Soudan - Un pied en Afrique - du 11 au 23 mars 2015

Publié le par BosTrotters

Soudan - Préambule

En général, je prends la plume après quelques jours de façon à prendre du recul et à mieux analyser nos expériences, néanmoins l’entrée au Soudan nous a donné de telles sensations que je ne peux me résoudre à attendre au risque d’oublier de vous retranscrire ce qui nous agite.

Et vous décrire cela ne peut être fait sans rappeler le passé très proche. Hier mercredi donc, nous sommes sortis d’Egypte où nous avons passé un mois. Un mois à voir des paysages merveilleux, des sites historiques qui vous font vous sentir tout petit et relativiser les « exploits » d’aujourd’hui, un mois d’émotions en dents de scie pourtant. Autant nous avons été agréablement surpris de l’accueil des Egyptiens dont nous craignions que le tourisme leur ai fait perdre totalement le sens de l’accueil, autant nous avons soufferts de la pression policière qui faisait peser un sentiment d’insécurité permanent et nous a empêché de nous poser et profiter pleinement. Un mois aussi à réclamer en permanence le « prix égyptiens » et non le « prix touristes ».

Alors les premiers contacts au Soudan sont déroutants. Oubliez tous vos préjugés, oubliez la charia, oubliez la guerre au Darfour, les luttes d’indépendance du Sud-Soudan, oubliez tout ce que dont on nous parle à longueur de journaux télévisés du 20h. Le Soudan que nous découvrons n’est pas ce pays-là. De la naïveté vous direz ? Non, tout simplement la différence entre notre vision occidentale à travers les pseudo-analyses journalistiques vites ficelées et le pays tel qu’il se vit de l’intérieur. La France peut-elle être résumée à des essais nucléaires ? Des parisiens aigris qui ne parlent pas un mot d’Anglais ? Des râleurs insatisfaits ? (là peut-être un peu quand même !) Des malversations de la France-Afrique ? Des scandales politico-financiers de nos élites ?

Alors si l’on oubli effectivement tous nos préjugés et que l’on parle plutôt de cette contrée de la haute vallée du Nil. Celle qui abrite la terre de Nubie. Alors on prend une gifle. On met un pied en Afrique noire. Les pistes remplacent le goudron. Les femmes sont à nouveau visibles dans la rue, elles travaillent, même avec l’uniforme. Mélanie existe à nouveau, elle n’est plus du tout ignorée comme elle l’était totalement dans tous les précédents pays, même s’il y avait une amélioration en Egypte. Le teint mat des arabes laisse place à une peau plus foncée voire totalement noire. Les vêtements y sont colorés. Le silence remplace les klaxons incessants de l’Egypte. Les regards s’accompagnent toujours de sourires, de bonjours, de poignées de mains. La chaleur qui nous étouffait à notre arrivée (jusqu’à 44°C au poste frontière) est à la hauteur de la chaleur humaine de ce peuple.

Nous sommes en permanence assaillis de salutations, de bienvenus, d’invitations à boire le thé.

Bref, nous ressentons du plaisir… et le bonheur d’être ici en balayant nos préjugés si tenaces.

Devant la douane du Soudan
Devant la douane du Soudan

Mercredi 11 mars 2015 : Entrée au Soudan sous forte chaleur ! - km25910 - Jour223

Nous quittons le poste Egyptien et franchissons un petit No-Man’s-Land sur quelques centaines de mètres. Normalement cette distance aurait dû être franchie très rapidement, mais nous mettrons plus de 2 heures à pénétrer la douane Soudanienne.

A notre arrivée, on nous dit « 5 minutes »… Mais ensuite on nous donne diverses explications pour justifier l’impossibilité de passer. D’abord, les 4x4 venant d’Egypte ne sont plus acceptés pour éviter qu’ils soient revendus au marché noir au Soudan. Mais comme cette explication ne concernait que les deux autres véhicules ; celui de Suzana qui vit au Caire et celui des Pakistanais venus d’Oman, on finit par nous dire que c’est sur ordre du ministère. Qu’ils ont reçus la veille des ordres de ne plus laisser entrer de touristes en véhicules sans qu’ils aient une agence qui aura fait toute une série de demande au moins un mois auparavant… Bref on se fout de nous et avec beaucoup d’aplomb. Le souci c’est que celui qui nous délivre ces infos est justement le « Fixer » qui est censé s’occuper pour nous de toute la paperasse et dont on ne devrait pas devoir douter de l’honnêteté. Mazar n’a rien à voir avec Kamal, notre « fixer » égyptien. Il a le regard fuyant, il a toujours des explications là où Kamal est plutôt d’apparence débonnaire mais terriblement efficace. En général, je fais confiance à mon instinct mais là il y a quelque chose de pas clair chez Mazar. Cela se confirmera, c’est un menteur, mais pas un menteur dans le sens escroc, non un menteur malgré lui.

Les militaires veulent que l’on se gare sur le côté pour ne pas gêner le passage d’autres véhicules et cela n’est pas de mon goût. Les 4x4 obéissent sagement. Mais le thermomètre continu de grimper. Il fait 40°C et le soleil tape très fort. Il n’y a pas d’ombre mais il y a du vent heureusement. Alors je reste devant la grille et leur explique que si je me gare sur le côté, ils vont nous oublier… Tout en laissant passer les rares véhicules qui se présentent. Les minutes sont longues sous cette chape de plomb. Les 5 minutes soudanaises… Nous buvons des litres d’eau. La famille pakistanaise n’a ni eau ni nourriture. Que font-ils ici ? Où vont-ils réellement ? Difficile à savoir. Nous hébergeons quelques temps le bébé et sa maman qui peuvent ainsi profiter de la « fraicheur » de notre camping-car dont le moteur tourne bruyamment pour permettre à la clim d’abaisser de quelques degrés la canicule extérieure. Le thermomètre culmine à 44°C alors que je parviens à abriter la cabine à l’ombre du portique. Il fait 35°C dans le cc. Les enfants ne parviennent pas à faire le CNED dans ces conditions ! Mais ils sont formidables, ils jouent, dessinent, découpent sans se plaindre. Ils sentent bien la vague de chaleur qui pénètre le cc chaque fois que l’on ouvre une porte alors ils se satisfont de leur situation.

Cela fait plus de deux heures que nous sommes bloqués ici et pourtant on croirait y avoir passé une journée. Et ce ne sont pas les paroles de Suzana ou des douaniers qui vont nous remonter le moral. Les voyageurs évoquent des attentes parfois très très longues. Nous n’avons pas envie de camper ici même si le sujet est évoqué. Alors si nous pouvons utiliser la carte des enfants blonds qui souffrent de la chaleur…

Finalement on nous fait signe que c’est bon. Nous essayons de comprendre ce que le OK veut dire tant nous sommes désormais perplexe. Mais oui, ils ouvrent la grille et nous pouvons entrer sans autre explication. Nous ne saurons donc pas la réelle raison de cette attente. Est-ce vraiment l’histoire des 4x4 revendus au marché noir ? Peut-être un peu car ils se verront imposés des plaques de transit et pas nous. Est-ce une directive du ministère ? Ou bien est-ce tout simplement l’absence d’électricité qui nous fera aussi patienter jusqu’à 20h ? Selon Mazar, il doit écrire une lettre où il se porte garant de nous… Encore des paroles…

En tout cas l’attente dans l’enceinte de la douane est psychologiquement moins éprouvante. Il y fait tout aussi chaud mais les heures passent plus vites.

Mazar disparaît de longs moments sans que l’on sache véritablement s’il s’occupe de nous comme il est censé le faire. A l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai pas la réponse. Il nous aura laissé une impression mitigée jusqu’à la fin.

Au gré des courtes périodes où l’électricité permet aux douaniers d’enregistrer les passeports (ici ils ont des ordinateurs contrairement à l’Egypte !), la paperasse avance. Mais à 20h, Mazar n’a toujours pas tous les documents et on nous indique qu’ils finiront le lendemain, nous pouvons y aller ! Pas d’inspection ! Décidemment, on nous fait toute une histoire des fouilles aux frontières, nous sommes jusque-là épargnés. J’avais pris soin de cacher les sauvegardes de l’ordinateur, de la tablette et des portables et de laisser ceux-ci bien légers pour la fameuse fouille des images ou documents islamiquement indécents… Cela aura permis d’être à jour dans les sauvegardes.

Il fait nuit mais la ville de Wadi Halfa n’est qu’à une trentaine de kilomètres et nous bivouaquerons sauvagement dans le centre. Nous nous attendons à une ville de frontière, une ville dortoir pour les fonctionnaires comme nous en voyons depuis notre départ… Erreur.

Il est tard et pourtant la ville est en effervescence. Les commerces ont tous la devanture éclairée. Il faut dire que tous les bus retenus à la douane sont arrivés juste avant nous. Nous nous garons devant la poste. A peine le moteur coupé que l’on vient nous saluer, nous accueillir. En deux minutes nous savons où trouver tout ce que l’on peut chercher. Le poste de police pour s’enregistrer le lendemain, le resto où acheter des fallafels, celui pour le poulet, l’autre pour la viande… La boulangerie pour le pain, la boutique pour la carte sim…

Malgré que nous ayons tous pris une douche la veille à Abou Simbel en profitant de la disponibilité d’eau à volonté, nous entamons notre réserve par une bonne douche froide pour nous rafraichir et nous endormir… Le Soudan a la réputation d’être un pays moins évident pour recharger en eau. Alors nous avons également rempli notre réservoir supplémentaire de 100litres. Depuis le départ nous ne l’avons utilisé qu’en Grèce, car les pays musulmans ont cet avantage de mettre l’eau à la disposition de tous notamment pour les ablutions. Donc nous n’avons jusqu’ici jamais trop eu de difficultés à recharger. Avec notre réservoir de 100litres nous tenons environ 3 jours. Le double avec le deuxième réservoir rempli.

Une foule s'amasse à notre arrivée
Une foule s'amasse à notre arrivée

Jeudi 12 mars 2015 : Découverte de l’hospitalité soudanaise

Au réveil, nous découvrons que la chaleur a été balayée par le vent. Mais le vent a apporté avec lui le sable rouge. Comme il faisait chaud, nous avions ouvert les lanterneaux pour profiter de la « fraîcheur » de la nuit. L’intérieur du cc est rouge. Une couche de poussière fine recouvre tout. Et dire que nous avions fait un grand nettoyage quelques jours auparavant. De toute façon nous ne pouvons pas sortir les coussins pour les taper, dehors le vent soulève un nuage de poussière qui trouble la vue. Mais il fait frais ! A peine 32 !

Nous procédons à notre enregistrement auprès du poste de police. La procédure prend un peu de temps mais n’est pas compliquée, juste très onéreuse (1930pounds soit 230euros). Le même prix que les visas. À cela s’ajoute les 100 dollars pour les frais de Mazar à la frontière (dont 20 euros d’assurance). Cela en fait un pays très cher au niveau des frais douaniers. Devant l’Egypte et l’Iran.

Tout au long de cette journée, nous sommes salués, aidés, invités… L’accueil est hors normes et les sourires permanents. Ceux qui ne vous saluent pas spontanément sont en fait juste surpris et nous n’avons qu’à faire un petit signe de la main pour les libérer et les voir nous répondre joyeusement. Quel bonheur !

Les gens ici sont effectivement très accueillants. La réputation des Nubiens est méritée. Nous étions prévenus. Par contre on nous avait également prévenus de la très mauvaise réputation des Egyptiens au Soudan. Et c’est vrai, les Egyptiens sont très mal considérés ici. Ils les disent voleurs, menteurs et malhonnêtes. Nous aurons, sur cette seule journée, plusieurs occasions d’entendre cela et cela nous mets terriblement mal à l’aise car nous n’avons pas eu à nous plaindre de cela pendant le mois que nous venons d’y passer.

Nous découvrons un parc avec des jeux pour les enfants et faisons connaissance avec Sabri, un père, venu avec 4 enfants en tuc-tuc. Il vient d’un village situé à 120km de là. Akasha. Il travaille ici et retourne régulièrement au village. Sa femme est restée dans leur maison, ici à Halfa, car elle est enceinte et ne peut supporter le tuc-tuc. Il nous parle de son village tout en offrant glaces aux enfants et thés à nous.

Wadi HalfaWadi Halfa
Wadi Halfa
Wadi HalfaWadi Halfa

Wadi Halfa

Shahin et sa fille
Shahin et sa fille

Vendredi 13 mars 2015 : Akasha

Nous quittons Wadi Halfa après le CNED des enfants et prenons la direction du sud en longeant le Nil. Nous avions deux possibilités, rejoindre Khartoum par l’autoroute du désert, mais elle est bien sableuse pour une autoroute… Et longer le Nil, dont la route asphaltée est d’excellente qualité. De toute façon c’était notre volonté malgré la crainte de trouver la même « qualité » de route qui longeait le Nil en Egypte plus adaptée aux tracteurs qu’aux cc.

Ayant été intrigué par Sabri la veille, nous avons décidé de nous arrêter à Akasha. Mais seules trois pistes permettent de s’y rendre depuis la route. La première part en lacet à travers la montagne, très peu pour nous. La deuxième n’est pas le choix du GPS et comme nous espérons encore trouver une route plutôt qu’une piste nous arrivons à la troisième que nous empruntons car nous aimons les challenges ! Après quelques kilomètres à nous faire secouer, des habitations apparaissent de part et d’autres de la piste, mais tout semble bien calme. Ce n’est qu’en arrivant près du Nil que nous apercevons des hommes en train de faire un brin de toilette dans l’eau bien trouble du fleuve. Nous déjeunons installés à l’extérieur et répondons aux nombreuses salutations des passants qui viennent voir ce que cet étrange véhicule peut bien être et faire ici. Toujours par groupe de 3, jeunes hommes, filles ou hommes plus âgés défilent. Nous rigolons avec eux de notre méconnaissance de l’arabe ou du Rotanna, la langue Nubienne locale. Les visages affichent tous de larges sourires. Tous nous accueillent par un Salam ou un Tammam ? (ça va ?) auxquels nous répondons par des Walekum Salam ou des Tammams. Mais là s’arrête notre pratique de l’arabe et ils le comprennent vite !

C’est alors que je m’étais posé pour une petite sieste à l’intérieur que Mélanie se voit interrogée par un homme en uniforme sorti d’un 4x4 blanc. « Vous venez d’où ? » puis « Qu’est-ce que vous faites là ? » sur un ton de plus en plus agressif. Mélanie n’aura pas le temps de répondre qu’un habitant s’adresse au policier. Le ton monte instantanément entre les deux hommes, l’échange se transforme en affrontement très bruyant et du monde afflue de partout pour séparer les deux hommes. Un autre homme du même 4x4 a désormais un fusil à la main. Les enfants et Mélanie sont à l’intérieur et je range rapidement la table, ferme la porte et la clé est dans le contact. Nous observons dans le rétroviseur. De toute façon je ne peux pas partir, le 4x4 est sur le chemin et un camion d’eau s’est arrêté derrière. Le calme revient finalement au départ du 4x4. Et nous ne comprenons qu’à posteriori ce qui s’est passé. Il s’agissait d’un garde-chasse un peu trop zélé et le villageois a pris notre défense en remettant à sa place l’uniforme à l’égo surdimensionné.

Nous hésitons à poursuivre notre route après cet épisode peu rassurant mais bien vite on vient s’excuser du comportement de l’individu en nous priant de rester. Je m’en vais remercier le villageois et nous sommes invités à prendre le thé par Zilal. Elle a 20 ans et est venue nous voir avec deux copines plus jeunes. Elle parle correctement l’anglais qu’elle a appris par la télé faute d’avoir fait des études. Elle est mariée mais il est en Arabie Saoudite depuis 2 ans. Il n’est jamais rentré et elle veut demander le divorce. Ici au Soudan une femme peut demander le divorce !

Les maisons sont en terre, un mur fait le tour du terrain de 2 ou 300m². Elles se composent d’une petite cour, de parties abritées du soleil par des paillis et d’autres complètement fermées avec une porte. Nous prenons le thé dans l’enceinte assis sur des lits. Il n’y a que des femmes et des filles au début. Et seule Zilal semble parler Anglais. Mais après Mohlès, que nous avions vu plus tôt, arrive et se joint au groupe. Ici les filles et les garçons se parlent librement, pas de barrière pseudo-religieuse. Nous rions de les voir se quereller gentiment. Jeu de séduction selon nous. Mais les mariages, ici, ne sont pas affaires de sentiments. Pourtant les gestes, les regards et les touchers ne mentent pas. Cela fait si longtemps que nous n’avons pas vu de relations « normales » homme-femme que cela nous fait un choc. En quelques kilomètres, nous sommes passés de pays arabes musulmans où l’homme et la femme semblent vivre sur deux planètes différentes à l’Afrique où la séduction, le rire, le bonheur jaillit dans les joutes verbales des jeunes hommes et femmes.

La Nubie était là avant l’animisme, le judaïsme, le christianisme et l’islam. Ils ont suivi les modes au gré des envahisseurs. Mais ils gardent cette identité bien africaine qui les différentie dans leur pratique. Oui, car nous prenons conscience que ces gens sont des Nubiens plus qu’ils ne sont soudanais. Nous passons quelques heures agréables à discuter pendant que Jade et Liou font des courses dans la cour de terre. D’abord une fille puis deux, puis nous nous joignons tous au jeu en courant d’un mur de terre à l’autre. Rires et embrassades. Joie et bonheur. Nous ne connaissions pas ces gens il y a quelques heures et sans beaucoup de paroles nous sommes devenus amis.

Nous partons couper le Foul dans les champs avec Zilal et son père qui est aussi le médecin du village. Le champ est à un bon quart d’heure du village au bord du Nil. Liou prend son rôle très à cœur, serpe à la main elle choisit soigneusement les tiges portant les cosses de fèves avant de les sectionner et les placer en tas pour qu’ils sèchent. Zilal préfère bidouiller son smartphone bien inutile ici (pas de réseau) tout en aguichant les jeunes des champs voisins. « 27 ans, c’est un vieux et en plus il est moche non ? » Elle est terrible mais lui ou les autres jouent son jeu.

Après avoir réglé le moteur indien de la pompe qui irrigue leurs champs, les deux hommes vont rejoindre le père de Zilal et l’aide à faucher le champ de foul. En Rotanna, les mots « S’il te plaît » ou « merci » n’existent pas. J’ai beau demander, on me dit qu’ils utilisent les termes arabes mais que dans leur dialecte ça n’existe pas. C’est Hassan le lendemain qui me donne la raison. En Nubie, on s’aide, on partage, on demande et on donne. Un point c’est tout. On vit comme ça depuis toujours et dire s’il te plaît ou merci n’a pas de signification. On aide son voisin au champ car il t’aidera au tien. On donnera eau et repas à un passant car il te donnera eau et repas si tu entres chez lui. C’est ainsi. Quelle leçon ! Hassan est triste de voir apparaître des restaurants car avant si on avait faim, on s’arrêtait et on entrait n’importe où, on avait le couvert. Il me dit en riant que le communisme existe ici depuis toujours, bien avant la Russie !

Le ciel scintille de milliards d’étoiles. Pas une ampoule pour briser la virginité de la voute céleste. Seul le vent siffle. Nous nous effondrons de sommeil, l’esprit léger, dans la nuit noire d’un village sans électricité.

Akasha - premier contact avec l'AfriqueAkasha - premier contact avec l'Afrique
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Akasha - premier contact avec l'Afrique

Les enfants font leur école et je suis au clavier lorsqu’Hassan passe le long du cc garé au milieu des habitations du village. Je ne le connais pas encore à ce moment-là. Je le salue, il se retourne. C’est un homme d’une soixantaine un peu voûtée, de grosses lunettes en acétate sombre cachent son visage. La barbe poivre et sel date d’une bonne semaine mais la Gallabiya est d‘un blanc impeccable. Sa voix est faible mais il parle Anglais. Il est originaire du village, il habite pourtant Khartoum mais un ami venu de très loin est arrivé au village il y a quelques jours alors il a fait la route. Malheureusement son ami a dû repartir. Hassan et moi nous baladons dans le village, il me parle d’ici, je lui parle de nous. Il n’est pas comme les villageois pourtant. Ce n’est pas uniquement son anglais qui le trahi, il a la sagesse de celui qui sait que son peuple est riche. Il est parti se réfugier aux USA lorsque cela a été nécessaire pour lui. Il y a vécu 15 ans et en a obtenu la nationalité ce qui lui a permis de revenir au pays. Depuis il voit la Nubie perdre son âme, sa culture. Il me montre les poteaux électriques encore couchés au sol et les tourets de câble qui apporteront bientôt l’électricité. Plus besoin de démarrer le groupe électrogène le soir pour regarder les émissions américaines, arabes ou indiennes du satellite. Heureusement Internet ne passe pas encore ici.

Il pousse une porte, appelle puis on s’installe sur deux lits face à face. On vient nous servir du thé après de nombreuses accolades. Il est chez sa nièce dont le mari est aussi parti à Ryad. Il discute avec elle, elle le regarde assise à côté de lui. Elle joue avec son voile coloré, le portant à la bouche afin de cacher son très large sourire alors qu’elle prend des nouvelles de lui. Ses yeux pétillent, ses pommettes sont gonflées et elle le regarde dans les yeux. Je ne comprends pas ce qui me surprend dans la situation puis découvre que je m’étonne simplement qu’un homme et une femme puissent discuter ensemble sans distinction d’âge ni de genre. Depuis des mois ou peut-être jamais je n’ai vu ce genre de scènes chez des « locaux ». Pas de retenue dans les sentiments. C’est aussi ce qui caractérise ces échanges. La joie est franche et les mains n’ont pas l’habitude d’être muselées. On se touche, on se regarde les yeux dans les yeux. L’Afrique se dévoile devant moi et j’aime ça.

Zilal comme de nombreux enfants et hommes rencontrés la veille défilent saluer Hassan et sans doute un peu nous aussi. Il y a une vingtaine d’habitations dans cette partie du village mais nous revoyons sans cesse les mêmes visages. Tout le monde connaît tout le monde, entre, discute, s’en va. Nous ne savons pas, plus, qui est qui. Les gens s’assoient, repartent. La femme du fils de mon frère. Le père de … Les enfants comme les adultes entrent et sortent. Une chose est certaine, nous sommes adoptés.

Hassan m’amène découvrir des dessins gravés dans des rochers, ils ont probablement plusieurs milliers d’années. Nous devons les prendre en photo pour son ami qui est archéologue. Sur la route, Hassan a soif, il frappe à une porte en bois et on nous sert le thé. Il prend des nouvelles et nous repartons. Il s’arrête aussi chez un agriculteur auquel il prête champ, machine et carburant. Ensuite ils feront 50/50 sur la récolte. Je refuse poliment le verre d’eau tendu. Ici point d’eau minérale, de source ou de réseau. C’est l’eau du Nil et mon estomac n’y serait pas habitué.

Le principe de partage est le même pour les mines d’or dans la région. Ils font venir des équipes qui creusent, broient et trient . Eux fournissent la logistique, les jeunes venus du Darfour la main d’œuvre et ils font 50/50.

Pendant ma balade avec Hassan, Mélanie est allée faire le pain avec les femmes du village. Les enfants ont joués. Lorsque je reviens, même Alix a eu le droit au henné sur les mains. Mélanie et Jade ont encore les doigts enrobés. Ce rituel a une grande signification en Nubie où les regards remarquent immédiatement que Mélanie a les extrémités des doigts colorées.

Ici, le temps ne compte pas, nous profitons, nous aimons.

Au diner, le plat principal est le foul comme au petit déjeuner d’ailleurs que nous a été servi à 11h30. « Deux repas par jours. Oui mais avec beaucoup de thé et de biscuits tout au long de la journée! » me précise Hassan. Il est une mémoire du village, il me raconte des anecdotes en permanence avec dates et prénoms des intervenants.

Un exemple : La princesse Béatrix, future reine des Pays-Bas était archéologue ici de 1954 à 1962. Elle a tellement aimé cette région qu’à son couronnement elle a nommé ambassadeur un ami nubien (il m’a dit le nom mais j’ai oublié). Mais comme le parlement a voté une loi imposant la nationalité Néerlandaise aux ambassadeurs 2 ans plus tard, il est devenu intermédiaire pour la société Philips pour le Soudan… Depuis, tous les Nubiens étaient les bienvenus aux Pays-Bas sans soucis de visas, ils pouvaient même obtenir la nationalité sur simple demande.

Il y a aussi l’histoire de deux françaises en 1980 qui ont fait la route Alexandrie – Le Cap à cheval subventionnée par une marque de selle ou la légende de la création du Nil.

Ce soir, en un regard, Mélanie me confirme. Oui. Et les enfants vous êtes d’accord ? Ouiiiiiiiiiiiiiiii! On reste ici demain. Il n’y a ni monument, ni vestige, musée, rien de touristique certes... Pas même d’électricité ni d’eau courante mais on y est heureux. Finalement nous resterons ici encore plusieurs jours. Nous ne pouvons nous résoudre à quitter ce village et ces gens si merveilleux. Les journées sont occupées à jouer, discuter, boire du thé. Nous parlons de nos vies, nous découvrons la leur. Nous nous baladons dans le village, dans les environs. A notre retour du village des chercheurs d’or, nous grimpons tout en haut de la colline. Les paysages qui s’offrent à nous sont impressionnants. Tout d’abord la ligne brillante du Nil et les cultures de part et d’autre. Les habitations devant et les grandes dunes du désert derrière. La descente nous fait découvrir d’autres « quartiers » du village. En fait le village se compose de 3 groupes de maisons. Et à notre passage, nous revivons notre arrivée ici quelques jours plus tôt. Nous sommes obligés de décliner les nombreuses invitations à notre grand regret.

Nous nous attachons à ce village. La vie ici semble paisible entre travaux agricoles et vie en communauté. Les hommes font quelques travaux dans les champs mais nous sommes surpris par le rythme calme de ceux-ci. Seulement quelques heures par jours. A chaque jour sa tâche et quand elle est terminée, on vit tranquillement. Les femmes ou disons même les filles à partir de 12 ans s’occupent des tâches ménagères. Cuisson du pain pour certaines, cuisine pour d’autres… Tout est fait à plusieurs.

Pourtant nous découvrons que beaucoup de maris sont partis. Ils travaillent en Arabie Saoudite. Zidane n’aurai jamais vu sa fille et si peu son fils Zinedine (eh oui!). Il est parti il y a deux ans, elle a 1an1/2. Les femmes nous disent vouloir divorcer. Les jeunes hommes nous disent qu’il n’y a rien à faire à Akasha, pas d’argent… dès la fin de leurs études ils veulent partir là-bas… Mais ils ne reviennent pas. C’est l’argent qui les pousse à partir à Ryad alors qu’à nos yeux leur village est riche. Riche de leurs valeurs, de la vie paisible, de la vie en famille. Le mot argent revient dans la bouche de tous les jeunes rencontrés.

Hassan qui voit bien l’émotion que nous avons à vivre avec eux, promet à Liou que quand elle aura fini ses études, si elle vient habiter ici, ils lui donneront une maison, des terres et des animaux… Pour Alix, l’âne sur lequel il a grimpé lui suffit. Les enfants ne veulent pas partir d’ici, nous non plus. Mais nos visas pour l’Ethiopie réalisés à Dubai arrivent à expiration et nous voulons les faire prolonger à Khartoum.

Les yeux brillent quand nous quittons le village.

Akasha
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Lundi 16/03 : Kerma – km26401

Lors de notre descente direction Khartoum nous faisons halte à Kerma siège d’une capitale nubienne dans l’antiquité. Après avoir quelque peu errés dans le village à chercher le site, nous nous résignons à prendre les petites ruelles de sable que l’on nous indique. Nous ne sommes jamais trop rassurés lorsqu’il s’agit de quitter l’asphalte pour le sable et la largeur des ruelles encombrées d’arbres (en plein milieu), d’étalages, de bric à brac ne nous motive guère mais c’est bien par là qu’il faut passer. Nous bivouaquons à l’entrée du site avec la bienveillance des militaires en poste. L’un deux se propose même d’aller faire quelques courses pour nous ! Et nous avons de l’eau à profusion au robinet. Bivouac au calme parfait !

Nous visitons le site le soir et le musée le lendemain matin avec un groupe d’étudiantes. Nous devenons l’attraction, non pas des étudiantes mais des professeurs qui veulent tous avoir une photo d’eux en notre compagnie.

KermaKerma

Kerma

Arrivée à Khartoum
Arrivée à Khartoum

Mardi 17/03 : Route à travers le désert pour rejoindre Khartoum – km26984

Peu après Kerma, le Nil fait une grande boucle à l’est avant de revenir à Khartoum. Heureusement pour nous, une route traverse le désert plein sud sur Khartoum. Nous traversons donc le Nil à Dongola et quittons sa vallée pour plusieurs centaines de kilomètres de traversée. Les paysages sont surprenants, nous nous attendions à du sable et de la roche, de la végétation est pourtant présente partout. Des chèvres, moutons, dromadaires, ânes sont visibles partout et des cabanes témoignent de la présence de populations vivant ici. Jade adore car elle voit des arbres « africains ». En effet la forme des arbres en parasol résulte de l’action des animaux qui viennent manger les branches basses.

Après le calme de la traversée de cette étendue, l’arrivée à Omdurman à l’ouest de Khartoum est chaotique. La rue traverse un souk et à son niveau la circulation y est tout simplement impossible. Chaque véhicule est ultra individualiste, les bus sortant de la station traversent donc la rue bloquant toute la circulation. Il faut beaucoup de patience, de prudence et de maîtrise de soi pour sortir le cc indemne de cette opération ! Ce n’est qu’après plusieurs heures que nous parvenons devant l’auberge de jeunesse qui nous a été indiquée par un motard Irlandais. La rue y est calme et nous pouvons nous garer en sécurité sur un trottoir surélevé dans le quartier des ambassades.

Mercredi 18/03 : Ambassade d’Ethiopie et Musée national du Soudan

Le renouvellement du visa s’avère impossible et nous ne comprendrons pas vraiment pourquoi. Nous devons donc refaire une demande de visa complète avec photos et dollars. Pour les volontaires, sachez qu’ils n’acceptent que les dollars et seulement les coupures postérieures à 2004 ! Le marché noir propose un taux indécent à 9,3 quand les changes officiels (qui n’ont aucun dollar à nous proposer et nous renvoient au marché noir) affichent 5.95 ! A ce taux, je retourne au cc pour chercher nos dollars !

Une fois nos visas en poche, nous partons en microbus-taxi visiter le musée national du Soudan. Homologue de son cousin Egyptien, en plus modeste toutefois, sa visite reste très intéressante car elle traite d’une histoire que nous connaissons peu : les pharaons noirs. Son ticket d’entrée est dérisoire (2pounds) alors que tous les sites au Soudan sont très chers (50pounds).

Nous voulions faire un ravitaillement à Khartoum mais les prix affichés sont effrayants. Les produits laitiers sont bien plus chers qu’en Egypte où ils étaient pourtant déjà bien chers. Ils sont toutefois produits au Soudan, ce ne sont pas des produits importés. Les fruits et légumes y sont 2 à 3 fois plus chers également. Nous aurions dû le faire malgré tout car ils se sont avérés être encore plus chers dans le reste du pays. Nous ne mangeons plus à l’européenne depuis longtemps. Les repas sont essentiellement composés de salades de légumes, pâtes, riz, œufs, pain et fromage et fruits. Tout ce que nous trouvons facilement en général. Les œufs, pourtant consommés en grande quantité, sont très chers (10 à 15 centimes d’euros) par rapport au niveau de vie. Et les fruits et légumes varient entre 1 et 4 euros le kilo. La viande ? Nous nous abstenons la plupart du temps sauf lorsque nous trouvons des surgelés dont l’aspect ne témoigne pas de plusieurs recongélations (ce qui est quasiment la règle). Les étalages de viande à l’air libre en pleine tempête de sable ne nous attirent guère ! Heureusement le pain y est abordable (1 pounds les 3 petits pains ronds soit 1euros les 20 environ).

Musée National de KhartoumMusée National de Khartoum

Musée National de Khartoum

Plantage à Naqa
Plantage à Naqa

Jeudi 19/03 : plantage à Naqa et bivouac à Méroé

Nous quittons Khartoum comme nous l’avions découvert, à travers des quartiers populaires où les étalages bordent les routes. Nous aimons voir cette agitation, cette activité. A chaque quartier sa spécialité, les menuisiers, les mécanos, l’alimentation…

Nous redescendons le Nil en suivant la boucle à l’est en direction de deux sites majeurs. Ils composent « l’île de Méroé » berceau de la civilisation Méroïque dont les petites pyramides pointues sont l’image touristique du Soudan. Le site de Naqa est à une trentaine de kilomètres dans les terres et c’est par une piste que l’on peut le joindre. Heureusement notre application OSMAND est d’une précision redoutable car aucun panneau n’indique la piste. Elle est praticable pour nous. Du sable tassé très dur et souvent en tôle ondulé. Parfois des petits bancs de sable mais le cc se comporte admirablement. Il n’est pas possible pourtant de sortir des traces car si l’aspect peut laisser croire que le sol est dur, les tentatives démontrent le contraire. Au bout d’une quinzaine de kilomètres, la piste se sépare en deux. A droite pour Naqa et à gauche pour un autre site d’intérêt moindre. Nous prenons donc à droite. La végétation est faite de buissons, touffes d’herbes et arbustes. Et c’est là qu’à la sortie d’un virage nous nous trouvons dans une longue ligne droite de sable profondément ornièré. Il est trop tard pour s’arrêter et l’élan est vite stoppé. Nous sommes plantés dans du sable profond. Lorsque j’ouvre ma portière, elle est presque bloquée. Et ce n’est pas vraiment du sable. Plutôt de la farine. De la poussière de terre ultra-fine qui s’engouffre partout. Le pied s’enfonce d’une quinzaine de centimètres dans cette purée rouge.

En seize kilomètres, nous n’avons croisés personne, pas un véhicule, pas un bédouin. Le soleil est au zenith, il fait près de 40 degrés.

Je sors pour constater mais je sais à l’avance ce que je vais découvrir. Nous sommes posés. Les roues sont enfoncées jusqu’à l’axe dans la purée. La plaque de protection moteur est invisible de l’avant comme des côtés car de partout la farine rouge dépasse le dessous des pare-chocs.

Nous ne pouvons attendre de l’aide ici au milieu de nulle-part. Muni d’un talkie-walkie, d’eau et de mon bâton de marche offert par Vasilis en Grèce, je pars chercher de l’aide. Liou enfile un chapeau, des chaussures et m’accompagne. Nous laissons Mélanie, Jade et Alix seuls au camping-car. Elle a l’autre talkie-walkie et s’enferme.

Nous avions repéré de loin un bâtiment blanc à 5-6 kilomètres de distance en direction du deuxième site et nous espérons y trouver un véhicule pour nous sortir de là. La présence de chèvres nous rassure quant à l’absence de prédateurs par ici. Nous n’aurions pas optés pour la marche si nous n’avions pas vu ces chèvres. Tels le petit poucet, nous traçons notre trajet au sol avec le bâton de marche. Si cela est inutile à l’aller, cela peut nous être très utile au retour car après quelques centaines de mètres le cc est caché par la végétation. Il n’est donc pas visible de loin sauf à ce que l’aide éventuelle soit sur les collines alentour. Après une heure de marche, Liou a de bonnes couleurs mais elle boit régulièrement et ne souffre pas trop. Elle est courageuse ! Nous croisons une femme et sa fille sur leurs ânes. Inutile de chercher à nous faire comprendre, elle ne sait dire qu’une chose « bakchich » ! Ici au milieu de nulle-part, elle croise des blancs à pied et elle réclame de l’argent. J’en tombe sur le postérieur ! J’en reste abasourdis. Nous poursuivons en direction du bâtiment dont nous voyons maintenant qu’il est totalement abandonné pour ensuite rejoindre un grand arbre au milieu de la plaine. Nous voyons de loin des gens s’y rendre et en sortir avec des ânes tirant des charrettes d’eau. C’est un puits. Les hommes ne parlent pas Anglais et c’est le militaire qui garde le puits qui me sauve. J’explique notre soucis mais personne n’a de véhicules et pousser à la main est peine perdue. Il m’explique que vers 17h les voitures reviendront de Khartoum et qu’elles passent par la piste. Malgré cela et l’inutilité, trois hommes m’accompagnent au retour. Liou est désormais exténuée. Le rythme, la chaleur et la marche dans le sable l’on épuisée. Le talkie-walkie a officiellement une portée de 7km en champ libre, mais le puits est juste hors de portée et nous ne parvenons pas à nous comprendre à distance quand quelques sons sortent de l’appareil. Après un quart d’heure, je parviens à comprendre quelques mots « 4x4 vient vers vous » « sorti mais à nouveau bloqué ». En effet, alors que nous marchons dans la direction, nous apercevons un Toyota blanc qui zigzague entre la végétation et fini par nous rejoindre. C’est un chauffeur d’un 4x4 de touristes. Comme les bédouins qui m’accompagnent ne parlent pas un mot d’Anglais, il leur indique que c’est bon et à leur tête mécontente je comprends qu’ils attendent quelques billets mais je n’ai pas le temps d’y répondre que le 4x4 redémarre laissant les trois quémandeurs insatisfaits.

Les deux 4x4 transportent un groupe de Français ! Et le guide parle Français ! A notre arrivée, le camping-car est sur la terre ferme ! Il est rouge de poussière mais sorti des ornières. Nous remercions chaleureusement nos sauveurs et nous excusons pour le retard qu’ils ont dû prendre dans leur planning. Le guide nous indique que la piste est juste mauvaise sur 1 ou 2 kilomètres et qu’il faut passer à côté des traces sur cette partie. La terre y est très dure et ce n’est pas du sable. Mais nous renonçons, chose si rare qu’elle mérite d’être précisée !!! Le renoncement est moins dû au plantage qu’à notre « dégoût » du comportement des locaux. Pendant mon absence et alors que nous étions ensablés, Mélanie a vu un défilé d’hommes et de femmes sortis de nulle-part venus réclamer des Bakchichs. Au début voulant être sympathique avec une femme, elle lui a donné du pain mais cela n’a pas suffi à cette femme qui lui réclamait sa bague et ses boucles d’oreilles en or !

Cette épreuve est bien pire pour notre mental que le plantage. Les 4x4 nous ont sortis sans demander quoi que ce soit alors que ces gens ont observaient sans essayer d’aider et réclamaient. Nous en sommes choqués à tel point que nous voulons fuir d’ici. Nous avions convenu avec le groupe de touristes de les retrouver pour le bivouac au deuxième site mais le lieu nous dégoûte. Bien sûr nous sommes fatigués par le plantage mais cela ne nous affecte pas comme le comportement de ces gens que nous considérons comme une trahison.

Alors comment interpréter ce que nous venons de vivre ? Pourquoi, alors que les Soudanais sont adorables, accueillants et joyeux, ici, ils ont ce comportement ? La seule analyse que l’on y trouve c’est éventuellement le comportement des touristes fraîchement débarqués de leur avion qui découvrent soudainement des gens vivant, il est vrai, dans des conditions très spartiates en plein désert. Donner de l’argent peut sembler alors une bonne idée. Mais ils vivent de l’élevage et ils n’auront jamais l’eau courante et l’électricité ici. L’argent leur paiera probablement des cigarettes car leurs besoins sont maigres et ils semblent manger à leur faim.

Afin de nous remettre de nos émotions et une fois le camping-car sur la piste, nous nous arrêtons un instant moteur allumé et improvisons un petit conseil de famille. Les enfants veulent rester. Le plantage ne les a nullement affectés et ils sortent renforcés dans l’idée que nous surmontons tous les obstacles de toute façon. Par contre Mélanie et moi sommes désabusés et hésitons. Mélanie argumente pour quitter, j’essaie d’argumenter pour rester quand un groupe d’enfants arrivent en courant. Ils réclament des Bakchichs… Nous partons.

Le retour par la piste s’effectue sans soucis et nous atteignons le site de Méroé très proche juste avant le coucher du soleil. La nécropole de Méroé, très connu pour ses pyramides, se trouve à un petit kilomètre de piste de la route côté désert (Pas de quoi nous effrayer normalement). Des vendeurs de souvenirs ont installé, sur des étalages fait de bric et de broc, quelques bijoux et objets faits mains aux côtés de ce qui est censé ressembler aux pyramides (made in china !). Ils tentent de nous attirer vers leur petit marché mais nous restons affecté par notre expérience précédente et gardons nos distances. Pourtant on ne pourra pas les éviter. Ils essaient de gagner leur vie et cela consiste à interpeler les quelques touristes qui viennent ici pour essayer de leur vendre leurs merveilles. La nuit tombant, tous quittent le site et nous bivouaquons seuls au calme au pied des pyramides.

Naqa et Méroé
Naqa et MéroéNaqa et Méroé

Naqa et Méroé

Vendredi 20/03 : Méroé

Sachant qu’une clôture ferme la façade du site mais pas les kilomètres côté désert, au lever de soleil je grimpe sur les collines alentours et profite d’une vue splendide sur le site.

A l’intérieur du cc, les enfants font l’école ce matin puis jouent dehors avec les enfants qui sont censés vendre leurs bricoles. Mais comme il y a peu de touristes, ils ont le temps entre chaque minibus. Au Soudan, ce sont les vacances actuellement. 3 mois d’école alternent avec 3 mois de vacances. Cela fait donc 6 mois de vacances au total ! Les enfants peuvent donc travailler.

Nous pensons encore à notre déconvenue de la veille et ne pouvons réfreiner notre appréhension vis-à-vis des vendeurs qui nous interpellent dès que nous mettons le nez dehors. Afin de tordre le cou à ce mal qui nous ronge, nous organisons un atelier peinture dehors. Tous les enfants foncent, et si au début Liou et Jade s’appliquent à peindre les cailloux tendus par les gamins, bien vite tous les enfants s’y mettent aussi. Ils découvrent la peinture et ils adorent. L’un d’eux ne se contera pas des cailloux et se maquille le visage. Petit à petit nous voyons aussi les adultes venir observer ce qui se passe avant finalement de s’y mettre pour certains. Ils se mettent à peindre leurs pyramides, leurs calebasses et les replacent sur leur étales. Parmi tout ce monde le petit Ali se distingue. Certes il est le plus petit, il a un visage d’ange et c’est lui que j’ai choisi pour montrer l’exemple aux autres enfants, mais il est aussi sacrément culoté ! Il osera venir essayer de nous vendre 1 pound le caillou qu’il vient de peindre avant de se rendre compte de la situation et de filer en riant.

Résultat : Ils nous ont adoptés et nous avons surmonté notre appréhension. Et nous aurons la preuve que nous ne devions pas garder cela en nous, l’un d’eux est allé négocier le prix d’entrée pour nous. 50 au lieu de 100.

Nous pouvons nous permettre de visiter le site, ce que nous faisons en profitant bien sûr des pyramides mais surtout des dunes de sable. Nous nous protégeons du vent en nous cachant dans les chapelles des pyramides puis dévalons les dunes rouges. Un beau moment en famille !

Méroé
Méroé
Méroé
Méroé
Méroé
Méroé
Méroé
Méroé
Méroé
Méroé
Méroé
Méroé
Méroé
Méroé
Méroé
Méroé

Méroé

Gebel al Barkal
Gebel al Barkal

Samedi 21/03 : Traversée vers Gebel Al Barkal

Nous quittons le site de Méroé après avoir été couverts de cadeaux par les vendeurs, grands et petits. Impossible de refuser ! Quel beau retournement de situation !

Nous prenons la route pour rejoindre un autre site majeur au Soudan qui se trouve près de la ville de Karima, au nord de la boucle formée par le Nil. Il faut donc faire 300km de route à travers un autre désert. Celui-ci s’avère bien moins habité que le précédent et les conditions de vie doivent y être bien plus sévères. Le vent forme des tornades de sable qu’il nous faut absolument éviter de traverser à cause des vents qui nous poussent à gauche puis à droite violement. Pas l’idéal avec notre engin. La route est néanmoins de bonne qualité et très peu empruntée.

A notre arrivée à Karima, nous nous installons au pied du Gebel al Barkal pour le bivouac. Lieu dont nous serons délogés dans la soirée. La police préfère que nous soyons dans l’enceinte du site « protégés » par la sécurité du site. Pas drôle mais pas le choix. En fait on nous fait faire seulement 200 mètres et au lieu d’être à plat nous devrons dormir en pente.

Dimanche 22/03 : Balade aux aurores - grand barrage version Soudan – retour à Atbara

Ce matin nous avons prévu de nous lever tôt pour faire l’ascension du Gebel al Barkal et profiter du lever de soleil sur les environs.

Heureusement Liou est bien motivée et c’est elle qui nous extirpe du lit si confortable ce matin ! Nous enfilons les chaussures et nous dirigeons vers cet énorme rocher posé au bord du Nil. Ces dimensions sont impressionnantes et il est visible de loin. Nous choisissons la face Nord dont la roche a mal supporté les millénaires et permet avec quelques efforts d’atteindre le plateau au sommet. Nous y prenons le petit déjeuner en admirant les paysages. Le Nil et sa vallée d’est en ouest, les vestiges des temples en bas de la falaise sud, le désert au Nord et la ville dont les quartiers s’imbriquent un peu dans tout ça !

Nous pouvons même apercevoir les pyramides de Nuri au loin de l’autre côté du Nil mais le barrage de Merowe se dissimule dans le voile de sable levé par le vent du désert.

Gebel al Barkal
Gebel al Barkal
Gebel al Barkal
Gebel al Barkal
Gebel al Barkal
Gebel al Barkal
Gebel al Barkal
Gebel al Barkal
Gebel al Barkal
Gebel al Barkal
Gebel al Barkal

Gebel al Barkal

La veille, nous avions fait le plein d’eau dans une station-service comme le font nombre de voyageurs. C’était la première fois pour nous. Et sans doute une des rares fois. L’eau avait pourtant l’air claire en sortie de tuyau et je n’avais donc pas commencé par remplir le bidon comme nous le faisons habituellement ce qui nous permet normalement de nous assurer de la propreté. Mais là, le réservoir est opaque, l’eau y est si trouble que l’on ne voit pas à plus de quelques centimètres de profondeur. Nous avons donc vidé tout le réservoir et transvasé les 100litres de notre deuxième réservoir de « secours ».

Nous traversons un quartier de Karima et comme des hommes sont en plein travail avec un tuyau d’arrosage nous remplissons le bidon mais pas plus, l’eau n’est pas très claire !

C’est au petit commerce où nous achetons le pain que nous trouvons un robinet. C’est de l’eau du Nil mais elle est moins trouble que les précédentes. Nous rechargeons donc notre deuxième réservoir.

Les pyramides de Nuri ne nous tentent pas. Tout d’abord nous voyons de loin que leur état est très mauvais et en plus le vent lève des nuages de sable et nous préférons manger à l’intérieur. Nous poursuivons vers le barrage de Merowe. Ce barrage controversé, car il a lui aussi englouti villages et potentiels sites historiques, vient d’être mis en service. Construit par les chinois pour le gros œuvre et par un ancien fleuron Français (Alsthom) désormais aux mains de General Electrique pour la partie turbines, ce barrage gigantesque se situe au niveau de la 4ème cataracte du Nil.

Nous ne savons pas vraiment s’il est possible de s’en approcher ni même de le franchir et nous sommes encore à quelques kilomètres quand nous arrivons à un check-point qui nous arrête et demande nos autorisations. On se dit que l’on a déjà pu le voir de loin quand finalement on nous demande d’attendre… Quelques minutes plus tard un 4x4 arrive et nous prend en escorte jusqu’aux bureaux où ils font des copies de nos passeports et se transforment en guides. Nous pourrons atteindre et même grimper en camping-car sur le barrage, nous le franchissons après avoir eu le droit au petit arrêt au sommet puis nous sommes autorisés à prendre une photo des vannes depuis le bas mais pas du Nil (?) avant de rejoindre la rive d’origine. Tout cela est étrangement bien organisé. Notre guide refusera même le pourboire que je lui tends (exceptionnellement).

Le contraste entre la richesse du paysage de la vallée du Nil en aval et l’absolu désert d’eau de l’autre côté est saisissant. A cet endroit, l’eau est marron. Pas de grande étendue bleu comme le lac Nasser (ou plutôt Nubien pour les soudanais). Le Nil est pour nous un véritable aimant alors que le lac et ce barrage paraissent monstrueusement gigantesques et puissants. Il y’a un décalage d’échelle dans ces deux paysages qui se font face. Le barrage est si haut, si large, si gris béton comparé aux palmeraies, champs et au Nil qui se faufile en de multiples bras entre les roches de la cataracte, que l’on croirait voir deux paysages à deux échelles différentes. Là de l’autre côté de ce monstre de béton, le Nil et ses paysages sont engloutis sous 100m d’eau boueuse parce que le développement du Soudan passe par là ! 40 ans après l’Egypte à Assouan, le Soudan a lui aussi son barrage à Merowe. Même conséquences.

Barrage de Merowe et Pyramide de NuriBarrage de Merowe et Pyramide de Nuri
Barrage de Merowe et Pyramide de NuriBarrage de Merowe et Pyramide de Nuri
Barrage de Merowe et Pyramide de NuriBarrage de Merowe et Pyramide de Nuri

Barrage de Merowe et Pyramide de Nuri

Nous ne pouvons longer le lac et le Nil qui font une grande boucle, il nous faut repartir sur nos pas de la veille, retraverser ce désert avant de pouvoir filer vers la mer rouge.

CNED : Impossible de faire le CNED en roulant, les virages, les sauts rendent les enfants malades bien vite. Pourtant il serait idéal de pouvoir utiliser ces temps perdus pour l’école. Alors comme nous ne pouvons leur demander le moindre exercice de lecture ou d’écriture prolongé, nous optons pour les révisions des tables de multiplication qui nous pourrissent l’école depuis quelques temps déjà.

Jade a beaucoup de mal avec ce type de choses. Réciter des résultats est sans intérêt pour elle alors elle se met en mode huître fermée à chaque tentative. Nous cherchions vainement une méthode pour qu’elle s’y intéresse et c’est Alix qui nous offre la clé. Nous en étions désespérément à 6x7 quand Alix dit tout d’un coup 42 ! Nous profitons de l’occasion inespérée pour transformer cet exercice en jeu. Et comme elles aiment évidemment les tables les plus faciles, nous faisons un concours de rapidité entre les filles en ajoutant progressivement des opérations plus compliquées. Nous interrogeons régulièrement Alix pour faire rire les filles. Après plus d’une heure, l’objectif est atteint : elles ne calculent plus, elles connaissent par cœur plus de la moitié des tables. Grâce à beaucoup de répétitions, ça rentre ! Mais l’exercice a totalement épuisé Jade dont les nerfs lâchent. Quelques dessins animés leur permettent de se reposer. Cela nous donne aussi le temps de finir la traversée de ce désert et d’atteindre Atbara. Nous sommes contents car nous sommes parvenus à supprimer le blocage qui s’était créé avec ces tables. Merci les routes désertiques interminables aux paysages monotones !

Atbara est atteinte juste avant la nuit et le gérant de la station-service nous invite chez lui pour le thé ! Un sentiment de déjà vu mais le ressenti n’est pas le même qu’à Ispahan. Nous sommes surpris de voir que ce couple plutôt moderne d’apparence, puisqu’ils se sont connus à l’université, maintient une tradition qui nous paraît ici totalement déplacée. Point de famille réunie sous le même toît ici, pas de parents, grands-parents, frères, sœurs… Et pourtant Mélanie et les enfants sont côté femme et je me retrouve avec lui dans une salle habillée de seulement 2 lits et une télé réglée sur Bein Sports et le classico Madrid-Barcelone. Il vit donc séparé de sa femme et de ses enfants sous le même toit. Autant cela ne nous a pas choqué dans le petit village très traditionnel d’Akasha autant nous trouvons la situation grotesque ici. Elle a des diplômes qui ne lui serviront à rien.

Chez Ali et Suzan à AtbaraChez Ali et Suzan à Atbara

Chez Ali et Suzan à Atbara

Lundi 23/03 : Mario Kart

Aujourd’hui nous filons vers la côte de la mer rouge. Notre passage à Hurghada en Egypte avait été un peu court. Nous avions prévu d’y faire un peu de baignade et surtout de profiter des fonds marins exceptionnels de la mer rouge. Malheureusement il faisait un peu frais (20°C) donc nous nous étions promis de profiter du Soudan et de ses côtes un peu plus vierges que celles surexploitées d’Hurghada.

La mission du jour est donc d’aller rejoindre Suakin au sud de Port-Soudan. Et cela représente un peu plus de 400km sur l’axe le plus chargé du Soudan. Cette « autoroute » est en effet le cordon ombilical du pays. Tout arrive au port et est transporté par la route jusqu’à la capitale. La voie ferré est en cours de rénovation (les chinois encore) mais c’est une longue histoire au Soudan.

Mélanie démarre les révisions des tables de multiplication avec le 6x7 d’Alix et je démarre le contact. Si les tables vont toutes seules aujourd’hui, la route relève d’un véritable jeu d’adresse. Je m’engage dans une course de Mario Kart au volant de mon 4tonnes200 à slalomer entre les nids de poules, les morceaux de pneus éclatés, les blocs de pierre, les ânes, dromadaires et chèvres qui traversent ou font une pause au milieu de la route. Un signe de croix serait bien nécessaire avant chaque dépassement de camion à rallonge dont la deuxième remorque se balade au gré du vent et des coups de volant des chauffeurs. Le vent aujourd’hui est indécis, il pousse tantôt à gauche, tantôt à droite en rafale et il faut rester vigilant au rétroviseur car des missiles nous dépassent lancés à pleine vitesse. Les bus, ici, s’engage dans des courses folles à plus de 130km/h là où je maintiens un 90 raisonnable vu les conditions. Le meilleur reste encore les dépassements à l’aveugle et les dépassements hasardeux. Une seule règle : pleins phares et que celui qui arrive en face trouve la solution !

Les carcasses tant de métal qu’animales jonchant les bas-côtés sont là pour rappeler à la vigilance à tout instant.

Pendant ce temps, les enfants ont le droit de regarder quelques dvds . Ils ont bien mémorisés leurs tables grâce à la technique de la veille. Pourvu que ça continue comme ça !

Publié dans Actualités, Soudan

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famille Lefol 05/04/2015 22:17

Bonjour à vous tous, c'est toujours avec grand plaisir que nous lisons vos aventures. On s'y croirait...Continuez ainsi et le monde n'aura plus de secret pour vous.
Amicalement.
nb : Ewann passe le bonjour à Liou
Famille Lefol

anne-marie 31/03/2015 10:07

bonjour,
Je voyage avec vous depuis votre départ et J'attendais avec impatience votre écrit du soudan. Vous osez et faites de belles rencontres. Vos enfants sont épanouis et heureux. Nous avons aussi un CC et le gout de l'aventure mais nous avons perdu un peu de notre insouciance, peut-être à cause des médias qui nous mettent sans cesse en garde. Bravo! continuez à nous faire rêver, et bonne continuation.

PERRIN Joëlle 31/03/2015 09:08

Bonjour à tous,
J'ai lu très tard hier soir avec un immense intérêt, comme à chaque fois d'ailleurs, votre récit de voyage.
J'ai notamment énormément apprécié votre commentaire sur les a-priori "fabriqués" par les "merdia" à l'attention de ceux qui restent chez eux devant leur TV !! Je suis totalement en accord avec vous : seuls un séjour dans les pays étrangers, une immersion totale, même temporaire, peuvent nous permettre de mieux appréhender les mentalités, les modes de vie, des autochtones !! Cela nous permet, aussi, de comparer, intelligemment, nos différences négatives ou positives et de mieux avancer dans la vie. J'espère que vos enfants comprendront l'extraordinaire chance qu'ils ont de s'enrichir intellectuellement et moralement pendant ce tour du monde. Merci de tous ces récits passionnants que je lis avec énormément de bonheur, avec l'impression de faire ce voyage avec vous tous. Très cordialement. Joëlle

OPAOMA 30/03/2015 21:37

Quelle lecture passionnante, vos émotions sont contagieuses, vos expériences vous enrichissent et nous ouvrent l'esprit. L'alternance entre les rencontres et les paysages magiques nous mènent au rêve.
Merci