Turquie - Fin - du 15 au 21 novembre 2014 - de Trabzon à la frontière de l'Iran

Publié le par BosTrotters

Samedi 15/11 : Direction l'Iran - Erzurum - km11183

Trabzon - Au réveil nous trouvons un petit mot de Rok, il est parti de bon matin. Il fait 20°C et cette température chutera dès notre montée dans les montagnes noires qui ont données leur nom à la mer adjacente. En effet, le col à 2400m fera tomber la température dans les négatifs -2°C et de la neige ! La route est parfois excellente, deux fois deux voies, et parfois en plein travaux. Ce qui nous vaut d’être un peu secoués et nécessite une grande attention au volant. Après avoir franchi cette barrière montagneuse nous filons sur une grande plaine à 2000m d’altitude direction l’Iran. Les paysages varient peu. Une grande plaine de prairies et de champs grillés par la sécheresse, le froid, l’automne. De part et d’autre des chaînes montagneuses dont quelques grands sommets portent un manteau blanc. La nuit tombe, il est à peine 16h00. La ville d’Erzurum dans ce cadre ne nous tente pas plus à priori. Mais les pancartes indiquant KAYAK Merkesi nous incite tout de même à y faire halte. Il faut savoir que Kayak en turc veut dire Ski et que merkesi veut dire centre. Faire du ski quelques jours après s’être baigné ça peut être sympa. Malheureusement la Turquie connaît une sécheresse exceptionnelle cette année et la saison de ski n’a toujours pas commencée. Nous arrivons donc à Erzurum et la première chose qui nous surprend (encore malgré nos deux mois de Turquie) c’est la vie trépidante de son artère principale. Ici les têtes se tournent à notre passage, les mains s’agitent. Il est surprenant de voir de tels contrastes selon les villes et les régions. Parfois nous passons inaperçus, parfois au contraire, nous sommes l’attraction. A peine garés devant une mosquée. Trois jeunes filles passent, regardent, continuent, font demi-tour et viennent échanger quelques mots en rigolant malgré la barrière de la langue. Deux petits garçons utilisent l’Anglais appris à l’école pour savoir d’où nous venons. Un homme s’arrête, essaie de dire quelque chose puis abandonne faute de trouver comment le dire… Nous écoutons nos sensations et ici le « feeling » est bon. Nous nous baladons et je m’arrête net en croisant trois « black ». Je ne l’ai pas fait exprès et cela peut paraître péjoratif, mais il n’y a pas (ou très peu) d’Africains en Turquie. Eux aussi nous regardent. Nous continuons mais quelques mètres plus loin, Mamadou, Sénégalais, et Amine, Marocain, nous ont rejoints et nous échangeons sur les raisons de nos présences. Eux ont obtenus une bourse et sont ici pour étudier. Même si l’endroit est surprenant, ils apprécient car ici ils se sentent bien, ils sont choyés, leurs amis à Istanbul ou Izmir n’ont pas ce privilège. Alors même si les températures n’ont rien à voir avec leurs pays d’origine, ils semblent heureux dans l’Est Turc.

Encore une fois je suis à court de « cartes de visite » que j’imprime sur notre imprimante portable. La petite boutique sur la grande artère n’a pas ce que l’on cherche. Qu’à cela ne tienne, le vendeur demande à un client de nous amener là où nous trouverons. Refah, derrière son bureau nous accueille, il parle Allemand car il y passe 2 mois sur 4. Mais il se débrouille très bien en Anglais. Pour l’autocollant FRANCE avec le drapeau en 4 exemplaires il nous demande 10 Lires (3 Euros) et donne des instructions à un collègue pour qu’il se mette immédiatement à la réalisation. « Pouvez-vous aussi faire de grands Stickers pour décorer un véhicule ? » « Oui, mais pas ce soir (samedi 19h) » Rendez-vous est pris le lundi matin à 9h.

Le Dimanche sera utilisé à nettoyer le camping-car qui accusait un bon mois de poussières et de boues. Le lundi, nous nous attèlerons à retirer les stickers d’origine et à tenter de retirer la colle sans retirer la peinture. Pas évident ! Il gèle et les stickers cassent. Le soleil qui fuit, une fois encore, nous contraint à reporter au lendemain la pose.

Mais le mardi, nous voyons le camping-car se métamorphoser. D’une simple boîte blanche il devient tout coloré et recouvert de tous les continents. Enfin son aspect extérieur correspond à notre vision, plein de couleur et synonyme de voyage. Le temps nous avait manqué avant le départ. C’est chose faite ! Il leur aura néanmoins fallu 6 heures pour poser l’ensemble des stickers mais le travail de BIROLREKLAM est soigné.

Nous ne bivouaquerons pas ce soir sur le parking, les réveils en « musique » à 5 heures nous épuisent. Les muézines règlent le volume trop fort. Ce n’est plus de la ferveur religieuse à ce niveau-là !

Notre passage à Erzurum aura permi de décorer le CC.
Notre passage à Erzurum aura permi de décorer le CC.
Notre passage à Erzurum aura permi de décorer le CC.
Notre passage à Erzurum aura permi de décorer le CC.
Notre passage à Erzurum aura permi de décorer le CC.
Notre passage à Erzurum aura permi de décorer le CC.
Notre passage à Erzurum aura permi de décorer le CC.

Notre passage à Erzurum aura permi de décorer le CC.

Mercredi 19/11 : Erzurum – Dogubayazit - km11549

Le paysage ne varie guère, nous restons dans la plaine. Nous rencontrons un Tchèque à vélo à qui nous offrons une boisson chaude le temps de lui imprimer quelques infos sur l’Iran. Nous hésitons toujours, prendre la direction de Van et du lac pour passer par la frontière de Kapikoy réputée pour son absence de corruption par les voyageurs où préférer la plaine à la montagne et s’économiser beaucoup de kilomètres mais au prix d’une lutte à la douane Iranienne aux dires de ceux qui ont fait l’expérience du poste de Bazargan. Nous ne voulons pas par principe « payer » notre passage en Iran.

Nous décidons de remettre la décision au lendemain dans la mesure où nous pouvons garder les deux options en bivouaquant à Dogulbayazit. D’autant que de là nous pourrons admirer le Mont Ararat. Celui où Noé s’est échoué ! Pic de 5000m au milieu d’une plaine. Le dernier réveil de ce colosse endormi date de 1840. Autant dire qu’il somnole seulement.

Il est visible depuis longtemps lorsque nous approchons de Dogulbayazit. Et autant dire que la majesté de ce volcan contraste avec la ville. Elle ne ressemble en rien à ce que nous avons vu jusque-là. Des routes défoncées, des vendeurs de carburant à la sauvette, des rues délabrées, des ferrailleurs de tous les côtés. Bref, nous regrettons déjà d’avoir pensé y dormir et les enfants qui nous jettent des pierres nous confortent dans notre sentiment. Cette ville est ce que nous avons vu de pire, sans aucun doute. Jamais on ne nous avait agressés depuis notre départ. Immédiatement, nous n’aimons pas ce lieu et le flot de circulation nous poussera dehors trop lentement. Nous ressortons d’ici meurtri. Liou, Jade et Alix ne peuvent comprendre la situation, ils la vivent mal. Jade veut sourire aux enfants quand un caillou heurte la fenêtre au niveau de son visage. Nous n’avions que de bons souvenirs de ce pays, Dogulbayazit sera l’exception. Le hasard et une pancarte touristique marron nous sortent d’ici, le palais d’Ishak Pacha se trouve en surplomb de la ville, ce sera un magnifique bivouac ! Au calme. Que penser de ce que nous venons de vivre. La Turquie abandonne-t-elle cette région frontalière agitée ? L’omniprésence de l’armée doit-elle nous rassurer ou nous inquiéter. En bon Français pour qui la guerre n’est qu’images à la télé, nous ne pouvons comprendre et interpréter correctement les luttes actuelles dans ces régions. Pouvez-vous imaginer que l’on se tue en Alsace ou dans les Pyrénées ? Alors comment comprendre ici. Nous ne sommes pas en Syrie, mais proches de l’Arménie, des territoires Kurdes, de l’Iran… Nous commençons à être confrontés à la réalité de ces régions et notre esprit n’y est pas adapté. Incapable d’interpréter exactement ce qui se joue ici. J’étais mal à l’aise à Erzurum lorsque cet homme posant ses mains sous ses oreilles, paume vers le ciel, me répétait « Israël Bad, Iran Bad, Allah Ouakbar ». Rester neutre, ne pas répondre, au risque d’aggraver mais parvenir à se sortir de cette « discussion » stérile sans froisser ! Certains, ici, sont prêts pour ces luttes. Nous n’avons, de par notre âge, jamais connu de conflit nous concernant. Le JT de TF1 ou BFM c’est de la fiction…

Jeudi 20/11 : Peu de kilomètres – Beaucoup de sensations

Le soleil perce à travers le store, il est 7h00. Je saute hors du lit munit de mon appareil et profite du deuxième plus beau lever de soleil qu’il m’a été donné de voir depuis le départ. Toute la plaine est dans la brume, le palais et les montagnes environnantes percent cet épais manteau. Ils semblent flotter dans le ciel. Un vrai moment de plaisir. Agréable après l’épisode et le questionnement d’hier. Le soleil réchauffant la brume, celle-ci ne met pas longtemps à s’élever et à nous englober tout entier. Dommage. Nous visitons le palais mais pas les ruines du château très proche à cause de la vue totalement bouchée.

Je ne suis pas trop motivé à redescendre à travers Dogulbayazit mais la seule alternative est un chemin de montagne. Pas adapté. Donc c’est avec appréhension que l’on pénètre à nouveau sur la rue défoncée. Il ne faudra pas 2 minutes avant que l’on se voie à nouveau réclamer des sous de façon très pénible. Plus loin, les Talkie-Walkie permettent à Mélanie de me faire stopper les achats au supermarché à temps pour éloigner un gamin devenu trop pressant. Il n’aura pas le temps d’armer son bras chargés de gravillons que je l’empoigne et lui indique la direction à prendre sous le regard d’un vigile totalement immobile ! Nous quittons non sans regret cette ville. Heureusement que la vue se dégage sur le mont Ararat. Tellement plus agréable.

La présence d’un cratère de météorite remarquable selon le guide nous convainc de passer par le poste de douane de Bazargan malgré sa mauvaise réputation. Nous y donnons rdv aux trois Allemands à vélo (rencontrés à Trabzon) que nous dépassons sur la route. Mais c’était sans savoir que le site si proche de la frontière est en zone militaire et qu’il nous faut donner nos passeports pour y accéder. Ces mêmes militaires finiront par nous déloger de notre bivouac commun et nous escorter en VBL jusqu’au camp de Jandarma situé non loin de là. La zone est trop dangereuse selon eux. « TERROR, ATTACK » !? Et les Jandarma ne voulant pas s’encombrer de 8 touristes donneront l’ordre aux gardiens d’un parking gardé de nous y accueillir pour la nuit malgré la fermeture de celui-ci (alors pourquoi ces gardiens ???). S’ils n’avaient été à vélo et si la nuit ne les y avait pas contraints, nous serions peut-être retourné un peu sur nos pas, mais là, nous sommes obligés d’accepter la « proposition ». On en profitera tout de même pour rigoler à huit dans le camping-car de notre situation un peu spéciale autour d’un plat de pâtes et légumes (ils sont végétariens et font 100 à 150km par jour avec un vélo de 35kg !). Ils pourront au moins dormir au chaud dans le camping-car pour une nuit (on peut donc dormir à huit dans notre camping-car !). Cela les change de leur tente par ces températures hivernales. Nous sympathiserons même avec Fox le renard blanc qui nous suit à chacune de nos sorties pipi.

La beauté du palais Ishak Pasha au lever du soleil et le mont Ararat!
La beauté du palais Ishak Pasha au lever du soleil et le mont Ararat!
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La beauté du palais Ishak Pasha au lever du soleil et le mont Ararat!
La beauté du palais Ishak Pasha au lever du soleil et le mont Ararat!
La beauté du palais Ishak Pasha au lever du soleil et le mont Ararat!
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La beauté du palais Ishak Pasha au lever du soleil et le mont Ararat!
La beauté du palais Ishak Pasha au lever du soleil et le mont Ararat!
La beauté du palais Ishak Pasha au lever du soleil et le mont Ararat!

La beauté du palais Ishak Pasha au lever du soleil et le mont Ararat!

Vendredi 21/11 : Poste frontière de Bazargan – km11586

Nous mettons trois heures à nous préparer, il faut dire que nous ne sommes pas pressés de nous faire de nouveaux adieux, de s’approcher à nouveau de la zone frontalière et de devoir faire toutes ces « formalités » douanières. La sortie de Turquie est vite réalisée. Même si elle n’est pas logique car nous devons abandonner le véhicule, passer à pied comme des piétons puis remonter la file d’attente à l’envers pour rejoindre notre camping-car et se faire un peu presser par les chauffeurs bloqués derrière nous dans la file. Rien de bien méchant tout de même face à l’appréhension du poste se trouvant un peu plus loin sous le drapeau et les portraits des guides de la révolution.

Nous sortons de Turquie.

BILAN de la Turquie :

En chiffre :

61 Jours, 5000km, de -2°C à +35°C, de 0m à 2400m d’altitude, du soleil, des nuages, de la pluie et de la neige. Budget moyen (hors boîte de vitesse) : 58€/j pour un objectif à 50€/j

Mais surtout :

Nous avons aimé : Les paysages, les vestiges, les monuments. Le dynamisme de ce pays (activités économiques). L’accueil. Les parcs avec jeux dans toutes les villes (en France nous avons un siècle de retard). Les routes déjà refaites.

Nous avons moins aimé : L’absence ou la très mauvaise conservation des sites antiques qui sont exploités mais pas entretenus. L’apparition de l’extrémisme islamique qui était absent ou non visible il y’a dix ans. Les travaux non signalés.

Publié dans Actualités, Turquie

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MONTIER Jean-Marie 19/12/2014 11:15

On attend avec impatience la suite, joyeux Noël - où que ça soit - et bonne année. Pascale et Jean-Marie

Aurélie Nicola 19/12/2014 06:32

Coucou les Bos Trotters!
C'est quand que vous arrivez dans le Golfe persique? Ca nous ferait plaisir de vous voir. Je suis guide touristique officielle de l'Emirat d' Abu Dhabi. C'est avec plaisir qu'on nous vous montrerions une partie des EAU. A bientôt. Famille Nicola