Ethiopie 4 - La vallée de l'Omo

Publié le par BosTrotters

Ethiopie 4 - La vallée de l'Omo

Vendredi 8 mai 2015 : Plein Sud

Nous quittons Addis et nos amis, pour commencer notre descente vers le Kenya et faisons halte au bord du lac de Langano. Il est le seul où l’on puisse se baigner sans soucis en Ethiopie (?).

Ne pouvant rejoindre un camping qui nous avait été conseillé faute de piste praticable, nous demandons l’hospitalité au Sabana Lodge. Un resort 5 étoiles, temple de la haute société d’Addis. Et comme le culot est souvent récompensé, le manager nous y accepte mais s’excuse de n’avoir de services adaptés à nous proposer ! Il ne peut donc pas décemment nous faire payer… ! Nous aurons donc un accès gratuit au wifi, à la plage privé, à l’aire de jeux... En échange de cette hospitalité, nous décidons d’aller dîner au restaurant avec toutefois quelques appréhensions quant au tarif, vu le standing du lieu, nous craignons de ne pouvoir nous offrir mieux qu’une soupe. Mais à notre grande surprise les tarifs restent raisonnables. 7€ pour un steak saignant, même si cela peut paraître très peu cher lorsque l’on vit en France, c’est de loin le plat le plus cher que nous ayons pris depuis très longtemps.

Nous resterons deux nuits à profiter du lieu avant de poursuivre notre route.

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Vue sur les deux lacs depuis notre bivouac
Vue sur les deux lacs depuis notre bivouac

Dimanche 10 et lundi 11 mai 2015 : Une vue incroyable

Au départ du lac de Langano, un choix s’offre à nous. Descendre tout droit en direction du Kenya ou tenter la visite de la vallée de l’Omo, sanctuaire abritant des tribus qui sont restées très longtemps coupées du monde. Nous nous disons qu’il serait vraiment dommage de passer si près sans essayer et bifurquons en direction d’Arba Minch. Cette ville se trouve en surplomb de deux grands lacs et nous trouvons un bivouac dans un hôtel dont la terrasse permet une vue exceptionnelle sur ces deux lacs et sur le parc naturel les entourant. Nous ne nous lasserons pas de profiter de la vue et mettons à profit ce temps pour prendre contact avec un guide spécialisé dans la vallée de l’Omo qui nous a été conseillé par des voyageurs US. Ses indications nous rassurent sur notre capacité à atteindre en cc certains villages les plus intéressants même si les tarifs nous font tousser un peu. Ce ne sont pas les montants mais plus le principe : payer pour se rendre sur un marché, payer un deuxième guide obligatoire alors que nous en avons déjà un, payer pour ceci, pour cela… l’impression que beaucoup de monde profite du système et pas certain que les tribus voient la couleur de cet argent extorqué aux touristes par de nombreux « intermédiaires » (mafia ?).

Nous avions déjà étudié les dates des marchés dans les villes et villages de cette vallée mais avions peur que l’absence d’un guide et surtout la barrière de la langue ne nous fasse rater beaucoup de chose. Nous faisons donc confiance à Ephram pour nous guider. Le départ est prévu le lendemain matin aux aurores car la route est longue et pas partout asphaltée entre Arba Minch et Turmi.

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Mardi 12 mai : Immersion en zone tribale : Marché d’Adulba – Tribu Bena Hammer

Nous démarrons exceptionnellement notre journée très tôt (pour nous) car nous passons prendre Ephram à 7h00 et partons pour une bonne journée de route ou disons de piste. 274km dont la moitié de piste. Alors que nous sortons d’ArbaMinch, le lac et le parc du Nechisar nous font face. La vue est impressionnante de par le surplomb et tant elle se perd au loin dans les montagnes. La route nous mènera en direction de Konso puis bifurque à l’ouest direction la vallée de l’Omo. Enfin de route il n’en sera question que peu de temps puisque très vite une mauvaise piste boueuse la remplace. Nous savions que nous aurions de la piste à emprunter mais on ne pensait pas qu’elle arriverait si vite et nous craignons pour la suite. C’est la saison des pluies et cet élément nous faisait peur également. Bien que tous les guides (papier et internet) déconseillent fortement la région en cette période, nous n’allions pas attendre trois mois. Donc nous étions décidés à tenter l’expérience ! D’autant que la saison des pluies ce n’est pas non plus une mousson, il pleut tous les jours un peu ou parfois un peu plus ! Et la piste semble avoir été fraichement arrosée. Nous devons traverser des piscines de boue dont on ne peut ni estimer la profondeur ni anticiper le relief sous-marin ! Gare aux nombreux piétons qui nous regarde sans y prendre garde. Il n’est pas question de ralentir ni même de s’arrêter au risque d’y rester bloqués. Fort heureusement, mis à part la nouvelle déco marron du camping-car ces piscines ne nous ont pas posé de soucis. Et nous admirons encore une fois l’efficacité des pneus Michelin (Agilis Alpin) dont nous avions testé la capacité sur sable, terre, cailloux, asphalte… et désormais boue glissante. Sans compter leur longévité extraordinaire surtout dans ces conditions (train arrière à désormais 40000km et en fera encore beaucoup et j’ai interverti le train avant avec les roues de secours à 31000km et alors qu’il leur restait encore plus du tiers). Quand on voit les conditions qu’on leur impose (surcharge, état des routes, températures…) je remercie énormément Michelin de m’avoir conseillé ce modèle. Pas une crevaison en 35000km (hormis le pneu éclaté sur les silex en Croatie mais là y a pas de miracle à attendre). Juste pour comparaison, les Continental VancoCamper n’avait pas tenu 20000km sur asphalte… Bon trêve de pub pour Michelin bien que ce soit une info très précieuse pour les futurs voyageurs !

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L’agriculture ici, c’est la banane ! Il y a aussi du tef pour réaliser les injéras (crèpe fermentée à la base de l’alimentation) et les arbres Marindas dont ils consomment les feuilles. C’est un paysage des tropiques grâce à l’humidité très élevée de la région qui nous accompagne bien après Konso. Étonnamment, la route asphaltée reprend avant Konso et se poursuit un jusqu’à Key Afer. Le long de la route, les enfants dansent en n’oubliant pas de réclamer argent ou bouteilles de plastique vides. Les adultes nous sourient et nous saluent toujours avec cette réserve que l’on interprète comme de l’effet de surprise. Par contre terminés les cris et marques d’agressivité. Ici au pire on nous regarde surpris, mais la plupart du temps l’accueil est très jovial. Difficile toutefois de différencier les tribus Konso de la population citadine tant ils ont déjà intégrés les codes vestimentaires. T-Shirt jaune et vert de l’équipe nationale au premier plan. Seule la jupe aux bandes colorées verticales pour les femmes et les shorts à larges bandes pour les hommes permettent encore de les identifier. Ephram nous rassure, les autres tribus sont plus authentiques !

Et effectivement, dès l’arrivée à la jonction de Key afer, nous tombons sur quatre jeunes Hammers que l’on croirait tout droit sortis d’un livre d’histoire. Plumes dans les cheveux, bracelets de perles colorées autour des biceps, des poignets et des cuisses, pagne à la ceinture, la tenue vestimentaire est légère mais les bijoux habillent ! Leur peau noire contraste d’autant plus avec les couleurs vives des perles. Je ralenti, première réaction : demander de l’argent pour la photo. Nous nous y refusons toujours et préférons entamer la conversation. Ils ont sans doute une vingtaine d’année. Ils sont à la fois très grands, fins mais pas maigres, plutôt musclés d’ailleurs. Leur peau très noire est luisante. Ils se rendent au marché et veulent qu’on les y amène. Malheureusement, et bien que l’envie soit très forte tant ce premier contact avec des personnes que tout nous oppose est fort en émotion, nous ne pouvons pas prendre quatre personnes et ils ne veulent pas être séparés. Ils sont gentils, calmes, souriants et nous aurions tant voulu avoir plus de temps pour échanger. Regrets. Désormais c’est une piste que nous empruntons jusqu’à Turmi. Mais elle est très bonne, plate, pas trop de « tôle ondulée ». Cela nous laisse le temps d’observer les personnes qui marchent le long de la route. Tous de la tribu des Hammers. Coupe playmobile faite de petites nattes enduite d’argile et de beurre, demi-calebasse sur la tête pour les femmes, nombreux colliers colorés, peau de chèvre comme pagne. Pouvoir observer des personnes qui ont préservé la quasi-totalité de leurs traditions au 21ème siècle est une rare chance que nous apprécions. Combien de temps avant qu’ils tombent sous le « charme » de la vie moderne ?

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Nous arrivons à Adulba où se tient le marché qui réunit cette population venue d’un autre temps. Si dans les premières minutes, nous sommes l’attraction, bien vite les enfants sont éloignés et nous déambulons quasi-invisibles au milieu de l’agitation. Nous sommes des spectateurs privilégiés qui observent les Hammers dans leurs habitudes, leurs coutumes. Combien de temps encore avant que cela ne devienne Disneyland ou que cela disparaisse ? Ils vendent et achètent cordes, outils, sandales en pneu, beurre et argile pour les cheveux, chèvres, vaches et veaux. Chaque lieu a sa spécialité et après les affaires ils se rejoignent pour discuter en buvant de la bière de Sorgo dans leurs chapeaux-calebasses à l’ombre d’un acacia.

Rien ne semble les perturber dans leurs activités sauf peut-être le passage d’une tête blonde que l’on vient caresser, dont on veut serrer la main. Alix fait son effet auprès des mamans, elles le saluent un sourire simple et franc sur le visage. Rien ne vient polluer ce moment où elle nous regarde, radieuse, sans un mot on comprend qu’elle admire Alix et sa tignasse blonde. On ne parle pas, de toute façon on ne se comprendrait pas et les mots ne servent à rien ici. Le regard, les expressions du visage, tout est dit ! D’un côté des blancs en chemisette-bermuda appareil photo en bandoulière, de l’autre une femme d’une quarantaine d’année juste vêtue d’une peau de chèvre décorée. Mais dans l’échange de regard, pas de jugement, pas de retenue, juste un regard et un sourire qui remplacent des heures de discussion. C’est la magie des enfants que de permettre cela. Sans Alix, aurions-nous pu attirer le regard de cette dame et échanger tant en si peu de temps ? Tout ce que l’on sait, c’est que là à cet instant nous n’étions plus des observateurs, des touristes, des blancs ou quoi que ce soit… nous étions avec cette femme sans distinction. Et cet échange aura duré une seconde ou deux, un instant infime mais qui en vaut mille plus long.

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Nous poursuivons notre balade dans le marché accompagnés d’un petit groupe d’enfant. Une petite fille en particulier veut absolument tenir la main d’Alix, les autres plus grands ou plus grandes s’intéressent aux longs cheveux de Liou et Jade.

Les tribus Hammers viennent au village pour vendre leur bétail et acheter le nécessaire. Ici, ils se mêlent à la vie moderne sans complexe, rien de plus normal et surtout un énorme message d’espoir pour l’avenir car ils ne semblent pas prêts à vouloir troquer leurs traditions pour la « modernité ».

Alors que nous avions vu des photos dans les guides ou sur les affiches des Tour-Opérators, rencontrer ces personnes habillées de peau de chèvres, de peinture, de colliers et bracelets de perles multicolores, aux coiffes d’argile parfois agrémentées de plumes ou avec une calebasse sur la tête est une expérience incroyable. Ils sont les derniers témoins des modes de vie non-« moderne ». Ils vivent d’élevage, d’artisanat, de culture et sont encore un peu épargnés par les travers ou le « confort » de la vie moderne.

Une question s’était posée à notre esprit avant de nous rendre dans la vallée et dans ces villages : Doit-on égoïstement profiter du « show » de ces tribus, aller les regarder comme des animaux dans un zoo ? Ou ne pas y aller et les laisser disparaître (se faire intégrer) en paix ? Nous avions peur justement que ce soit un « show », que les tribus ne se « déguise » comme cela que pour le touriste et pour récolter quelques birrs en échange des clichés. Le marché d’Adulba nous prouve le contraire. Ils nous ignorent et ils vivent en contact avec de très nombreux éthiopiens à la vie plus « moderne » sans pour autant que cela ne remette en cause leurs traditions. En tout cas l’impact du touriste ne se voit pas dans le marché.

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Mercredi 13 mai : Tribu Dasanech et Village Hammer

Nous quittons de bonne heure l’hôtel où nous nous étions garés. En fait il s’agissait de l’hôtel où notre guide dormait à Turmi. Après quelques kilomètres de mauvaise piste nous découvrons une belle route asphaltée (Made in China) en plein milieu de cette jungle. Elle nous amène aux confins de l’Ethiopie, à quelques kilomètres seulement du Kenya. Par contre nous ne prendrons pas la piste qui va au Kenya, pas pour nous !

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Le pont interdit !
Le pont interdit !

Arrivés à Omorate, nous devions emprunter un bateau pour traverser la rivière Omo et visiter un village d’une tribu Dasanech. Notre petit futé nous indique un tarif de 100birrs, mais une « mafia » locale gère désormais le business et le tarif est passé à 1000birrs. Impossible de passer en direct avec les gamins qui poussent les pirogues, ils ont trop peur. Et que dire du pont tout neuf qui se trouve à quelques centaines de mètres et est emprunté par les locaux ? Pas pour nous non plus, un poste de police nous l’interdit ! Nous repartons d’ici, nous nous refusons à payer une telle somme (50€) pour traverser une rivière de 50m et surtout alimenter ce business malsain. C’est tout simplement du racket.

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A peine repartis en sens inverse et arrivés sur la belle route asphaltée que nous faisons halte pour le déjeuner. Nous n'avons pas choisi l’endroit au hasard car on aperçoit à une centaine de mètres des huttes et des gens s’y affairer. En quelques minutes nous sommes entourés d'abord par des jeunes femmes Dassanech puis par les hommes. Je retente l’expérience réalisée au parc Awash en imprimant une photo du petit groupe de jeunes femmes et en leur distribuant. Mais bien qu’elles ne parlent pas notre langue et que notre guide ne parle pas non plus leur dialecte, elles se font parfaitement comprendre, elles veulent être payées pour la photo. Ainsi donc même ici dans un endroit peu touristique ce fléau est bien ancré. A ce moment un camion s’arrête derrière nous et l’Ethiopien qui en descend voudrait bien une photo de lui avec les hommes de la tribu. J’ai l’appareil photo et l’imprimante, lui veut bien payer les hommes. Le deal est entendu et je repars avec mon cliché sans avoir payé, lui avec sa photo, les hommes avec leur argent ! Amusant comme situation.

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De retour à Turmi, nous allons visiter un village Hammer. Nous y rencontrons principalement des enfants de tous âges et il est juste impossible de sortir l’appareil photo sans devoir lâcher des billets ! On ravale nos principes et après avoir payé deux trois clichés, les enfants sont moins pressants et nous pouvons profiter. Étonnamment le village possède une balançoire et un tourniquet (petit clin d’œil à notre commune qui en est toujours dépourvue !). Liou, Jade et Alix en profitent un max sous les regards surpris des Hammers. Après quelques minutes d’observation certains iront les rejoindre sur le tourniquet oubliant de tendre la main pour les photos !

Ces gens vivent toujours dans des huttes faites de branches et de paille. Ils sont éleveurs de chèvres et de vaches qu’ils consomment très peu mais vendent sur le marché de Turmi. Notre regard est attiré par la cloche que possèdent certaines chèvres autour du cou. Si en Suisse les cloches sont en alliage de cuivre, que dans certains pays elles sont en bois, ici elles sont en… tortue ! Ce sont des carapaces de tortues ! Le vieux berger qui garde son troupeau ne voit pas d’un bon œil que je prenne en photo la cloche en tortue et je me sauve avant de me prendre un coup de bâton ! Alors prendre des photos de leurs enfants (moyennant finance) ça ne pose pas de soucis, mais une chèvre, Non !

Pour les futurs visiteurs d’un village, ne payez jamais sans être certain que l’argent aille bien à la communauté. Malgré notre vigilance, cette fois nous sommes fait avoir et le « guide » s’est mis l’argent dans la poche ! Nous avons donc la certitude désormais que les tarifs annoncés par les guides ou les tour-operators ne sont jamais destinés aux communautés mais vont toujours dans la poche d’opportunistes. Impossible d’obtenir des reçus ou alors ce sont d’authentiques torchons !

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Herman et Cande Zapp
Herman et Cande Zapp

Jeudi 14 mai : Marché de Key Afer, famille ZAPP et Police

Le jeudi, le marché se tient à Key Afer qui est la ville porte d’entrée de la vallée de l’Omo. En y arrivant, notre guide nous propose de nous garer dans la pension Nassa. A peine garés qu’une dame nous saute au cou ! Elle s’appelle Cande, elle est Argentine. Avec elle 4 enfants, son mari Herman est déjà parti visiter le marché. C’est la famille Zapp ! Une famille extraordinaire. 15 ans de voyage, 4 enfants nés aux quatre coins du monde et ils voyagent dans une voiture de 1928 ! Des dingues je vous dits ! Il ne faut pas une minute avant que les enfants jouent tous ensemble. La barrière de la langue n’est plus une excuse, Liou et Jade commencent à se débrouiller et les Zapp maîtrisent à fond l’Anglais.

Nous passons la journée à visiter le marché de Key Afer. Nous avons abandonné notre guide à l’entrée car il nous indiquait encore qu’il fallait payer 200 birrs pour celui-ci ! Nous y avons passé des heures, personne ne nous a rien demandé, preuve (si c’était encore nécessaire) que ce système est organisé par eux-mêmes.

L’aisance avec laquelle Herman s’immisce dans le marché est déconcertante. Il s’assoie au milieu d’un groupe d’hommes de la tribu Hari et boit avec eux la bière de sorgho sous leurs yeux ébahis. Du culot et un grand sourire, ça marche. Pour les photos, il a la technique. Il a tout simplement donné son Reflex à un gamin de 11-12 ans et l’a chargé de mitrailler. Le gamin revient régulièrement montrer ses prises et Herman lui donne un petit billet pour qu’il aille s’acheter une sucette ! Très vite quelques gamins viennent vous tenir la main, vous proposer leur aide, vous voulez des bananes, ils reviennent avec, des œufs, pareil. S’ils sont mignons, gentils adorables, je reste mal à l’aise avec les marques d’affection qu’ils témoignent instantanément à l’égard du premier touriste. A mes yeux ils se prostituent. L’objectif est clair, ils veulent un billet et pour cela, ils vous tiennent la main, vous font de grands sourires, vous maternent. Bref, c’est un câlin contre un billet ! Au bout du compte, les bananes et les œufs vous coûtent bien cher mais ce n’est pas là le problème c’est surtout de savoir où est la limite ? Et si un touriste amène la petite Emma dans sa chambre d’hôtel qui est à côté du marché ?

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Nous profitons du marché et de la diversité des tribus qui viennent y vendre ou y acheter leurs produits. L’hôtel étant à quelques mètres seulement, nous laissons les enfants jouer sous la garde alternée d’un parent.

Le guide est prévenu, désormais nous gérons le programme et il suivra. Il ne nous a pas été d’une grande utilité depuis le début sauf pour nous faire payer des frais que nous n’avons pas besoin de payer sans lui.

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Le dos à Jade un bon quart d'heure après!
Le dos à Jade un bon quart d'heure après!

Après cette longue journée, nous sommes désormais tous réunis à l’hôtel, je discute avec Herman et Mélanie pendant que Cande fait un peu d’école à leurs enfants. Soudain Liou, Jade et Alix arrivent en courant et en pleurant ! « Un monsieur nous a frappés ! Le monsieur en jaune ! ». Le premier réflexe est d’essayer de démêler l’histoire ! « Qu’est-ce que vous avez fait ? Pourquoi il vous a tapé ? » Et là la réponse est immédiate : « Mais RIEN ! »

Tout parent se dira qu’ils ont bien du faire quelque chose pour qu’un adulte les frappe. Je vais donc immédiatement voir la personne en question qui n’est autre que le manager de l’hôtel et lui demande (d’un ton ferme tout de même) la raison qui l’a conduit à frapper les enfants ! Il ne sait pas me répondre et tente une explication : « ils jouaient trop près de la vache, c’est dangereux ! »

S’il n’y avait eu notre guide, Herman et les deux serveurs pour me tenir à distance, j’aurais fait un malheur ! Cet homme a frappé des enfants de 3, 7 et 9 ans parce qu’ils jouaient trop près de sa vache ! Il doit être fêlé ?! Et bien apparemment non puisque la Police que nous avons appelé ne voyait pas où était le problème !!!!!!!!!!!!! Et ils nous ont jeté de l’hôtel parce que nous étions en train de créer des histoires !

Herman voyant le caractère tragique de la situation a tout filmé mais ça ne leur a pas plu et ils lui ont demandé d’effacer !

Nous sommes tout simplement choqués. Choqués comme les enfants. Ils ne peuvent pas comprendre et Alix passera plusieurs nuits très agitées. Comment un enfant peut-il interpréter d’avoir reçu un coup qui lui aura laissé une belle marque dans le dos sans au moins une raison à cela ! Et comment lui expliquer qu’ici cela ne semble pas anormal puisque la Police n’y trouve rien à redire ?

Nous voyageons pour découvrir des cultures différentes mais on ne s’attend pas à cet aspect d’une culture. L’Ethiopie est véritablement un pays à part. Voilà 6 semaines que nous la parcourons de l’Ouest au Nord puis de l’Est au Sud et nous sommes confrontés à cette agressivité, à ce manque de civisme, de morale, d’éducation… Ras-Le-Bol !

Nous avons fait des efforts énormes pour nous adapter, pour accepter, pour comprendre. Nous avons cru que le problème venait de nous et nous avons culpabilisé, raison de notre persévérance à rester dans le pays et à le parcourir pour le comprendre. Mais force est de constater que le problème ne vient pas de nous. Ils ont un gros souci. Si l’on veut visiter l’Ethiopie, il faut accepter d’être insulté, d’être dénigré, d’être agressé, d’être escroqués… ou il faut le survoler en tour organisé.

Notre décision est prise, nous ne resterons pas plus longtemps. Nous écourtons notre visite de l’Omo et passons encore cette soirée et le lendemain matin avec les Zapp qui nous ont rejoints à l’hôtel où nous avons trouvé refuge pour la nuit. Mais nous n’avons plus goût à voyager dans ce pays. Cela nous affecte tellement que l’on se pose la question du voyage en lui-même. Est-ce-que le reste de l’Afrique est identique ? Si beaucoup de voyageurs nous préviennent qu’effectivement le « blanc » n’est souvent considéré que pour son argent dans presque toute l’Afrique, ils nous rassurent tout de même en nous disant que l’accueil y est tout de même bien meilleur partout ailleurs.

Nous repartons à Arba-Minch pour y ramener notre bien inutile guide et pour aller chercher notre carte jaune d’assurance qui vient d’y arriver (équivalent de la carte verte européenne pour certains pays d’Afrique de l’Est).

Au revoir les Zapp!Au revoir les Zapp!

Au revoir les Zapp!

Samedi 16 mai 2015 : Mais pourquoi on a pris cette piste?

Depuis Arba-Minch, nous avions deux possibilités pour nous rendre au Kenya. Remonter quelques centaines de kilomètres et reprendre la route normale ou descendre directement par Konso puis emprunter une piste de 100km et rejoindre la route normale jusqu’à Moyale. La sagesse voudrait que l’on remonte par la voie asphaltée et que l’on fasse quelques centaines de kilomètres en plus pour la tranquillité. Mais tant nos amis d’Addis-Abeba que la famille Zapp nous ont prévenus que la « bonne » route est catastrophique et qu’il y a du goudron entre les trous (et pas l’inverse !). La pire route d’Afrique selon les Zapp (qui y ont déjà passé 3 ans !).

Nous nous disons qu’avec un peu de chance la piste depuis Konso jusqu’à Yabelo n’est peut-être pas si mauvaise et nous partons plein sud en réempruntant donc pour la troisième fois les 29km de très mauvaise piste au sud de Arba-Minch. Mais à peine traversé Konso que nous nous demandons si l’on a bien fait et s’il n’est pas encore temps de faire demi-tour. Konso étant en altitude, nous devons descendre jusqu’à la plaine par une piste de terre et de caillou qui est ravinée. Elle serpente à flanc de montagne. Si dans les lignes « droites » (entre deux lacets) la piste est praticable avec prudence, dans les lacets justement, la pluie a creusée la terre profondément. Chaque passage met à rude épreuve la structure du cc et nous chantons de joie lorsque rien n’a raccroché dans un virage. Ce qui ne nous rassure guère c’est que nous sommes un samedi, que depuis le départ nous n’avons pas vu un seul bus, minibus ou camion sur la piste. En cas de soucis, nous risquons d’avoir du mal à trouver de l’aide car en plus et pour la première fois que nous sommes en Ethiopie, il n’y a personne au bord de la route (piste). Ce pays surpeuplé où l’on ne peut pas s’arrêter sans se voir assailli même au milieu de la pampa, possède donc bien des endroits totalement vides !

Plus on avance, plus on se dit que l’on ne pourra pas faire 100km dans ces conditions. Mais on n’est pas trop motivés non plus pour refaire en sens inverse ce que l’on vient de descendre si difficilement !

Il ne faut pas attendre bien longtemps avant que l’on regrette notre choix. Dans une montée, nous devons passer une grosse crevasse laissée par l’écoulement d’eau et à peine la roue gauche passée que l’on se retrouve la roue droite en l’air ! Trois roues seulement touchent le sol et comme nous sommes une traction avant et sans blocage de différentiel, lorsque l’on accélère, la roue gauche ne tourne pas et la roue droite tourne dans le vide ! Nous sommes coincés. Ni la marche arrière ni la marche avant ne font bouger le cc. J’entreprends de placer des blocs de pierre sous la roue droite lorsque trois motos chargées chacune de deux ou trois jeunes arrivent ! Après quelques tentatives, nous parvenons à repartir en arrière, puis avec un peu d’élan et moins de précautions à franchir l’obstacle. Bien entendu selon la tradition éthiopienne, les jeunes réclament de l’argent pour leur immense effort qui aura duré au moins deux minutes. Et par respect envers les trois pêcheurs soudanais qui avaient passés plus de 4 heures à nous sortir de la boue tout en refusant catégoriquement l’enveloppe que nous voulions leur donner, nous répondrons à leur quémandage par de grandes salutations ! Tout en espérant vivement ne pas avoir besoin à nouveau de leur aide un peu plus loin !

Et évidemment quelques centaines de mètres plus loin la route passe dans le lit d’une rivière. La route est si défoncée que de loin on sait déjà que le passage est impossible. Arrivés devant l’obstacle infranchissable nous y retrouvons nos jeunes motards qui nous indiquent au dernier moment la déviation crée par les autres véhicules qui empruntent la route. On remonte d’une vingtaine de mètres dans les galets puis on traverse ceux-ci avant de redescendre et de grimper un talus qui donne sur la route. Les deux craintes sont : est-ce que les galets portent suffisamment ? Ne vont-ils pas glisser sous les roues et on va se retrouver posé ? Et aura-t-on assez d’élan pour grimper le talus ? On oubli le frottement du parechoc… Aspect ayant été oublié depuis que l’on a entamé cette piste d'ailleurs!

A notre grande surprise et au grand désarroi des jeunes, nous passons l’obstacle sans difficultés ni trop gros bruit !

Nous n’avons pas fait beaucoup de kilomètres et pourtant les heures défilent. Mais nous sommes enfin arrivés dans la plaine. Notre crainte désormais ce sera la remontée sur Yabelo et surtout les gros nuages noirs qui menacent au loin. Pourvu qu’il n’y pleuve pas ! Car les mêmes passages sur une route mouillée et en montée sont tout à fait irréalistes pour nous ! Heureusement la piste dans la plaine est meilleure et nous permet de rattraper un peu le retard. Nous ne sommes limités que par les vibrations de la « tôle ondulée ». Ces vagues qui se forment sur la piste, nous secouent et mettent à rude épreuve la mécanique. Nous devons donc avancer raisonnablement et pas comme ces bus qui nous doublent à fond et doivent voler sur les vagues.

Après une cinquantaine de kilomètres de piste et 3 heures nous découvrons un chantier. Les chinois entreprennent de réaliser une route asphaltée ici ! Et comme d’habitude en Ethiopie, ils commencent au milieu ! Si quelqu’un en connait la raison, nous sommes preneurs ! Donc désormais, la piste est défoncée par le passage des camions. Heureusement la remontée sur Yabelo est bien plus aisée que la descente de Konso et la pluie nous aura épargnée.

Nous arrivons exténués après 200km et 9h de route (enfin de piste sur 130km).

Yabelo n’est qu’un croisement de routes et la ville n’est composée que de station-service, ateliers de mécanique et hôtels. Le premier nous demande 9 dollars pour le parking, nous n’avons jamais payé ce prix et comme la dame refuse de négocier, nous nous rendons au deuxième. Il demande 20 dollars ! Là la fatigue aidant, je mets à profit le vocabulaire appris auprès d’un ancien collègue écossais afin de saluer dignement cet individu ! Je tourne les talons avant qu’il ne perde toute dignité en révisant son tarif. Je suis absolument écœuré par ce pays et ne veut même pas entendre le prix qu’il me propose désormais. Nous passons au troisième hôtel où là on se croit au Hilton, désormais c’est 50 dollars ! Pour un parking le long d’une route bruyante! Je ne peux sérieusement écrire les mots que j’ai prononcés à ce moment-là mais ils semblent qu’ils aient fait effet et surtout que ces personnes n’aient aucune estime d’eux-mêmes car ils me font une nouvelle offre à 5 dollars ! Ils ne comprennent pas quand je leur dit qu’il est trop tard, qu’ils ont voulu m’escroquer et que même s’ils m’offraient le parking je n’irai pas chez eux ! Après 6 semaines en Ethiopie, je ne fais plus dans la dentelle et je ne vais pas m’abaisser à accepter de me garer chez des escrocs.

Comme Mélanie voit bien que je ne suis plus vraiment d’humeur à demander l’hospitalité, elle se charge du quatrième hôtel. Et là évidemment c’est 2.5 dollars ! Pourquoi n’avait-on pas essayé celui-là en premier ? En fait c’était 5 dollars mais Mélanie l’a négocié à 2.5. Venant d’elle et connaissant son aversion pour la négociation qu’elle considère comme du quémandage, c’est un exploit !

Cet épisode nous confirme dans notre envie de quitter le pays. Nous n’avons plus la force de supporter ce comportement. Vous êtes étranger alors on vous demande 1000birrs pour un parking quand on en demande 50 pour une chambre à un éthiopien.

Ethiopie 4 - La vallée de l'OmoEthiopie 4 - La vallée de l'OmoEthiopie 4 - La vallée de l'Omo
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Dimanche 21 mai : La délivrance ?

Les derniers 200km ne seront pas les plus faciles, la route asphaltée est criblée de nids de poules et la seule solution est d’emprunter les pistes latérales en terre. Cela nous fait presque manquer de voir qu’ici nous ne sommes pas en Ethiopie mais dans le Jura. Des collines verdoyantes, des prairies où paissent les vaches et parfois une autruche. Pas l’Ethiopie de la télé ! Mais la vraie Ethiopie, verte, agricole, humide !

Nous parvenons à Moyale, à la frontière où l’on nous indique d’aller à gauche dans le bâtiment de l’immigration. En 10 minutes c’est fait. « Par contre pour le véhicule vous devrez attendre demain car la douane est fermée le dimanche ! »

BILAN de l'Ethiopie :

L'Ethiopie ne nous aura pas ménagés! Elle nous aura donné les plus grands doutes sur nous, sur notre voyage et sur beaucoup de choses aussi. Nous la quittons heureux et en même temps tristes. Tristes pour ce pays aux paysages splendides mais nous n'avons pas trouvé cette beauté dans le cœur de sa population. On a pris un coup, parce qu’on ne s'attendait pas à cela, encore une fois cela confirme qu'il faut se méfier des préjugés même positifs!

Mais ce pays est finalement une préparation à l'Afrique et à sa rudesse!

Bilan en quelques chiffres :

45 jours : c'est le deuxième pays après la Turquie dans lequel nous aurons passé le plus de temps. Les visas le permettaient et nous avons vraiment voulu le parcourir dans tous les sens.

4657km - Là aussi tout juste derrière la Turquie! Le pays est très grand.

63€/jour (avec les visas) : Le trek, le guide dans l'Omo, le carburant et aussi les bivouacs (parkings payants) font de ce pays une destination assez chère et pourtant nous avons été très prudents.

Publié dans Actualités, Ethiopie

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Jean-yves et Corinne 06/06/2015 04:55

Salut collègues grands voyageurs,
Tenez le coup: vous êtes une belle famille, et l'on ressent bien votre grande honnêteté morale et intellectuelle, tout comme votre envie de découverte. Vous êtes sur le plan des relations humaines, vous êtes dans la partie la plus difficile (et parfois désespérante) de votre tour du monde. L'avenir va vous sourire c'est certain ! Ménagez votre monture :-) car elle n'a pas fini d'en voir de toutes les couleurs. Nous continuerons à vous suivre avec bonheur.

Cyprien 04/06/2015 10:48

Bonjour,
J'ai lu l'ensemble de votre blog et vous me faites rêver.
Il y a des pays plus "faciles" pour les touristes que d'autres. Parfois les gens sont accueillants, d'autres fois non... Je comprends que vous ayez eu du mal à l'accepter.
Mais pourquoi donc vouloir à tous prix prendre des photos ? Cela mets forcément en porte à faux vis à vis de la population non ?
Sinon, dans pas mal de pays, le prix des choses n'est pas fixe comme ici mais en fonction de ce que la personne peut payer. Et comme ils n'ont aucune notion de ce que vous pouvez payer ils demandent haut et voient votre réaction. En fonction de cela ils baissent les prix.
Il est vrai que l’Afrique est vraiment rude pour nous les touristes, les notions d'argent, de nourriture, du mensonge, d'éducation, etc sont très différentes des nôtres et cela est déroutant. Une petite pensée également aux Africains qui arrivent dans notre pays et qui doivent trouver tant de choses bizarres :)
De tout cœur, je vous souhaite bonne route.

Catherine 03/06/2015 00:56

Quel pasionnant récit. Vos photos sont superbes. Bravo pour votre ténacité, votre combativité pour refuser le racket organisé et le partage de tous ces renseignements qui seront utiles aux voyageurs. Cath.