Iran 2 - du 21 au 30 novembre 2014

Publié le par BosTrotters

Nous découvrons les routes d’Iran. Autant nous n’appréhendions pas trop les autres pays, autant là les doutes étaient justifiés. Les routes sont généralement mauvaises, disons qu’il y a du bitume lisse entre les nids de poules. Et ce ne sont pas mes roues simples surchargées à l’arrière qui me poussent à prendre des risques. Les dos d’ânes signalent l’entrée dans les agglomérations et ils sont aussi nombreux qu’ils sont mal signalés et quasi invisibles de loin. Bref, on ne vient pas en Iran pour son réseau routier. Et je ne parle même pas des conducteurs pour qui le clignotant est un accessoire bien moins utile que le klaxon ou les appels de phares pour dire « pousses-toi j’arrive » ! Les rétroviseurs ne leur servent pas plus. Et la règle c’est : je déboite ou je m’engage et je regarde après. Les feux de route sont en option la nuit, ils préfèrent de minuscules diodes bleues, c’est plus classe, ça n’éclaire rien et c’est quasi invisible. Bon les piétons, les motocyclistes sont en général suicidaires et tous les chauffeurs de camion ou de bus sont là pour leur rendre ce service. J'aurais le triste privilège d'observer qu'un oeuf sans casque est bien moins résistant qu'une bordure en béton. Le bilan annuel est de l'ordre de 50000 décès par an sur les routes. La route s'améliorera notoirement en arrivant plus au sud du pays

L’état des véhicules est à l’image de la conduite : catastrophique. La Peugeot 405 (dites plutôt Peugeot PARS car elle se produit encore à Téhéran) est la reine des campagnes avec un Pick-up local. En ville on trouve aussi des Coréennes et d’autres marques locales qui nous ramènent quelques décennies en arrière. La Dacia Logan s’appelle Renault Tondar. Heureusement le scotch est là pour tenir les pare-chocs.

Ma caméra de recul est donc branchée en permanence et mes rétroviseurs n’ont jamais autant servis ! Bon ok, il parait que c’est pire en Inde (c’est possible ?) Ainsi la règle est vite d’éviter les grosses agglomérations où ce qui est décrit ci-dessus est multiplié par 10. La bande d’arrêt d’urgence est une voie tout à fait convenable pour circuler voire pour doubler non ? Et quand il y’a de la place pour se croiser à deux, alors il y’en a certainement pour se croiser à trois. Il n’est pas rare de se faire doubler alors que l’on est en train de doubler ! Mais puisque je vous dis que toute la largeur de la route doit servir ! La seule chose à vérifier c’est qu’il n’y a pas de véhicule en panne d’un côté ou de l’autre car on n’a pas le droit de rouler sur les jambes du gars qui est couché à moitié en-dessous coté chaussée. Heureusement il a pensé à disposer des gros cailloux sur la chaussée 2 ou 3 mètres avant pour prévenir !

Vous aurez donc compris l’essentiel, la conduite en Iran ça se mérite. On doit être attentif à tous les instants. Devant, derrière, à droite ou à gauche, il y’a en permanence quelque chose qui arrive sans crier gare. Et il faut en plus avoir les yeux braqués sur la chaussée pour éviter les trous (on pourrait parfois dire les puits) ou les dos d’âne.

Mais heureusement deux points sont tout de même agréables : Le prix du carburant est 10 à 15 fois moins cher qu’en Turquie et le péage est une notion relative pour l’étranger, on vous dit souvent (5 fois sur 7), « No Monney for you, Goog day ! »

Nous utilisons nos cartes GPS téléchargées sur la tablette afin de trouver notre route. Sygic est pratique pour le relief mais très incomplet parfois. Osmand est parfois plus détaillé mais les noms de villes et de rues ne sont parfois pas traduits et ne comptez pas sur Googlemaps qui n’est pas téléchargeable. Et comme internet est quelque chose de très peu fiable en Iran, oubliez. On nous avait dit qu’il était très dur de trouver une carte de l’Iran, la première librairie à Tabriz nous en a fourni une sans soucis. Et pour Internet, comment dire. La jeunesse Iranienne est pleine de ressources. Donc il suffit d’acheter une carte sim (se faire indiquer la boutique car pas très évident), ensuite aller dans n’importe quelle petite boutique de portable (on ne cherche pas longtemps tellement il y’en a), en trouver une tenue par des jeunes et je vous passe les détails. Disons qu’ils savent faire en sorte que FB fonctionne. Ne comptez néanmoins pas sur un débit permettant de skyper avec la vidéo, tout juste le son. Mais pour recevoir les mails et envoyer sans pièce jointe ça va. Par contre, le sujet étant sensible la discrétion s’impose. Eux risquent plus que nous.

Reprenons le fil :

Vendredi 21 novembre 2014 : Bazargan - Chaldiran - km11586

Arrivés à Maku après la frontière de Bazargan, nous avons uniquement fait un arrêt jeux pour les enfants. Et oui, ici aussi les villes ont des parcs équipés de balançoires, toboggan, tourniquets… en état de fonctionnement. Même le plus petit village de paysan est équipé ! A méditer vraiment !

Nous avons poussé jusqu’à Chaldiran avec arrivée nocturne faute de trouver un endroit qui nous satisfasse. Nous cherchons en effet à bivouaquer à un endroit assez sécurisé, éclairé, surveillé… Nous demandons donc à la première voiture de Police à Chaldiran où nous garer pour la nuit. Ils nous conduisent à un hotel ! Euh, oui une leçon pour nous : l’Anglais des Iraniens est très relatif. S’ils vous disent non, c’est non, mais s’ils vous disent oui, alors c’est pas sûr ! Nous mangeons néanmoins dans le restaurant de l’hôtel de façon un peu obligée. Finalement ce sera assez amusant. Un ami au téléphone pour traduire… et une addition légère : 600000Rials soit 15 euros pour 4 plats + boissons. Les enfants apprécieront surtout les WC condamnés pour y garder la pintade du lendemain ! Nous bivouaquons dans la rue à l’arrière de l’hotel bien que le patron veuille que je rentre le cc dans la cour. Nous n’avons pas les mêmes notions de largeur et longueur ! Je regretterai toute la soirée de n’avoir pu y rentrer car très vite la rue s’est totalement vidée de ses voitures et piétons. Et tous les véhicules s’arrêtent au niveau du camping-car, reculent, avancent, reculent et finalement repartent. Est-ce uniquement de la curiosité, de la surprise ? Je ne suis pas très rassuré mais que faire ? Où aller ? Une voiture en particulier est intriguée et patiente longuement à côté, j’ouvre la fenêtre côté rue en tenue légère. La voie hésitante, l’homme me dit « Passeport !» « Hello, I’m French, How are you ? » La police est tout aussi surprise que les autres automobilistes, j’indique avoir été amené ici par leurs collègues et leur demande si cela ne pose pas de soucis. Leur Anglais étant des plus basiques, un sourire conclura notre échange et je peux retourner au lit ! Il paraît que j’ai ronflé cette nuit-là, décidément je ne suis pas un bon veilleur ! Nous nous promettons de ne plus arriver de nuit à un bivouac pour bien le choisir. Nous ne sommes pas d’un naturel craintif mais justement nous devons donc être plus prudent désormais car dans le doute il ne faut pas chercher les ennuis ni créer la convoitise. Le CC dénote dans ce décor.

L'Iran est séparé de la Turquie par une chaîne montagneuse
L'Iran est séparé de la Turquie par une chaîne montagneuseL'Iran est séparé de la Turquie par une chaîne montagneuse

L'Iran est séparé de la Turquie par une chaîne montagneuse

Samedi 22/11 : Chaldiran – Eglise Saint Thaddeus - Tabriz - km11918

Au petit matin, la rue s’est animée. Des voitures devant, derrière et même en double file nous bloquent. Le chauffeur d’un taxi me voit désemparé et en moins de temps qu’il ne m’en faut pour faire mon petit check-point avant de prendre la route, les chauffeurs sont sortis d’on ne sait où et je peux démarrer.

Nous prenons la direction du monastère Arménien Saint Thaddeus (Ziyaratgah Ghareh Kelisa). Une des trois églises Arméniennes de la région. Très mal indiquée dans la brochure de la dame de la frontière, c’est Osmand qui nous aidera cette fois-là. Mais le détour vaut le coup. L’emplacement au milieu de ces montagnes enneigées et au cœur d’un village des plus rustique est déjà appréciable. Les murs en damier et surtout les textes sculptés sont fascinant. Ça nous change des ruines grecques et des mosquées !

Nous reprenons la route à travers des paysages de roches rouges, vertes, grises, beiges érodées par l’eau entourent les villages construits en terre crue. Il est difficile de discerner quels bâtiments sont pour les bêtes et quels autres pour les hommes. Si l’on voulait du changement, en voilà. Ici la vie va à l’essentiel, cultiver et élever pour vivre et vivre pour Allah, grâce à Allah. Rien de plus.

Après cela l’arrivée à Tabriz (encore de nuit !) est un choc. Deuxième ville du pays, on se croirait en plein Paris mais avec leur conduite. Grand moment de concentration épuisant. Les parkings des cartes étant tous inaccessibles ou construits nous trouvons une place dans une rue bien située proche du Bazar que nous voulons visiter le lendemain. Immédiatement, le CC devient l’attraction et je commence à discuter, expliquer. Parfois en Anglais, parfois en me servant de la carte désormais imprimée sur le flan du CC. Je fais la connaissance du patron du magasin de matériel électrique devant lequel je me suis imposé. Il ne voit pas de soucis (politesse ?) et de toute façon il ferme dans une demi-heure. Nous dormirons ici cette nuit malgré le vacarme des véhicules dans la rue. On comprend pourquoi toutes les rues sont à sens unique. Déjà avec un seul sens de circulation ils parviennent à s’accrocher. En une heure j’ai vu trois accrochages ! J’ai donc eu peur pour mon arrière droit car je me gare toujours de façon à protéger l’arrière gauche où dorment les enfants.

L’Azerbaïdjan Iranien regorge de sites Arméniens!
L’Azerbaïdjan Iranien regorge de sites Arméniens!
L’Azerbaïdjan Iranien regorge de sites Arméniens!
L’Azerbaïdjan Iranien regorge de sites Arméniens!
L’Azerbaïdjan Iranien regorge de sites Arméniens!
L’Azerbaïdjan Iranien regorge de sites Arméniens!

L’Azerbaïdjan Iranien regorge de sites Arméniens!

Dimanche 23/11 : TABRIZ – Grand Bazar

En Iran, le dimanche est un jour normal. C’est le vendredi qui est chômé. Donc le réveil se fera au son des klaxons. Notre CC est aussi garé devant la boutique de Jalil, négociant en acier plat. Farshad, son employé qui nous aborde immédiatement deviendra notre guide pour la journée. On visitera avec lui le grand bazar qui possède 35km de ruelles. Inutile de préciser que nous n’en verrons qu’une infime partie. Et nous ne saurons jamais si nous sommes déjà passés par telle ou telle ruelle tant elles sont nombreuses. Farshad avouera ne pas connaître vraiment le bazar. Nous verrons des tapis, de très beaux tapis, des épices, des plantes médicinales, des boutiques de tout. Tout qui peut se vendre se trouve ici. Et ne cherchez pas, demandez ! On vous guide, on vous amène ! Attention tout de même aux YALLAH YALLAAAAAH ! Les porteurs aux chariots surchargés avancent péniblement dans ce capharnaüm. Rien à voir avec le bazar de Tunis, d’Istanbul… qui sont des attrape-touristes. Ici le touriste n’est pas chez lui. Et les prix sont réels, pas besoin de négocier, on se sert, on tend les billets, on vous rend la monnaie. Nous restons admiratifs devant la boutique du sucre. Ici on casse en morceaux des plateaux de sucre cristallisé, on fabrique le sucre sous différentes formes selon les usages. C’est tellement plus beau que notre sucre industriel calibré !

Les bâtiments eux-mêmes sont magnifiques. Magnifiques d’architecture ou magnifiques d’authenticité. Les portes en bois sont immenses et usées au possible. Les rafistolages, bricolages leur permettant de tenir encore sont eux-mêmes magnifiques. On pourrait passer des heures à déambuler dans ce labyrinthe. Cette ville dans la ville possède également ses restaurants dans un desquels nous déjeunerons sans avoir le droit de payer la note, ordre de Jalil. Nous sommes ses hôtes, mais il n’est pas avec nous !? Farshad a des instructions.

Une fois le CC garé dans un parc au pied d’un 5 étoiles sous les yeux bienveillants des gardes, Jallil qui a réuni sa famille nous invite à dîner dans la galerie commerciale flambant neuve de la ville. Ici pizzas, burgers, ketchup et coca sont rois. La jeunesse Iranienne s’imprime des codes de consommation occidentaux. Son fils fête aujourd’hui ses 16 ans. Sa fille est venue avec son mari. Sa femme est à la maison à garder le petit fils qui dort. La sœur à Jallil est aussi venue avec son fils et sa femme… Sont-ils ici pour fêter l’anniversaire d’Ali ou pour nous ? Les deux réponses m’embarrassent mais nous n’avons pas le droit de nous poser la question : « You are our guest ! » Merci à Jallil et à sa famille pour leur accueil. Jallil, lorsque tu reviens en France, tu seras mon invité ! Précisons que seul Jallil a visité presque tous les pays d’Europe et beaucoup d’autres. Sa femme non, ses enfants non plus. Lorsque l’on est Iranien, le passeport s’obtient après les deux ans de service militaire. Seuls les hommes le font…

Tabriz et son grand Bazar - Farshad qui fut notre guide et Jalil et sa famille notre hôte.
Tabriz et son grand Bazar - Farshad qui fut notre guide et Jalil et sa famille notre hôte.
Tabriz et son grand Bazar - Farshad qui fut notre guide et Jalil et sa famille notre hôte.
Tabriz et son grand Bazar - Farshad qui fut notre guide et Jalil et sa famille notre hôte.
Tabriz et son grand Bazar - Farshad qui fut notre guide et Jalil et sa famille notre hôte.
Tabriz et son grand Bazar - Farshad qui fut notre guide et Jalil et sa famille notre hôte.
Tabriz et son grand Bazar - Farshad qui fut notre guide et Jalil et sa famille notre hôte.
Tabriz et son grand Bazar - Farshad qui fut notre guide et Jalil et sa famille notre hôte.

Tabriz et son grand Bazar - Farshad qui fut notre guide et Jalil et sa famille notre hôte.

Lundi 24/11 : Tabriz – Kandovan – Aq Gonbad - km12103

Après une petite balade dans le parc, nous revenons congelés au CC. Le vent et le froid ont eu raison de nous. Nous prenons la route pour un petit village très apprécié des habitants de la région. Kandovan c’est un peu la Cappadoce en Iran. En approchant la température tombe dans à nouveau dans les négatifs et la neige fait son apparition. Nous rencontrons sur place un couple de suisse accompagné de leurs hôtes Iraniens. Nous faisons la visite de quelques maisons troglodytes reconverties en échoppes à touristes. Les enfants profitent de la neige pour transformer une petite cour en patinoire et nous échangeons quelques boules de neige. Un thé bien chaud et nous repartons sur la route en direction du grand lac salé très proche. La route est interminablement droite puis se heurte aux contreforts d’une montagne posée là en plein milieu de cette immense plaine marécageuse. Nous en faisons le tour puis arrivons au départ d’un pont traversant le lac jusqu’à la ville d’Urumiye. Il se fait tard et nous voulions simplement voir ce grand lac donc nous décidons d’aller voir si le village ici peut être un bon bivouac pour la nuit. Notre arrivée s’apparente à l’arrivée d’extra-terrestres. Les gens nous observent, une vieille dame intriguée le fait savoir à son mari occupé à ramener les moutons plus loin. Des enfants viennent nous observer. Je sors un ballon de foot, ça ne marche pas. Les sachets de Haribo sont tout d’abord refusés et ce n’est que lorsque j’indique « Hallal » que les enfants, avec l’approbation des mères venues les rejoindre, acceptent bien volontiers. Nous utilisons à nouveau les cartes imprimées sur le camping-car pour dialoguer avec le petit groupe de femme. La visite du camping-car créé une excitation audible parmi elles. Seule la vieille dame n’osera pas y monter. Nous sommes ensuite invités à boire le thé chez l’une d’elles. La femme est gaie et avenante. Elle ne parle pas un mot d’Anglais mais cela ne nous empêche pas de nous comprendre sur l’essentiel, les enfants, leurs âges, leur nombre, qui est qui… Il fait chaud, très chaud dans le salon chauffé au poêle à fuel. Les tapis recouvrent le sol, des coussins permettent de s’adosser aux murs. Le moment est convivial, amusant. Même si la barrière de la langue limite les échanges un peu. Par contre à l’arrivée de monsieur, ce n’est plus pareil. Les femmes s’effacent. Il s’installe à un bout de la pièce, je dois être à sa droite (juste contre le poêle !), sur le même côté Mélanie et les enfants, en face le fils et enfin les femmes. Le mari de sa fille aînée s’installe à la gauche du père. La discussion est devenue compliquée, les femmes n’intervenant plus. Seul le fils comprend un peu l’Anglais mais il ne traduit pas aux autres et garde pour lui nos échanges. Mélanie est sauvée car elles partent dans la boutique de vêtements qui fait partie intégrante de la maison et elles trouvent bien des moyens de discuter. Pour ma part la soirée sera longue et chaude, très chaude ! Précisons qu’on ne doit pas montrer ses bras donc nous gardons nos polaires par-dessus nos polos ! Mélanie et les filles doivent de plus garder leurs voiles. Le repas se compose de riz et poulet, de pain, de fromage blanc, … Et nous sommes tous en tailleur autour de la nappe disposée au sol. Le moment est tout à la fois solennel; ils ont réunis la famille pour nous recevoir ; et amical. Nous montrons les photos de notre famille, de notre village, de notre jardin sur l’ordinateur. Les photos remplacent les mots.

Kandovan et Aq-Gonbad
Kandovan et Aq-Gonbad
Kandovan et Aq-Gonbad
Kandovan et Aq-Gonbad
Kandovan et Aq-Gonbad

Kandovan et Aq-Gonbad

Mardi 25/11 : Aq Gonbad – Zanjan

Notre départ se fera après que toutes les copines eussent visitées le CC. Nous quittons cet endroit si insolite pour filer vers l’Est. Notre visa n’est que de 30 jours et nous pourrions rester en Iran deux mois que le temps nous manquerai.

Nous prenons l’autoroute à partir de Tabriz et bien nous en a pris car la météo n’est plus clémente, la neige au départ si légère commence à s’accumuler sur la chaussée. La voie de gauche disparait et il faut jouer des coudes avec les camions qui se plaisent à rouler au milieu des voies. Je me réjouis de mon choix pour des pneus 4 saisons. Ils ne me feront pas défaut même lorsque, poussé par un camion qui se déporte naturellement vers la gauche, je dois mettre les roues sur la neige fraîche. Nous scrutons l’heure, nous voulons trouver à bivouaquer avant la nuit et nous ne pourrons atteindre Soltaniye ce soir. Un parking à côté d’une mosquée et d’un poste de police fera l’affaire. Les sanitaires de la mosquée disposent d’eau chaude !

Aq-Gonbad puis route pour Zanjan
Aq-Gonbad puis route pour Zanjan
Aq-Gonbad puis route pour Zanjan
Aq-Gonbad puis route pour Zanjan
Aq-Gonbad puis route pour Zanjan

Aq-Gonbad puis route pour Zanjan

Mercredi 26/11 : Zanjan – Bataille de boules de neige à Soltaniye – Bu’in Zhara - km12744

Un manteau blanc recouvre la végétation et nous prenons la route pour la grande mosquée de Soltaniye. Bien que celle-ci soit majestueuse, imposante… ce qui nous occupera sur place c’est surtout la réalisation d’un bonhomme de neige et une franche bataille dans la neige. Ça fait du bien ! Il ne manque que le chocolat chaud et les crêpes pour clore ce moment hors du temps.

Nous quittons volontairement l’autoroute afin d’éviter un détour qui nous ferait passer par Téhéran. J’avoue ne pas être plus motivé que ça par la circulation dans la capitale ! En chemin, à Bu’in Zhara, nous décidons de profiter d’une station CNG (GPL) pour recharger la première bouteille de gaz qui va sur sa fin. Et comme je ne sais pas si, ici, je peux utiliser les divers adaptateurs dont je dispose, je préfère être prévoyant. Evidemment à peine arrivé à la station on me regarde avec de gros yeux ! Non, effectivement mon véhicule ne roule pas au GPL ! et les adaptateurs ne sont pas adaptés ! Mehrdad se charge de m’accompagner à une petite échoppe au bord d’un boulevard qui permet de recharger les bouteilles, oui, mais seulement les bouteilles locales avec un tout petit embout ! Le temps de démonter mes réservoirs aluminium, Hassan arrive. Il parle parfaitement Anglais et a été appelé à la rescousse par le jeune de l’échoppe. On monte dans la voiture de Merhdad (une peugeot 405 !) direction une boutique Gaz ou plutôt un atelier qui sent le gaz à des dizaines de mètres à la ronde. Inutile de dire que les fumeurs ne sont pas les bienvenus dans le coin ! Il ne dispose pas d’un adaptateur du bon diamètre. Qu’importe, on va le fabriquer. A quelques mètres de là, un tourneur s’affaire à nous usiner dans une barre de Teflon l’adaptateur parfait. Hassan refusera catégoriquement que je paie les 2.5€uros de la pièce ! Il s’en acquitte tout comme il s’acquitte de la recharge de gaz à 1.5€ (35euros en France !). Inutile d’insister ou de protester au risque de blesser. On doit se laisser faire. C’est frustrant ! La seule chose à faire c’est accepter l’invitation à dîner !

Hassan vit chez ses parents au centre de la ville. A nouveau toute la famille disponible a été conviée. Les hommes parlent presque tous Anglais ! Les femmes un peu moins mais Mélanie commence à se débrouiller en Farsi, Pesan pour Garçon et Dochter pour fille apparemment ! Nous passerons une soirée très agréable, les enfants jouent avec d’autres enfants, Mélanie est même invitée à retirer son voile car ce n’est pas dans sa culture donc elle n’y est pas obligée. Cette famille est ouverte, un des fils a émigré en Angleterre, l’autre est le maire de la ville, Hassan possède son activité dans les objets publicitaires et un autre frère distribue du matériel agricole. Ils respectent bien entendu les lois mais ne souhaitent pas que l’on ai à changer nos habitudes chez eux. Mélanie peut même aider à la cuisine et j’ai le droit d’aider à mettre la table ! Certes accompagné de rires amusés ! Nous nous sentons bien ici. Les personnes viennent discuter, échanger. Hassan nous présente les photos et courriers de tous les voyageurs qu’il a déjà accueilli depuis une dizaine d’années. Ce qui lui a donné l’idée de faire son périple également en 2010 lorsqu’avec un de ses frères ils ont parcourus 6000km à vélo dans les pays voisins de l’Iran.

Dans le courant de la soirée, Hassan a été appelé et il m’indique que je dois aller avec lui à la Police pour présenter les passeports. Une formalité, je pense. Et bien disons que la Police en question ne ressemble pas trop à la Police classique. Pas de Police en alphabet en tout cas sur le bâtiment, une cour, un bloc à l’extérieur de la ville sur un boulevard près de la prison. Une police politique plutôt. Un jeune homme des plus austères nous ouvre. Je dois m’asseoir sur une des trois chaises au milieu de la pièce. Hassan, sur une chaise le long du mur. Derrière moi, un individu est déjà assis. Je ne voudrais pas le croiser même sur un boulevard en plein jour ! Pendant qu’il photocopie mes passeports, le « policier » questionne Hassan. Il doit se justifier de ma présence. Comment nous nous sommes rencontrés, pourquoi je suis chez lui, … Je sens que ce n’est pas moi qui peux avoir des ennuis mais Hassan lui-même. Le « policier » questionne, questionne. Hassan garde le ton courtois et souriant. L’homme ne veut pas croiser mon regard, il l’évite. Donc devinant qu’il ne peut pas nous retenir davantage j’insiste. Il nous tend les passeports, je refuse et lui indique que je lui en ai donné 5 et non 4. Si j’en « oubli » un ici, c’est le début de très gros ennuis pour nous ! Alors l’oubli était-il involontaire, je ne pense pas. Il est vraiment nauséabond. Le climat sous ses apparences cordiales a été tendu. J’espère que Hassan n’aura pas d’ennuis, l’homme doit être frustré de n’avoir rien à se mettre sous la dent.

On comprend mieux les rêves d’émigration vers l’Europe de la jeunesse Iranienne. Même si cela coûte 7000euros, qu’il faut prendre un bateau... Quelqu’un me dira que le peuple n’est pas heureux avec ses dirigeants, que le Sha avant était bien, mais qu’il n’a aucun espoir pour la jeunesse de se révolter en mimant un révolver sur la tempe. Un peuple si accueillant, agréable, avide de découverte mais opprimé par ses propres dirigeants. Si l’état ne lâche pas du leste, ce pays finira dans un bain de sang.

La soirée se termine agréablement chez Hassan, oubliée la « police ». Nous n’aurons pas le droit de retourner dormir au CC, on le met à l’abri chez l’un des frères. Nous dormons chez Hassan ou plutôt chez ses parents en réalité.

Vive la neige à Soltaniye
Vive la neige à Soltaniye
Vive la neige à Soltaniye
Vive la neige à Soltaniye
Vive la neige à Soltaniye
Vive la neige à Soltaniye
Vive la neige à Soltaniye
Vive la neige à Soltaniye
Vive la neige à Soltaniye

Vive la neige à Soltaniye

Usinage d'une pièce pour remplir nos bouteilles de gaz à Bu'n Zhara. Merci Mehrdad, Hassan, le patron de la boutique de gaz et le tourneur.
Usinage d'une pièce pour remplir nos bouteilles de gaz à Bu'n Zhara. Merci Mehrdad, Hassan, le patron de la boutique de gaz et le tourneur.Usinage d'une pièce pour remplir nos bouteilles de gaz à Bu'n Zhara. Merci Mehrdad, Hassan, le patron de la boutique de gaz et le tourneur.

Usinage d'une pièce pour remplir nos bouteilles de gaz à Bu'n Zhara. Merci Mehrdad, Hassan, le patron de la boutique de gaz et le tourneur.

Chez Hassan et Jafar.
Chez Hassan et Jafar.
Chez Hassan et Jafar.
Chez Hassan et Jafar.
Chez Hassan et Jafar.
Chez Hassan et Jafar.
Chez Hassan et Jafar.
Chez Hassan et Jafar.
Chez Hassan et Jafar.

Chez Hassan et Jafar.

Iran 2 - du 21 au 30 novembre 2014

Jeudi 27/11 : Bu’in Zhara - Kashan - km13043

Nous remercions Mehrdad qui est venu pour nous inviter à déjeuner mais nous devons décliner. Les journées sont courtes et nous avons de la route. Accepter son invitation nous bloquerai une journée de plus ici.

Notre destination désormais est une ville oasis au bord du désert salé Dasht-e Kavir.

A Khashan, le parc bien que très agréable, n’est pas un endroit pour bivouaquer. Nous y faisons à nouveau beaucoup de rencontres et sommes même invités chez une famille à Ispahan. Nous tournerons en rond dans la ville à la recherche d’une place de parking ou d’un poste de police (un vrai) pour bivouaquer. En l’absence remarquable du moindre policier, nous tentons la gare des bus mais le gardien décline. A la gare ferroviaire, le militaire qui garde l’entrée nous indique que l’on ne peut se garer à l’intérieur. Cela étant, le parking juste devant fera bien l’affaire. Le jeune militaire souriant trouve cela parfait mais ses supérieurs bien qu’insistant pour se débarrasser de touristes encombrant, devront plier face à mon insistance. Le parc pour touristes qu’ils m’indiquent n’est autre que le premier où nous étions allés. Il est à l’extérieur de la ville, le long d’un axe routier et sans le moindre commerce, caméra, gardien… Donc aucune sécurité pour nous. Je lui préfère notre place actuelle sous leurs yeux et sous leur surveillance. Il se contentera de relever nos passeports pour la forme.

Vendredi 28/11 : Kashan – 15°C - Soleil - km13043

C’est vendredi et comme nous sommes en Iran, c’est jour de repos. Donc la ville est plutôt calme. Quelques commerces sont ouvert comme le boulanger tout prêt du camping-car qui vend des nans fraichement sortis de son four tournant.

Nous décidons de nous balader à pied en laissant le CC prêt de la gare. Que la ville est grande quand on est à pied ! Il y’a peu de monde dans les rues et pourtant nous donnons du Salam de tous les côtés. Alix se fait caresser la tête à tout va et il commence à ne plus trouver ça drôle. Il devient coquin et tire la langue sur les photos ou aux personnes qui deviennent un peu pressantes. Comment le lui reprocher, ce n’est pas correct certes, mais on peut le comprendre, la scène se répète si souvent ! Il ne supporte plus de devoir poser avec madame, avec monsieur puis avec les deux. Une fois devant la porte d’entrée, une fois avec ses parents, une fois avec ses sœurs…

Nous découvrons la ville, ses multiples mosquées aux faïences bleues et aux dômes en formes de bulbes. Nous admirons les constructions en briques de terre crue avec leurs voutes et leurs tours à vent (Badgir) qui par un procédé ingénieux rafraîchissent les étages inférieurs. Nous observons, depuis la cour-jardin, les fidèles qui se rendent à la prière à la mosquée Soltaniye. Nous déambulons dans les ruelles aux murs en terre. Je reste impressionné par ses constructions dont on ne sait où commencent les fondations car seul un étage se trouve à la surface, les étages inférieurs sont au frais dans le sol et l’on voit dans les ruelles par endroit des grilles fermant des escaliers descendant en ligne droite jusque dans l’obscurité. Toute la ville s’est adaptée aux chaleurs étouffantes du désert au bord duquel se trouve cette oasis. Nous ne sommes pas mécontent de la visiter en cette fin novembre avec « seulement » 15°c. Le point d’orgue de la journée est cependant la visite de la maison Tabatabei. Une ancienne résidence Qadjar construite autour de cours et bassins. Ses vitraux multicolores et ses décors finement sculptés dans les enduits de plâtres recouvrant les briques de terre sont un émerveillement. C’est ici que les visiteurs Iraniens feront la queue pour nous parler. Un groupe de jeunes étudiantes, une famille dont un des membres parle Français, un couple très discret…

Nous terminons par les remparts de la vieille ville réalisés en … terre crue ! Certainement la journée visite la plus agréable que nous ayons fait depuis quelques temps.

Enfin, nous achetons 13 œufs pour 30000Rials (75cts) et Mélanie nous fait des crêpes ! L’occasion mérite bien de décongeler un camembert !

Kashan - un vrai coup de coeur!
Kashan - un vrai coup de coeur!
Kashan - un vrai coup de coeur!
Kashan - un vrai coup de coeur!
Kashan - un vrai coup de coeur!
Kashan - un vrai coup de coeur!
Kashan - un vrai coup de coeur!
Kashan - un vrai coup de coeur!
Kashan - un vrai coup de coeur!
Kashan - un vrai coup de coeur!
Kashan - un vrai coup de coeur!
Kashan - un vrai coup de coeur!
Kashan - un vrai coup de coeur!
Kashan - un vrai coup de coeur!
Kashan - un vrai coup de coeur!
Kashan - un vrai coup de coeur!
Kashan - un vrai coup de coeur!
Kashan - un vrai coup de coeur!

Kashan - un vrai coup de coeur!

Samedi 29/11 : Le Désert Dacht-e Kavir – Karavanserail Marenjab - km13116

Kashan se trouve au bord d’un désert. Le désert Dacht-e Kavir. C’est un grand désert de steppes salées dans lequel se trouve le « lac » Namak (asséché). Il y a 40km de pistes pour rejoindre le karavanserail Marenjab au bord de ce lac et comme, suivant tous nos repères européens, 40km ce n’est pas grand-chose alors nous décidons d’aller voir de nos propres yeux ce lac qui n’est pas un lac. Et avouons que c’est tentant d’aller voir des dunes, non ? Ce désert frôle avec les 50°C en journée l’été et 0°C la nuit, pour nous c’est plutôt 15°C en plein soleil la journée et 0°C la nuit mais n’oublions pas que nous sommes fin novembre.

La route s’arrête après Aran-e-Bidgol au niveau d’un rond-point et la présence d’un camion devant nous nous rassure sur la possibilité d’emprunter cette piste. En effet de nombreux camions réalisent des allers-retours depuis le lac chargés du sel qui en est extrait. La présence de ces camions aurait dû au contraire nous alerter car ils défoncent la piste. Cette piste est composée de sable rocheux très dur sur la plupart du parcours. Il forme par endroit des petites plaques juxtaposées et rouler sur ce damier nous secoue pas mal donc nous préférons essayer de les éviter. Le reste de la piste est souvent de la tôle ondulée ; comprenez du sable dur qui forme des vagues sous l’effet du passage des camions. Il est impossible de rouler là-dessus à plus de 10-15km/h car ça faaaaaaaaaiiiit viiiiiiiiiiiiiibbbbbrrrreeeeer tout le cc! Enfin afin d’éviter les plaques et la tôle ondulée les véhicules élargissent progressivement la piste. Donc nous restons la plupart du temps sur l’extérieur en évitant les trous, les ornières, les bancs de sable, les cailloux… Bref vous l’aurez compris on n’avance pas vite et ça secoue. L’essentiel est de ne pas endommager le cc, il doit tenir trois ans. Donc après un arrêt « point de vue » et un arrêt dunes, nous arrivons 5 heures plus tard au Karavansérail Marenjab situé au bord du lac de sel.

De là nous partons à pied découvrir ce lac. Un troupeau de chameaux avance le long de la « berge ». Pour ceux qui regardent les photos, vous allez me dire que ce ne sont pas des chameaux mais des dromadaires ! Non ? Eh bien il s’agit bien d’une espèce de chameaux mais à une bosse ! Oui ça existe ! Donc il faut oublier les moyens mnémotechniques pour vous souvenir que le chameau a deux bosses et le dromadaire une seule. Encore une certitude qui s’envole ! Donc nous y compterons 76 ou 77 chameaux et nous ne nous en approcherons pas à moins d’une dizaine de mètres car il n’y a pas de berger et rien ne semble indiquer qu’ils soient domestiqués. Loin de là !

De retour au camping-car nous découvrons un deuxième troupeau. Pas de chameaux cette fois-ci mais des étudiantes toutes plus ou moins voilées, qui hurlent, crient, piaillent à la vue des enfants ? Des filles quoi ! Moment de stress supplémentaire pour Alix qui n’aime déjà pas les séances photos mais dans ces conditions encore moins ! Bref, une fois répondu aux mêmes questions 20 fois de suite, nous parvenons à nous isoler dans le cc. Nous garons le cc au plus près du karavansérail pour être le plus en sécurité possible et dinons dans un container surchauffé qui sert de couchette au gardien. Il nous allume le barbecue et nous prépare des brochettes de poulet accompagné de riz et d’un ragoût qui, selon toute vraisemblance, devait être ses restes du midi ! Mais nos estomacs ne sont plus à ça près quand on voit les conditions de conservations des kebabs en vitrine que nous avons mangés jusqu’ici !

Nous sommes au milieu du désert donc la nuit est très calme. Le groupe électrogène est éteint à partir de 22h et peu après que l’obscurité se soit faite totale autour du camp, les chiens qui étaient très calmes jusque-là, s’agitent, aboient. Le gardien balaie de sa lampe de poche. Le calme revient momentanément mais au moindre bruit les chiens s’agitent à nouveau. Le sommeil aura le dernier mot.

Dimanche 30/11 : Pique-nique dans les dunes et leçon de conduite - km13192

Le Karavansérail s’est installé sur la résurgence d’une source au milieu de ce désert. C’est une petite oasis et je souhaite profiter de cette abondance d’eau pour ma corvée Cosette. Mais je vais vite l’écourter car stupide que je suis, je n’ai pas pensé que si le désert s’appelle « Dasht-e Kavir », littéralement « désert de sel », l’eau qui en sort est évidemment salée. Et se doucher ou se brosser les dents à l’eau salée, ce n’est pas génial. Il n’y a bien que pour les pâtes que ça peut servir !

Non content d’avoir été pas mal secoué la veille, nous poursuivons plus loin dans le désert avec deux intentions. La première est de tenter de voir les plaques de sel hexagonales vues sur des photos. La piste devenant très mauvaise avec de grosses ornières dans de la boue sèche, nous préférons bifurquer vers notre deuxième objectif que sont les dunes de sable. Il n’y a probablement rien d’exceptionnel à dévaler des dunes de sable ni à pique-niquer au pied de celle-ci. La vue est certes magnifique de la haut sur le désert, le lac, les dunes… L’intrusion d’un chameau pendant le pique-nique est certes amusante et assez surprenante mais… c’est sans doute le calme, la solitude, les joies simples qui font que nous passerons un moment parmi les plus agréables depuis notre départ. En effet, chaque élément séparément est anodin mais l’ensemble fait que nous avons pris un plaisir immense ce jour-là à cet endroit-là. L’alchimie a fonctionné.

Sur la route du retour, je m’ennui sévère. Les kilomètres défilent péniblement. Il n’y a plus la surprise de la veille. Alors pour rompre cette monotonie amplifiée par la fin de ce moment intense vécu dans les dunes, je décide de laisser les commandes aux enfants. Liou, la première parvient à maîtriser le volant et une fois cette étape assimilée je lui confie la pédale d’accélérateur. Bon, ok les deux en même temps ça fait beaucoup au début alors j’assiste à la direction en la laissant gérer l’accélérateur. Après deux ou trois débrayages pour cause de pied lourd, Liou prend confiance et parvient à gérer l’accélérateur et progressivement je redonne totalement la direction. Etonnant la capacité d’un enfant à assimiler si vite. Les kilomètres s’égrènent et j’en profite pour envoyer une petite photo sur Facebook puisque ma fille conduit ! Jade a le pied un peu plus lourd que sa sœur et je dois rester plus vigilant. Je débraye plus souvent et rattrape le volant lorsque nous commençons à grignoter le côté. Elle comme sa sœur sont heureuses et fières d’avoir accompli ça. Le petit frère voit plus le volant comme un jouet et à peine a-t-il le volant en main que nous sommes ballotés de droite et de gauche par de grands coups de volant. Ok il est encore un peu jeune !

Nous rejoignons notre bivouac de la gare à Kashan pour la nuit.

Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir
Le désert Dasht-e Khavir

Le désert Dasht-e Khavir

Quelques chiffres : (attention les Iraniens ne parlent pas en Rials mais en Tomans – un zéro en moins)

1500Rls pour un nan de 30*50cm soit 0.04euros

35000Rls pour un kg de tomates à Kashan soit 0.85euros

20000Rls pour un kg de PdT soit 0.5euros

30000Rls pour une douzaine d’œufs (au poids) soit 0.75euros

10000Rls pour un sandwich soit 0.25euros

5000Rls/litre de gazole + la commission de celui qui prête sa carte (70l pour 400.000Rls soit 10euros)

400.000Rls/kg d’amandes, pistaches, noix de cajou… soit 10 euros

Publié dans Actualités, iran

Commenter cet article

Mireille Brochard 21/12/2014 18:38

Merci pour ces longs et passionnants écrits !! Grâce à vous nous venons de "visiter" l'Iran ! c'est un pays fermé dont on ne parle pas beaucoup du point de vue touristique du moins. Les iraniens paraissent gentils, curieux et accueillants pour les visiteurs.
Joyeux Noël à vous 5 et j'espère que le père Noël, ses rennes et son traineau vont vous rejoindre !
Profitez bien et continuez svp de nous faire voyager avec vous.
PS: Le CC est magnifique ainsi décoré!

Jérôme 21/12/2014 01:51

Merci pour cette page d'aventure!
Pour ce qui est de la conduite, on confirme, rien n'est exagéré, c'est très très chaud.
Jérôme nomadistes.com

Christine Schmisser 20/12/2014 21:03

Bravo les Explorateurs !
C'est passionnant de lire le vécu de votre périple.
Ça doit être un peu frustrant de ne pas pouvoir échanger + à cause de la langue !
En tous cas, vous, vous avez vu et joué dans la neige ! Ici, même si c'est les Vosges, pour l'instant : que né-ni !!