Iran 1 - l'entrée par Bazargan le 21 novembre 2014

Publié le par BosTrotters

Vendredi 21/11 : L’entrée en Iran

Je détaille volontairement le processus pour les amateurs ! Je ne ferais pas d’interro aux autres !

1ère étape : La fouille

Donc les formalités Turques terminées nous avançons et passons le portail. Une petite guérite sur notre gauche abrite un fonctionnaire qui nous demande les passeports. Il faut que l’on se présente à lui à pied (décidément c’est une tradition ici ?). Lors de la vérification des passeports, je dois lutter pour décliner les services d’un homme en civil qui veut m’aider, il est policier (oui et moi je suis Ben Laden, oups ne pas faire la blague ici). Mince j’insiste à refuser qu’il prenne mes passeports et indique ne souhaiter m’adresser qu’à des personnes dont la fonction est claire, à savoir que le port d’un uniforme me satisfait généralement mais la carte plastifiée écrite en Persan, un peu moins !!! Oups la boulette, lui est vraiment le policier chargé de contrôler le véhicule, mais il obtempère et se fait accompagner d’un militaire (oui, voilà un uniforme qui me convient !). La fouille, si l’on peut appeler cela une fouille, est brève, il ouvre les placards, jette un œil, ne cherche même pas à regarder dans les soutes sous les sièges, ni à l’avant, ni dans la caisse à l’arrière, ni dans le coffre de toi ! Il s’arrête juste sur le vinaigre, il se doute bien qu’il y a de l’alcool là-dedans mais vu l’odeur, ça passe. Ils ouvrent les placards du haut, je les aide (ça plaît toujours, j’aime bien faire un tout petit peu de zèle dans ces situations). A la question, « Whiskey ? » Je réponds « Finished yesterday evening » « I know it’s forbiden in Iran, so we finished everything ! » que l’on peut traduire par « on a tout bu en votre honneur ! » Ma détente et ma fermeté leur suffit, nous pouvons continuer.

2ème étape : La propagande

Une dame (précisons qu’elle est tout de noir vêtue) parlant parfaitement Anglais était présente et a discuté avec Mélanie, mais elle semble aussi avoir donné quelques instructions dans la situation précédente.

Elle nous accompagne aux formalités passeport par un couloir derrière la fameuse petite guérite. Formalités qui se font avec une rapidité déconcertante… parce qu’ils ont besoin de nous pour quelques photos de famille, avec la brochure touristique locale et bien sûr on nous demande quelles villes nous allons visiter, pourquoi, combien de temps… ? Vous aussi vous vous demandez ? Ben oui, même après la belle photo de famille devant le camping-car, il nous reste un doute ! Il faut dire que j’ai bien du répéter notre projet touristique à 6-8 personnes différentes ici. Journalistes certainement ! Alors quelle belle brochure touristique toutes ces photos vont faire !

3ème étape : Le « Carnet de Passage »

Nous pouvons désormais aller plus loin pour le « Carnet de passage » (terme international, oui en Français !). Pour les novices, il s’agit d’un carnet que l’on doit demander à l’Automobile club et qui sert de garantie si l’on ne ressort pas le véhicule du pays. Alors le pays est en droit de réclamer les droits de douane afférant au véhicule. Et pour cela nous avons dû cautionner préalablement une somme non négligeable auprès de l’Automobile-Club. Donc on avance le véhicule de 20 mètres, juste avant la porte du bâtiment à notre gauche. On prévoit : Le carnet, le passeport, le certificat d’assurance (s’il est valable en Iran, ce qui est mon cas à ma grande surprise), deux photocopies du passeport et du visa.

Le cher monsieur derrière sa vitre ne veut visiblement pas être dérangé et m’envoi dans une salle qui ressemble à s’y méprendre au contrôle des bagages à l’aéroport. Sauf que ce n’est juste pas un aéroport mais tout de même une douane. Là une foule de personnes. Je m’adresse à un uniforme, ben oui on dit que les femmes aiment l’uniforme, ben moi aussi mais je lui trouve un côté rassurant en voyant toutes ces personnes qui veulent toutes m’aider. Mais qui est qui au juste ? Je suis obligé de croire l’uniforme assis et m’adresser à un grand au sommet du crâne dégarni et au visage pas très apaisé. Il lit, parle anglais (c’est déjà ça). Je refait le coup du « No intermediate, I will not pay», il s’adresse à la seule personne (sans uniforme) qui sorte du lot, un grand cadre au costume bleu. Plutôt typé Européen. Il semble être le patron ici, tout le monde lui demande un autographe. Après que mon premier eu écrit quelques bricoles au dos du feuillet du carnet, l’homme au costard bleu fait de même. Nous pouvons aller dans l’entrée au bureau derrière la vitre. Il me tend une feuille écrite en … je ne sais pas quoi, mais il y’a des pointillés à compléter. Il veut juste que j‘aille dans la fosse aux lions faire trois copies de ce document vierge. Donc retour dans la salle des bagages et il faut franchir la fameuse porte où des dizaines de têtes vous regardent avec des dollars dans les yeux ! Juste à côté du bureau de Costard bleu. Après avoir décliné le Change, le I will help you, se diriger à droite dans la boutique qui possède le monopole de la photocopieuse. Le tarif dépend de ton aplomb. Je ne lâche rien et ne tend que mes 3 lires pour 5 copies alors qu’il m’en demande 5. A ce prix il est encore gagnant. Donc prévoyez les copies de vos passeports et visas, c’est toujours ça de gagné.

Retour au bureau vitré de l’entrée. Il remplit quelques lignes, passe le carnet à son voisin. Sort un autre papier. Des signatures, des tampons…

Il veut me « passer » à une personne qui est là pour « m’aider ». Je décline. Il m’accompagne dans un bureau situé côté sortie d’Iran. Dans la rangée de ce bâtiment qui correspond au côté droit pour les véhicules qui sortent. Un seul bureau semble occupé. Une pancarte bleu. Un homme seul avec sa télé, son lit de camp, sa théière et son bureau. Quelques échanges, la signature et le tampon. Un autre homme glisse un billet. Moi pas. Qui est-ce ? Que fait-il ? Quel rôle ? Je n’en sais rien mais j’ai mon tampon. En sortant, mon grand dégarni m’amène vers le contrôle des passeports (le tout premier et pour rien car on fera demi-tour en chemin) et en chemin me demande 20€ pour l’aide. Je décline. Face à son insistance, j’argumente. Mais je commence à me demander si la complexité des procédures n’est pas uniquement faite pour que du monde empoche au passage. Il me fait comprendre qu’il m’a aidé et qu’il faut payer. Dans mon blabla il doit croire que je vais lâcher prise car il me ramène au bureau vitré, son collègue enregistre mon carnet. On retourne au costard bleu, re-tampon et signature sur le petit papier maintenant. On retourne au camping-car, vérification du numéro de châssis, je l’aide à le trouver (moi aussi je l’aide !). Retour au bureau vitré. Re-tentative de gratter les 20euros, puis 10 puis 5. Non ! Il me tend mes papiers. Pas content mais pas le choix.

4ème étape : le lavomatic !

On avance, et on n’a pas bien le choix ! Il semble qu’il faille passer sous le tunnel qui asperge de désinfectant. Mais pour ça il faut payer ! Mince, j’ai beau essayer, là je dois me résigner. C’est 100000Rials et comme je n’ai pas de dollars en billet, ou d’euros en billet. Précisons tout de suite que 100000Rials ça fait 2euros50 ! La horde de « Change » me propose un taux que je ne peux refuser, pas le choix 1/35000 ! Je perds 5000 au passage (25cts d’euros !).

5ème étape : le portail tout en bas de la route !

Oui parce que quand vous pensez en avoir fini, y’en a encore ! Donc une cabane perchée semble gérer la barrière qui cette fois représente la sortie. A nouveau le carnet, le papier aux trois cachets et signatures (c’est pour ici), l’attestation d’assurance. Oui, ici ils veulent vous imposer l’assurance. Mais ils sont surpris que je sois déjà assuré. Mince. Il me glisse dans l’oreille « Don’t take insurrance » quand je sors comme pour se racheter d’avoir essayé. Un homme insiste encore mais sans succès. La barrière s’ouvre, nous voilà libres !!!

Durée des formalités : 1h30 pour les deux douanes

Coût : 3 lires Turc (1€) pour les photocopies, 100000 Rials(2.5 €uros) pour la désinfection.

Et nous nous en faisions une montagne. La morale : être ferme et résolu à ne pas se laisser embrigader par les « services ». On ne m’a jamais parlé ni de plaques d’immatriculation, ni de carte Gazoil. Hasard, Chance ou Fermeté … ?

6ème étape : le Change

Parce qu’on est vraiment libre que quand on peut s’affranchir des problèmes matériels, il faut bien des Rials. C’est vendredi, les banques sont fermés, Visa et Mastercard ont oubliés l’Iran, les changeurs à la sauvette ont un taux très avantageux (pour eux). Donc peu après la barrière, je me gare à droite, le bel hôtel me fera le change sans soucis. Et il en fera de même à nos amis Allemands qui nous ont rejoints entre-temps. Ils sont 5 désormais car Lena et Monsieur Diabolo les ont retrouvés. Un remake de la Visa-party de Trabzon ? Le cycliste Tchèque rencontré après Erzurum sur la route est encore à la douane. Et pendant que nous discutons du caractère insolite de ces retrouvailles, nous nous faisons photographier par un asiatique ! Décidément ils sont partout ! Il s’agit en fait aussi d’un cycliste Taïwanais qui, lui, va sortir d’Iran. Nous lui donnons notre carte de Turquie, il donne celle d’Iran (qu’il avait reçu d’un Suisse qui la tenait d’un Allemand). Re-adieu !

A nous l’Iran !

Publié dans Actualités, iran

Commenter cet article

Mary 18/12/2014 22:55

Merci pour ces infos, ça pourrait nous servir dans les mois qui viennent ! Nous aussi on hėsite entre ce poste et celui proche du lac de Van... On verra au feeling quand on y sera. Bonne continuation en Iran, et n'hésitez pas à laisser quelques coordonnées GPS de bivouacs particulierment chouettes ;-)