpenter la vallée de Pancarli où nous avons bivouaqués magnifiquement.

La Cappadoce est très connue notamment pour la vallée de Gorëme donc nous nous y sommes rendu. Mais après le calme de notre bivouac et de nos précédentes visites, faire la queue comme des moutons ne nous est plus supportable. D’autant que le lieu est totalement aménagé (donc dénaturé), bétonné, pavé, surveillé, photographié (ah non c’est évidement interdit), … Nous fuyons malgré la beauté de la dernière église troglodyte aux fresques magnifiques (enfin pour une grotte réalisée il y’a 800 ans c’est pas mal quand même). Cette dernière est justement la moins visitée car de l’autre côté de la route et donc des aménagements.

Nous décidons de faire route désormais vers le nord-ouest en direction de Trabzon pour y chercher nos visas Iraniens. Mais la nuit tombant, nous faisons halte à Sivas.

Vallée de Pancarli - Gorëme
Vallée de Pancarli - Gorëme
Vallée de Pancarli - Gorëme
Vallée de Pancarli - Gorëme
Vallée de Pancarli - Gorëme
Vallée de Pancarli - Gorëme
Vallée de Pancarli - Gorëme
Vallée de Pancarli - Gorëme
Vallée de Pancarli - Gorëme
Vallée de Pancarli - Gorëme
Vallée de Pancarli - Gorëme
Vallée de Pancarli - Gorëme
Vallée de Pancarli - Gorëme
Vallée de Pancarli - Gorëme
Vallée de Pancarli - Gorëme
Vallée de Pancarli - Gorëme

Vallée de Pancarli - Gorëme

Lundi 10/11 : Sivas – TRABZON

A Sivas, nous visitons les medersas situées sur la grande place mais ne pouvons visiter la plus belle car elle est en travaux.

Après 7 heures de route depuis Sivas nous arrivons de nuit à Trabzon, la route a été longue. Parfois en très bon état, parfois en travaux, parfois en piteux état. Dans quelques années cette route sera parfaite. C’est ce qui est agréable en Turquie, vous savez que c’est en cours et que ça avance. Ça travaille de partout. Mais en attendant rouler de nuit sur des routes en travaux, sans signalisation claire, avec des véhicules en pleins phares et anti-brouillards en face en permanence, c’est fatiguant.

Nous sommes donc heureux d’arriver dans cette ville synonyme de suite de notre périple. Nous y venons principalement pour y faire les visas pour l’Iran. Car ici il parait qu’ils se font en 24 heures. Ailleurs c’est 3 semaines.

A peine arrivés, à peine perdus en plein centre dans des petites ruelles bondées de voitures, piétons, Dolmus. Ça passe, ça passe pas ? Ça passe. Ouf ! Nous stoppons pour souffler un peu quand immédiatement on nous fait comprendre que l’on gêne. Le préposé doit préférer faire payer deux voitures plutôt qu’un seul gros camping-car. Mais c’est là qu’arrive notre sauveur : Kamuran parle Anglais, il travaille au Hilton et se baladait en ville pour son jour de repos. Il ne sait comment nous aider à atteindre notre but qui est derrière nous, alors il prend place à mes côtés et me guide dans la ville jusqu’au parking en face de l’ambassade. Puis il nous amène chez un photographe pour les photos des visas. Merci Kamuran, sans toi on aurait galéré et on serait arrivés après la fermeture. Et la suite aurait été différente…

Sivas à Trabzon
Sivas à Trabzon
Sivas à Trabzon
Sivas à Trabzon
Sivas à Trabzon

Sivas à Trabzon

Mardi 11/11 : Ambassade d’Iran à Trabzon ou la quête du Graal - km10669

La suite justement. Fort de l’expérience de nos prédécesseurs, nous sommes devant l’ambassade à 8h30 et nous sommes les premiers. Ensuite arrivent 3 Allemands (à vélo dont Jule), 1 Slovène (Rok), 2 Japonais (dont Sanae) et 1 couple Franco-Italienne (à vélo : Yoël et Maia). L’ordre est important pour la suite et la nationalité aussi apparemment. Car une fois les neufs premiers rentrés restent les Japonais et le couple qui se voient indiquer de revenir la semaine prochaine. Précisons que nous sommes mardi. Les Japonais sont interloqués et hagard. Le couple tente de savoir pourquoi. Pourquoi pas aujourd’hui et surtout pourquoi la semaine prochaine mais c’est là que le malaise commence réellement à nous envahir tous. La femme aux yeux vérons et au ventre bien rond en a décidé ainsi et ce ne sont certainement pas des Japonais qui la feront changer d’avis. « Go out » « Polis » Elle a dû être SS dans une autre vie.

Nous baissons la tête, devons-nous intervenir ? Tenter de plaider leur cause ? Au risque de nous voir appliquer une sentence nette… Nous ne comprenons pas les raisons, y en a-t-il seulement ? Ou abuse-t-elle du pouvoir dont elle dispose. C’est clairement le sentiment qui ressort. Nous sommes tous là à nous regarder mais discrètement. Immédiatement nous nous sentons à la fois vulnérables et hypocrites. Pourquoi vraiment ne pas réagir ? Parce que c’est une ambassade d’Iran certainement. Mais l’injustice, l’incompréhension domine. Comment une personne peut-elle abuser d’un pouvoir discrétionnaire comme ça ? L’administration Française poussée à son paroxysme…

Un nœud au ventre nous voyons les Japonais faire demi-tour. Le couple Franco-Italien proteste poliment prétextant de leur situation à vélo et de la venue de l’hiver. Elle voudrait bien leur appliquer la même sentence mais l’homme grand aux cheveux gris si discret jusque-là se trouve entre eux et le couple tente la négociation avec lui et réussi finalement à obtenir le droit de revenir dans une heure. Ils reviendront 20 minutes plus tard avec tous les documents et bien qu’elle eut voulu leur faire payer leur offense à son pouvoir, il semble bien que l’homme grand et gris, malgré son absence de pouvoir apparent, soit un homme… et ça doit compter ici. Ils seront donc des nôtres. Nous voilà onze dans le tout petit bureau.

Notre petite tête blonde a du aider car elle nous indique qu’Alix n’aura pas de visa. Nous oui mais pas lui. Elle le garde avec elle. Nous hésitons, faut-il rire après la scène que nous venons de voir ? Nous préférons détendre l’atmosphère, ravaler notre colère, notre malaise. Nous lui demandons pour quand c’est prévu et si elle en a déjà. Elle a déjà une autre fille et doit accoucher dans une semaine. (Pourvu qu’ils ne ferment pas le service en son absence).

Deuxième moment d’incompréhension : Nous aurons les visas seulement vendredi soit dans 3 jours et non un seul. Si cela nous aurait dérangé il y’a encore quelques minutes, nous sommes même heureux d’entendre évoquer que nous les aurons cette semaine. Etrange situation.

Après avoir rempli les formulaires standards, nous aurons le droit au formulaire spécial Français (Interpol) avec les empreintes digitales version encrier. Pas les autres, seulement les Français ! ???

Nous devons fournir des copies de nos passeports et de notre assurance (carte vitale européenne). Évidemment personne n’avait prévu et ne demandez surtout pas à mme véron ronde d’utiliser sa photocopieuse et encore moins où l’on pourrait en trouver une… Sa réponse est cinglante et un nouveau « Go out » pour une Allemande (Jule).

Entre temps tous les appels à l’interphone finissent inlassablement par « No visa, come back Monday ». Merci Kamuran de ton aide hier soir. Nous aurions été refoulés à la semaine prochaine.

En revenant déposer nos photocopies, je croise les allemands et le couple Franco-Italien qui sortent et Diogo assis dehors. Diogo, Portugais, s’est fait refouler, il s’était présenté la veille et elle lui avait dit de revenir aujourd’hui mais il est arrivé trop tard apparemment. Les Japonais étaient déjà venus la semaine précédente et elle leur avait dit de revenir aujourd’hui. Ils abandonnent et tenterons leur chance en Géorgie.

J’invite la troupe à venir boire un coup au camping-car et nous passerons une journée bien agréable en improvisant un repas et en discutant des périples des uns et des autres assis au soleil sur le parking sous les yeux incrédules du gardien (qui refusera l’invitation de Mélanie). J’en profite pour continuer de vider le stock de vins et champagne emportés… et ils m’y aideront. Puis nous irons rejoindre d’autres voyageurs à vélos ou en sac à dos pour boire le thé et discuter en ville. Cette ville avec son ambassade d’Iran, certes particulière, est le point de passage de nombre de voyageurs allant d’Europe en Asie par l’Iran. Eux dorment tous en couch-surfing chez de jeunes étudiants contactés par internet. Une nouvelle route de la soie en quelque sorte.

Bilan de la journée : Les démarches sont faites. Le sentiment d’être des sous-merde. Désolé du terme mais c’est vraiment le sentiment que je garde suite à notre absence de réaction face à l’injustice de ce matin. Et si cela avait été 70 ans plus tôt (en 44) ?... Nous étions 9, elle était seule et elle nous a réduits à des larves. J’en boue encore en moi bien que nous n’aurions certainement rien pu faire et risqué réellement de nous faire mettre dehors sans visas. Mais ces visas valent-ils notre âme ? J’ai perdu un peu de moi aujourd’hui.

(peut-être aurais-je dû attendre quelques jours avant d’écrire !...)

Ambassade d'Iran
Ambassade d'Iran
Ambassade d'Iran
Ambassade d'Iran
Ambassade d'Iran
Ambassade d'Iran
Ambassade d'Iran
Ambassade d'Iran
Ambassade d'Iran
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Ambassade d'Iran
Ambassade d'Iran
Ambassade d'Iran

Ambassade d'Iran

Mercredi 12/11 : Monastère de Sumela

Après le stress de la veille, il fallait bien un monastère pour retrouver notre quiétude ! Nous avons pris avec nous Maia et Yoël pour aller découvrir le monastère de Sumela accroché au flanc rocheux de la montagne. Un grand bol d’air, un peu d’effort pour monter, une vue superbe de la haut. Certes le monastère n’est plus en parfait état (saccagé) mais le principal est ailleurs. Les enfants passent un très bon moment en compagnie de Yoël et Maia et nous aussi.

Jeudi 13/11 :

J’ai fait quelques courses au Migros du Forum, le grand centre commercial de Trabzon. Et je suis surpris. Nous avions bêtement pensé qu’il était (financièrement) avantageux de faire nos courses dans un supermarché et que les supérettes étaient certainement bien plus chères. Ceci est valable en France mais pas en Turquie. Un pot de Nutella valant 12.9lires dans une supérette en vaut 14.95€ au supermarché. Le kilo de tomates que l’on peut acheter 1Lire le kilo sur un marché ou 2 dans une supérette en vaut 4 à 5 ici.

Accessoirement, nous avons fait une sortie ratée en direction de Rize qui se veut la capitale des plantations de thé en Turquie…

Vendredi 14/11 : Les Visas et la méga Visa Party!

Depuis la veille, Mélanie est fébrile. Maia, Yoël et bien d’autres nous confirmerons avoir eu le même stress en s’approchant de la date et de l’heure fatidique où l’on devait venir chercher nos visas. Effectivement, vu la séance du mardi, nous redoutions d’être à nouveau confrontés à Mme Dragon (ce n’est pas de moi !). Donc après avoir trouvé un « Temizleme » (pressing) pour laver notre stock de linge sale grâce au gardien du parking près de l’ambassade d’Iran, nous avons été rejoint tout d’abord par Yoël et Maia, puis par Roc et son jeune amis allemand et par Diogo. Enfin devant l’ambassade, les trois allemands sont arrivés à vélo. Toute l’équipe était donc réunie pour la remise des diplômes, euh des visas. La tension était palpable, chacun allait en conjectures sur les divers prétextes que Mme Dragon pourrait faire valoir pour nous refuser nos visas. A peine avant 16h30, nous entendons la gâche électrique du portail qui s’actionne. Nous entrons dans le même ordre que le mardi dans un silence monacal. Mme Dragon n’est pas là ! A la place, deux hommes. Et en moins de temps qu’il en faut pour écrire cette phrase nous sommes tous dehors avec nos visas ! Un peu ébahis de la rapidité et simplicité de l’évènement, nous en venons à rire d’avoir stressé pour cela.

Et comme nous l’avions déjà fait le mardi, nous nous retrouvons tous à notre camping-car pour fêter dignement l’évènement. Nous venons d’être promus citoyens de passage en Iran et ça se fête. Et comme il me restait un certain nombre de bouteilles de champagne (8) et de vins, il nous faudra l’aide des autres prétendants au visa qui se sont présentés tout au long de la semaine pour en venir à bout. A nouveau sous les yeux incrédules du gardien du parking. Nous redoutions qu’il nous demande de quitter les lieux car il venait très régulièrement jeter un œil. Mais en fait, contre toute attente, il nous amènera des pâtisseries. Ça ressemble un peu à un regroupement Erasmus ! Même les hôtes Turcs (warmshower ou couchsurfing) se joindront à nous. Kamuran qui nous avait aidé à notre arrivée à Trabzon passera avec son frère nous saluer.

Quelle soirée ! Les enfants en profiterons un max, on sortira même la « boule disco » et le Djembé de Diogo. Jade est totalement à l’aise dans cette vie-là. Elle est accrochée à Diogo, le globetrotter Portugais aux dreads. Elle joue du Djembé. Elle s’habille en « sac ». Elle emprunte le diabolo d’un Allemand. Elle fait des acrobaties sur les épaules de Yoël… Tout cela pendant que Liou joue calmement dans le camping-car et qu’Alix navigue entre tout le monde et nous improvise un solo de son tamtam en haut d’une pile de touret sous les lumières colorées de la boule disco.

Qui aurait pensé que tant de monde et de nationalités se retrouverait réunies en plein mois de novembre dans une ville au bord de la mer noire ? Et toutes avec le même dessein : visiter l’Iran

Roc, dort devant le camping-car dans son duvet, nous avions de quoi l’accueillir mais il préfère les graviers. Il faut dire qu’il fait 18°C ce soir. Les autres sont soit repartis chez leurs hôtes ou sont allés « danser ».

Monastère de Sumela et Méga Visa Party
Monastère de Sumela et Méga Visa Party
Monastère de Sumela et Méga Visa Party
Monastère de Sumela et Méga Visa Party
Monastère de Sumela et Méga Visa Party
Monastère de Sumela et Méga Visa Party
Monastère de Sumela et Méga Visa Party
Monastère de Sumela et Méga Visa Party
Monastère de Sumela et Méga Visa Party
Monastère de Sumela et Méga Visa Party
Monastère de Sumela et Méga Visa Party
Monastère de Sumela et Méga Visa Party
Monastère de Sumela et Méga Visa Party

Monastère de Sumela et Méga Visa Party

Demain nous partons direction l'Iran.

Ce n'est pas pour rassurer nos proches mais ce pays nous attire. Est-ce justement parce qu'il est si fermé qu'il est si convoité? Tous ceux qui y sont allé témoignent de l'hospitalité sans égal de la population avide de contact avec l'étranger.

Nous voulons découvrir les paysages de l'ancienne Perse. Il s'agit comme la Grèce et la Turquie d'une région qui a été le berceau de notre civilisation... N'est ce pas? Persépolis, Shiraz, le Tigre et l'Euphrate... ça vous dit bien quelque chose!

Elle est pour nous également un passage obligé pour rejoindre Dubaï puis Oman où nous devrions expédier le camping-car direction le Kenya.

Nos visas nous permettent d'entrer pendant les trois prochains mois en Iran. Nous avons encore quelques kilomètres devant nous et nous espérions bien profiter de l'arrière pays Turc qui est si peu présent dans les guides touristiques.

Nous espérons aussi revoir quelque-uns des globe-trotteurs rencontrés. Un petit pincement au cœur nous habite à l'heure de les quitter. Dans ces moments intenses, on s'attache vite...

Donc un petit clin d'oeil à :

Maia et Yoël - Argentine et Français à vélo

Diogot - Portugais en sac à dos en solo (avec les Dreads)

Rok - Slovène en sac à dos en solo (avec le bouc blond)

le jeune Allemand de 20 ans dont j'ai perdu le nom - en sac à dos en solo

Les trois Allemands dont une fille : Jule - à Vélo - www.immernachosten.de

et tous les autres...

Publié dans Actualités, Turquie

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vinod varghese manjia 16/01/2015 21:22

hi ahnor
how do u do
i am vinod here we met at barka we took photo together with my family
this is my wats app number 00968 95278819
i like to have your wats app number
pls send me

domrod 18/12/2014 22:29

Magnifique!!!!!

Baron family 01/12/2014 22:48

Hello,
Bonne continuation, faites attention à vous....et continuez à nous faire rêver.....
Dans l'attente d'une nouvelle connexion....et lecture....
Hasta la vista
Alain

ET74 26/11/2014 09:40

je suis votre voyage, car nous passerons par là en 2015, merci pour ces infos et bravo les commentaires sont excellents.

Yannick 25/11/2014 23:53

Bonjour à toute la BOS TROTTERS FAMILY, j'espère que tout ce passe bien en attendant que vous retrouviez une fenêtre sur le réseau internet, puissiez lire ce message (entre autres) et donner de vos nouvelles. Récit passionnant, belle aventure, belle écriture ... Bonne route.

veronique 20/11/2014 06:20

soyez prudent (quant meme)

veronique 20/11/2014 06:20

superbe experience de vie, d'echanges bisous tous pleins

l fv 16/11/2014 18:24

merci pour tous ces commentaires bz a tous flv