Soudan 2 - La mer rouge et la fuite! - du 23/03 au 01/04/2015

Publié le par BosTrotters

Nous découvrons Suakin. Ou plutôt ce que fût Suakin et qui ressemble totalement à une ville bombardée. Les tentes ou les cabanes sont installées au milieu de ruines de bâtiments qui furent à l’image du dynamisme de cette ville portuaire. Désormais inaccessible aux gros gabarits des porte-conteneurs, Suakin et sa très longue et mythique histoire meurt dans l’agonie de ses habitations de corail.

Nous y croisons un couple en croisière à voile ainsi qu’un couple Anglais en overlander. Clive et Ann prennent le ferry pour Jeddah pour remonter en transit l’Arabie Saoudite direction la Jordanie, Israël et l’Europe après 13 années de voyage. Ils en ont vu du pays !

Suakin
SuakinSuakinSuakin
SuakinSuakinSuakin

Suakin

Mardi 24/03 : Port Soudan

Après avoir fait le plein d’eau dans l’un des puits de la ville et fait quelques emplettes, nous avions prévus de chercher un bivouac sur une plage au sud de Suakin. Nous traversons de très grands espaces de pâtures traversés d’autoroute pour bétail. Impressionnant ! Mais il n’y a pas de plages. La côte est formée de vastes terres marécageuses et la barrière de corail est très loin en mer. Nous remontons donc sur Port Soudan en espérant y trouver sinon une plage au moins des informations sur les lieux de snorkeling. Notre bivouac sur la corniche nous permettra de prendre un thé en famille et d’observer la vie en soirée dans une grande ville. Nous nous sentons un peu en vacances ici.

Alors que nous partions en direction du nord et passions près de la « plage », nous retrouvons par hasard Clive et Ann dont le ferry a été repoussé à vendredi. Nous resterons deux nuits supplémentaires sur Port Soudan à discuter, échanger des bons plans et à faire quelques réparations. Nous rencontrons Ibrahim réfugié Erythréen qui travaille dans le restaurant de poisson devant lequel nous avons garés nos maisons. Il fuit la vie trop difficile et espère pouvoir rejoindre un frère en Angleterre. Il ne peut de toute façon plus remettre les pieds dans son pays désormais. Il parle très bien Anglais et sait gérer l’équipe au resto. Cela lui permet d’avoir une petite rallonge, il est payé 5 euros par jour au lieu de 4 pour les autres… Quand on connaît le coût de la vie au Soudan, c’est une misère. Il est pourtant heureux de ce salaire car au centre de la ville, ses copains sont payés 2.5 euros.

Internet ne fonctionnant pas si mal, nous parvenons à consulter les forums de voyageurs, mais rien sur les plages ou le snorkeling. Peut-être aurons-nous la chance au Red Sea Resort où des voyageurs campent régulièrement ?

Port SoudanPort Soudan
Port SoudanPort Soudan

Port Soudan

Carte postale! Plage d'Arous
Carte postale! Plage d'Arous

Vendredi 27/03 : A la recherche d’une plage – Arous

Nous quittons notre bivouac devant le restaurant à Port-Soudan sous les regards tristes des employés. Ibrahim l’érythréen qui rêve de la vie en Europe, Abeba la serveuse de Thé éthiopienne qui était tombée à la renverse en voyant pour la première fois des blancs quand Mélanie était allée commander un thé, Mokhtar le jeune Soudanais qui nettoie le restaurant et vie dans les cuisines faute de toit… tous ont été marqués par notre périple. Nous avons, comme eux, quitté notre pays. Eux pour trouver un peu moins de misère, nous pour trouver un peu de sens à notre vie. Confronter nos points de vue, nos préjugés, nos désirs avec des personnes qui ont aussi fait un choix (mais irréversible) est intéressant. Le nôtre n’est pourtant pas aussi engageant que le leur. Ils s’imaginent la vie parfaite en France, en Europe et notre démarche les surprend.

Une fois franchi le check-point qui nous autorise à nous rendre plus au nord de Port-Soudan (une autorisation est normalement nécessaire), nous atteignons Le Red Sea Resort au bout d’une piste qui mène droit à la mer. Mais les tarifs y sont prohibitifs et nous sommes surpris de l’absence de plage, encore une fois. Pourtant le Red Sea Resort propose du Snorkeling mais seulement avec des sorties en mer sur des hauts-fonds. Sur les conseils du réceptionniste, nous poursuivons plus au nord vers Arous.

A l’aide de google maps pour la vue satellite qui nous sert à chercher les éventuelles traces blanches d’une plage de sable et d’un peu d’audace, nous empruntons une piste qui nous amène au bord d’une lagune. Le sable y est blanc mais la plage n’est pas bien large, un à trois mètres. Au-delà c’est du sable terreux salé. Nous finissons par trouver un accès praticable avec notre cc près d’un bivouac de pêcheurs que nous semblons déranger dans leurs activités. Visiblement, ils ne pêchent pas du poisson, nous ne verrons pas ce qu’ils cachent dans leur grande glacière sur laquelle l’un d’eux s’est assis à notre arrivée. Ils ne restent pas et nous voilà seuls pour profiter de la vue sublime, du sable blanc et de l’eau chaude.

Un chapelet d’îles accessibles à pied est au bord de la plage et ne semble gardé que par cet oiseau qui fait mime de nous attaquer en poussant des cris lors de chacun de ses piqués. Sans doute a-t-il son nid sur l’une d’elles.

Nous voilà installés ici pour quelques jours afin de nous y reposer. En tout cas c’est ce que nous cherchions. Un peu de repos, de fraîcheur, de l’eau pour se baigner et de beaux fonds pour admirer les poissons. C’est la carte postale parfaite à priori…

Bivouac sur la plage près d'ArousBivouac sur la plage près d'Arous
Bivouac sur la plage près d'ArousBivouac sur la plage près d'Arous
Bivouac sur la plage près d'ArousBivouac sur la plage près d'Arous

Bivouac sur la plage près d'Arous

Malheureusement nous irons de déconvenues en déconvenues. Nous y trouvons effectivement l’eau chaude idéale pour la baignade mais elle est infestée de petites méduses violettes. Les poissons se font rares sur les fonds sableux et la barrière de corail est bien trop éloignée pour s’y risquer sans bateau et de meilleurs renseignements sur la présence des requins dans cette baie (ils sont très présents dans les environs apparemment). La fraîcheur n’est qu’illusoire, le vent atténue légèrement la sensation de chaleur mais au prix d’une humidité salée qui rend poisseux tous les habits, tout le cc et nous en même temps. Nous devons donc nous en protéger.

Bref, nous n’apprécions pas vraiment ce bivouac et voulons en partir. Mais au moment de partir, impossible. Nous nous étions garés sur une terre bien tassée dont la croute s’est cassée. En-dessous c’est du sable humide et à la première tentative pour reculer, les roues s’enfoncent nettes, le cc est posé. Décidément c’est notre deuxième plantage au Soudan alors que nous avions été épargnés jusque-là. Je ne compte pas celui sur l’île de Massirah à Oman qui était presque volontaire. Ici, rien n’y fait, ni les planches et branches, ni les plaques de désensablage. Seul un véhicule pourrait nous sortir de là, mais voilà deux jours que nous n’avons vu personne ! Pendant que Mélanie fait le Cned aux enfants, je pars à la recherche d’aide. La route est à quelques kilomètres mais on a vu de l’activité au loin de l’autre côté de la baie. Sur la piste qui longe la mer, un camion chargé de sac de sable refusera de prendre le risque de s’aventurer par là. C’est surtout qu’il ne veut pas se mettre en retard. Dommage. Arrivé de l’autre côté de la baie après une bonne heure de marche, je rencontre trois pêcheurs dont la cabane est posée sur une petite île de sable à une vingtaine de mètres du bord. Je n’aurais pas à insister, dans l’instant, les poissons sont retirés du barbecue, le filet rangé et le moteur du bateau allumé. Nous naviguons pour rejoindre le cc, c’est effectivement bien plus rapide que la marche malgré la grande prudence du pêcheur qui surveille en permanence la profondeur et la présence de rochers affleurant. La baie n’est pas bien profonde en témoigne l’épave d’un navire Egyptien. Alors que les Talkie-walkie reçoivent à nouveau, Mélanie ne comprends pas bien quand je lui dis que j’arrive sur un bateau ! Surprenant !

Nous mettrons pas moins de 4 heures à sortir le cc de là. A l’aide du cric, nous soulevons un côté et plaçons des blocs de corail dans le sable sous la roue pour durcir le sol. Puis l’autre côté. Les planches sont inutiles, le sable est boueux et les planches deviennent des patinoires. Il faudra de très nombreuses tentatives car à chaque fois que le cc semble remonter sur la surface dure, celle-ci cède et l’on doit tout recommencer. Les pêcheurs maîtrise la technique mais sans doute pas avec un véhicule aussi lourd. Le soleil brûle la peau, les litres d’eau sont avalés et les mains sont boueuses. Ce bivouac aux allures paradisiaques s’est transformé en enfer boueux ! Il est plus de 18h quand les roues avant retrouvent une surface dure résistante et permettent d’extirper le cc. Nous ne pourrons que remercier de vive voix ces trois pêcheurs, ils refusent catégoriquement l’enveloppe que nous leur tendons et nous offrent même le superbe (et délicieux) poisson que je voulais leur acheter. Nous ne pouvons pas insister plus au risque de les blesser alors qu’ils nous expliquent en levant les mains au ciel que c’est leur devoir. A méditer… et encore un très grand merci à Ali et ses amis.

Nous bivouaquerons sur la piste sans plus oser la quitter et le lendemain matin sera employé à nettoyer le sable boueux qui a tout envahi. Nous quittons cet endroit un peu amer. Amer de n’avoir su trouver le bivouac idéal pour se reposer. Amer de n’avoir trouvé une véritable plage d’où l’on puisse observer la faune et la flore sous-marine. Mais en existe-t-il seulement une au Soudan, ce n’est pas évident. Il faut sans doute être équipé pour profiter des lieux de prédilection du commandant Cousteau.

Les pêcheurs nous sortent de la boue !Les pêcheurs nous sortent de la boue !

Les pêcheurs nous sortent de la boue !

Nous repassons à Port Soudan faire un petit bonjour à Abeba
Nous repassons à Port Soudan faire un petit bonjour à Abeba

Lundi 30/03 : On fuit

La température grimpe encore et le vent chargé de poussière, de sable ne nous rafraîchi plus. Nous décidons de prendre la route direction l’Ethiopie et la fraîcheur de ses hauts-plateaux. Mais avant cela une halte à Port-Soudan devant le resto nous permet de refaire la logistique. Nous commandons de l’eau au charretier qui livre les restos. 1.5pounds les 20litres soit 1 euros les 100 litres. Les prix sont identiques partout. Et Ibrahim nous sert à nouveau sa délicieuse soupe de poissons et le riz à la cannelle. Nous ne prenons pas de poisson (15euros le kilo). Le repas nous revient donc à 4 euros, boissons comprises pour 5 personnes.

Les produits de base ne sont pas très chers mais lorsque nous faisons quelques courses pour recharger les placards, une boîte de thon (3 euros), une boîte de maïs (2euros), du yaourt (2euros les 500g)… sont vites un luxe que nous pesons mais qui s’avère nécessaire pour égayer un peu les repas. Nous arrivons à la fin de notre visite du Soudan, non pas que nous ayons visité tout le Soudan, loin de là, mais pour plusieurs raisons tout de même. La température n’y est plus tenable. Au-delà de 35°C les esprits s’échauffent. On ne supporte plus la chaleur et cela pèse sur l’ambiance à bord. Les contacts physiques sont devenus un supplice alors que les enfants ont besoin de câlins ! On ne peut pas se dévêtir pour cause de Charia. On ne peut pas aérer à tout vent à cause des moustiques la nuit et aussi pour éviter les curieux. Bref, autant nous avions apprécié l’arrivée au Soudan, autant désormais nous voulons vite fuir cette chaleur, cette poussière. Nous voulons de l’air, de l’air frais, de la verdure, de l’eau.

Mais pour ça, il faut rejoindre d’abord la ville de Kassala à près de 600km de Port-Soudan. Puis de Kassala aller à Gedaref et enfin franchir la frontière Ethiopienne. Nous n’aimons pas les grandes étapes habituellement, mais entre Port-Soudan et Kassala il n’y a que du désert.

Soudan 2 - La mer rouge et la fuite! - du 23/03 au 01/04/2015

Mardi 31/03 : « route » vers Kassala

La première portion de route depuis Port-Soudan vers Kassala est la même route que nous avions prise en venant de Khartoum. Pas si mal finalement. Seule la portion qui grimpe à travers la montagne nous donne des sueurs froides. Non que nous nous sentions en danger avec notre cc mais les rares vestiges des barrières de sécurité témoignent des très très nombreuses sorties de routes. Nous comprenons maintenant pourquoi cette portion a été réduite à un seul sens de circulation : la montée. Et que la descente se fait par l’ancienne route très mauvaise mais à la pente moins raide. La vision d’un bus aplati en fond de ravin nous confirme que les missiles qui nous dépassaient à l’aller ne sont pas infaillibles ! Une cinquantaine de personnes ont dû rester ici en bas !

Après 180km, la route se sépare. D’un côté elle part vers Khartoum, de l’autre elle file plein sud vers Kassala. Mais ce n’est vite plus qu’un vestige de route. Le revêtement se fissure, se déforme et disparaît à de nombreux endroits. Il faut très fortement ralentir le rythme et ça nous ne l’avions pas anticipé. Pendant des centaines de kilomètres, on roule au ralenti, il faut zigzaguer entre les énormes trous, rouler où la route est encore à peu près en bon état. Cela veut dire aussi bien à droite qu’à gauche comme tout le monde. Heureusement il n’y a pas beaucoup de circulation et toute la largeur de la route nous appartient… enfin quand route il y a !

Nous arrivons à la tombée de la nuit à Kassala. La température n’a pas beaucoup descendu. A 20h il fait encore 38°C et nous espérions trouver un peu de fraîcheur en nous baladant dans le parc de la montagne mais la roche rayonne de la chaleur accumulée pendant la journée. Nous devenons vite l’attraction. En effet, cette ville n’est pas vraiment sur les itinéraires touristiques ! Rares sont les « blancs » à venir ici.

Route vers KassalaRoute vers KassalaRoute vers Kassala
Route vers KassalaRoute vers Kassala
Route vers KassalaRoute vers Kassala

Route vers Kassala

Mercredi 01/04 : Gedaref puis la frontière

La route qui relie Kassala à Gedaref traverse une région terrible. Terrible car cette région est agricole ! La rivière Atbara, qui vient ensuite se jeter dans le Nil dans la ville du même nom, se forme ici grâce à ces nombreuses rivières qui marquent le paysage mais ne coulent que rarement. Des millions de personnes vivent ici d’une agriculture totalement dépendante des précipitations. Les sigles qui remplissent les pancartes que nous voyons un peu partout ne laissent guère de doute quant à la misère qui accompagne les longues périodes de sécheresse. Les réfugiés venus de l’Erythrée voisine aggravent encore la situation et toutes les organisations possibles luttent ici pour aider ces populations. Des camps de réfugiés sont installés le long des routes. Aux Check-points on ne nous demande plus de quel pays on vient mais à quelle mission nous appartenons. Les seuls blancs que nous voyons sont dans des 4x4 blancs des Nations-Unies…

A notre arrivée à Gedaref, nous sommes surpris. La route contourne la ville sur les ¾. Ce n’est pas une ville comme on a pu en voir jusqu’ici. Plutôt un village qui a grandi. Les maisons sont en fait des cases « Kirikou », rondes au toit de chaume, aux murs de terre ou de paille. Elles se trouvent sur un terrain d’une centaine de mètres carrés fermé d’une clôture de bois ou de tôle. Des milliers d’habitations sont ainsi côte-à-côte sur des kilomètres. Pas une route ne pénètre à l’est et au nord. Seules des ruelles de terre séparent les quartiers. Nous espérions y faire nos derniers achats avant l’Ethiopie et y dépenser nos derniers « Pounds » mais peinons à trouver un magasin le long de la « rocade ». Une fois les ¾ du tour effectué, il faut prendre une décision, continuer direction le frontière en espérant trouver des commerces le long de la route ou pénétrer la ville à la recherche de son éventuel centre. Nous nous arrêtons dans la station essence qui marque la fin de la « rocade » ou le début de la route qui mène à la frontière. C’est le début d’après-midi et nous ne devons pas tarder si nous voulons rejoindre la frontière avant la nuit. Il n’y a que 150km mais dans quel état ?

L’arrêt à la station-service nous fait découvrir une bien mauvaise surprise. Le Frigo est HS. Il fait juste 40°C dehors et c’est évidemment dans le pays le plus chaud que cela nous arrive. Le ventilo qui refroidi le radiateur à l’arrière s’est dévissé à cause des vibrations et une ailette a touché le radiateur. Elle est cassée. Le ventilo ne peut pas tourner ainsi avec un gros déséquilibre. Il va exploser rapidement et ne ventile rien de toute façon. Nous profitons de notre connexion internet pour envoyer un message urgent au fournisseur dont la ligne téléphonique ne répond pas. Pas de réponse… Glue3 est mis à contribution. Nous recollons l’ailette cassée. Remplaçons les vis par des plus grosses pour éviter qu’elles se desserrent avec les vibrations. Pourvu que cela tienne ! Nous laissons à Glue3 le temps de prendre (pas comme dans la pub !) et envoyons un livreur d’eau nous chercher 100litres histoire de faire le plein d’eau avant l’Ethiopie. Partout au Soudan nous voyons ces personnes conduisant leur âne et leur charrette sur laquelle deux bidons ont été soudés en forme de réservoir. C’est bien pratique pour nous et le tarif est toujours le même !

En attendant une hypothétique réponse du fournisseur du frigo, nous pénétrons la ville de Gedaref à la recherche d’un marché ou d’une supérette. En plein centre nous découvrons ce que nous cherchons. Un marché pour les fruits et légumes, une supérette pour le yaourt, la farine, le « fromage » (de la Vache Qui Rit qui se garde à température ambiante dans ces pays !!! Pas vraiment du fromage hein !) et de l’eau en bouteille.

Nous adorons l’ambiance ici. Les gens sont agréables, ils nous saluent, nous questionnent sans être oppressants. On veut nous inviter à boire le thé… A Port-Soudan nous étions presque transparents tant cette ville commerçante est à la croisée des mondes grâce à son port. Mais ici à Gedaref, c’est la porte de l’Afrique. Une ville-village de province. Malheureusement, nous ne supportons plus la température et toute la famille fait des efforts depuis plusieurs jours pour ne pas se crier dessus. Nous DEVONS quitter le Soudan.

On relève les mails, pas de réponse du fournisseur du frigo. Le frigo redémarre et l’ailette ne se décroche pas à la mise en route. Combien de temps tiendra-t-elle ?

Nous repartons ainsi direction la frontière avec une dernière belle image du Soudan. Décidément les villes frontières sont agréables. Notre arrivée à Wadi-Halfa nous avait littéralement emballés, notre départ par Gedaref nous laisse un adieu des plus agréables malgré le très court moment que nous y avons passé. Nous fonctionnons toujours à l’instinct et le feeling ici est très bon.

Il est tard évidemment et nous voulons arriver avant la nuit. Malheureusement la route est en triste état. Comme avant Kassala, il nous faut éviter les énormes trous dans la chaussée. C’est un jeu dangereux car ici il y a bien plus de circulation et on ne peut pas toujours rouler à gauche. Après seulement une dizaine de kilomètres, je ne peux éviter un trou et comme à chaque fois ça tape fort malgré la vitesse assez réduite. Mais là il y a un souci, j’appuie sur l’accélérateur mais le cc n’accélère pas. Le moteur ne réagit plus. Il a calé. J’embraye en profitant de la vitesse qu’il reste mais il ne redémarre pas, on se met dans le bas-côté avec la tête qui bouillonne. En panne juste avant la frontière Ethiopienne. Plus un Pound en poche pour un dépanneur, la ville-village n’a certainement pas un garage qui a vu un moteur Renault depuis des décennies… Bon allez on chasse ces mauvaises pensées. Nouvelle tentative de démarrer le moteur. Il n’y a pas de raison, ça va repartir… Non ! Je descends et ouvre le capot. L’arrêt a été net. Ce n’est pas mécanique en plus le moteur tourne quand il est entrainé. Ça doit alors être électrique, certainement un câble qui s’est débranché lors du choc ! A première vue rien. Sous le moteur il y a quelque chose qui coule. C’est clair, ce n’est pas de l’huile. Ce n’est pas chaud, ce n’est pas le liquide de refroidissement. C’est juste l’eau de condensation de la clim à priori. Un tic-tic se fait entendre. Mais c’est sans doute le refroidissement du moteur. Je reviens au volant pour faire une nouvelle tentative. Rien… Et là un éclair de génie ! La coupure d’alimentation en carburant en cas de choc. Ce bouton à côté du filtre à gazole ! Je ressors, appuie sur le bouton et au clic qu’il produit je sais déjà que j’ai mis le doigt dessus. Le moteur redémarre au quart de tour ! OUFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFF

Je me souviens avoir épluché tout le manuel de ma Peugeot pour savoir ce qu’était ce bouton près du pied gauche du conducteur. Sur notre Renault, il est sous le capot à côté du filtre à gasoil, c’est plus logique et je l’avais vu en changeant le filtre un mois auparavant à Assouan.

Nous repartons, au grand désarroi des femmes qui s’étaient attroupées près du cc pour nous observer.

Avec encore plus de prudence et à allure encore plus réduite nous parcourons les kilomètres qui nous séparent de la frontière et nous arrivons bien entendu de nuit. Nous nous garons au milieu des camions et des bus, du bruit de leurs moteurs, de l’odeur de leurs gaz d’échappement. Les dernières journées ont étés longues et le sommeil ne met pas longtemps à venir malgré cette petite boule au ventre qui apparaît à chaque fois que je pense à toute la paperasse qu’il va y avoir à faire demain aux postes frontières.

De Kassala à la frontière EthiopienneDe Kassala à la frontière Ethiopienne
De Kassala à la frontière EthiopienneDe Kassala à la frontière Ethiopienne
De Kassala à la frontière EthiopienneDe Kassala à la frontière Ethiopienne

De Kassala à la frontière Ethiopienne

Jeudi 2/04 : Au revoir Soudan

Soudan, tu nous auras donnés les émotions les plus vives. Du village d’Akasha où nous avons été adoptés aux chaleurs extrêmes qui auront mis à rude épreuve notre cohésion familiale, tu es intense. Nous avons découvert la chaleur des cœurs des tribus Nubiennes des bords du Nil, la chaleur de tes déserts où survivent les éleveurs de dromadaires, de moutons et de chèvres, la chaleur étouffante des rues bruyantes de ta capitale et la chaleur humide de tes côtes baignant dans la mer rouge. Les peaux noires de tes peuples ne laissent pas de doute, tu es en Afrique et pourtant tu as aussi un pied au Moyen-Orient. Ton peuple n’est pas un peuple, ce sont des tribus, des ethnies réunies dans un pays aux limites administratives bien éloignées de leurs préoccupations de subsistance. Vivre au Soudan n’est pas chose facile même pour tes bédouins aux coutumes ancestrales. Alors nous, touristes en camping-car, nous t’avons parcouru en seulement trois semaines. Pas suffisant pour te connaître vraiment, nous le regrettons déjà. Espérons que le Sud et le Darfour à l’ouest soit moins chauds et nous reviendrons alors un jour.

Bilan :

3844km parcourus en 22 jours seulement (de 25910 à 29754km)

Température de 32 la nuit à 44°C en journée

Budget : 46€/jour mais une très grande partie dû aux frais de visas, d’enregistrement… (546€uros sur les 1016euros dépensés au total). C’est le pays le plus cher en terme de frais administratifs juste devant l’Egypte.

240€uros d’alimentation et 200€uros de carburant (pas de difficulté à en trouver)

L’alimentation est chère si l’on veut des produits qui changent un peu mais sinon c’est falafel, foul et pain à tous les repas.

Les visites sont encore plus chères qu’en Egypte et il faut restreindre ou ruser…

Nous n'avons pas eu de grandes difficultés à trouver de l'eau.

Le pays est une superbe découverte que nous recommandons.

Publié dans Actualités, Soudan

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hishosar 03/08/2015 18:11

السلام عليكم
انا هشام من السودان
اتمني الاتصال بي لارسل لكم كثير من الصور التي اخذتها معكم في منطقة البجراوية
ولكم جزيل الشكر
00249911116465 - 00249912989711

BosTrotters 05/08/2015 12:18

Hi, please send an email at bostrotters @ gmail . com
thanks in advance!

Thierry971 14/04/2015 01:15

Un grand merci pour ce récit hyper detailler et qui nous fait voir ces pays avec un autre regard.
Que de belles rencontres !!!
Bonne continuation et au plaisir de lire la suite de vos périgrinations.

Stéphane 12/04/2015 06:13

Bonjour

On s'était croisé en Oman sur une plage. Nous sommes toujours à Addis si vous avez besoin de quoique ce soit n'hésitez pas à nous contacter 0936563748
Stéphane

lucien.varoqui@wanadoo.fr 10/04/2015 17:21

Que de péripéties ! Tachez de vous reposer au bord du lac aux oiseaux, et de souffler un peu. Bonne continuation et à plus tard pour Skype (nous partons dimanche et rentrons le 17) Bises à vous 5