Ethiopie 1 - les hauts-plateaux et la dépression (du Danakil)

Publié le par BosTrotters

L’Ethiopie est un pays qui ne nous laissera pas indifférent. Maintenant que nous avons exorcisé nos états d’âmes sur ce pays, nous nous sentons plus légers. Nous pouvons profiter car nous sommes libérés.

Nous avions deux choix : Persister à essayer de découvrir les merveilles qui se cacheraient dans ces peuples ou nous faire une raison et basculer en mode extase sur les paysages.

Alors oublions tout cela et voilà ce que nous avons fait/vu en Ethiopie :

Ethiopie 1 - les hauts-plateaux et la dépression (du Danakil)

Jeudi 2 avril 2015 : Une arrivée fraîche comme une bière éthiopienne! – km29754 – Jour246

Nous arrivons en Ethiopie. Les formalités au Soudan ont été vite faites. Par contre nous appréhendons comme toujours l’entrée dans un nouveau pays. Officiellement et sur de nombreux blogs, il est écrit que nous devons avoir un courrier de notre ambassade pour entrer avec un véhicule en Ethiopie. Comme la France ne délivre plus ce type de document, certains ont bien galérés avec ça et la solution ne se décrit pas dans un blog… Même si tout le monde, ambassade et douaniers le savent. Heureusement pour nous pas besoin de faux-documents, ils ne le demanderont pas.

Première étape, l’immigration. Enfin... on est accueilli par un jeune homme en blouse blanche… Pas vraiment le costume de douanier habituel. Il veut vérifier notre température avec un thermomètre frontal ! Ouf ! Il fait ensuite semblant de vérifier nos carnets de vaccination pour la fièvre jaune et nous laisse passer. On nous tamponne nos passeports et on passe au véhicule de l’autre côté de la route. Dans le bureau, le douanier est à son bureau. Au-dessus de lui, pas le portrait du président mais le calendrier de la bière locale ! Le choc ! Après 6 mois de pays musulmans, voire de la bière et de plus dans le bureau d’un douanier, c’est énorme ! On nous accorde 60 jours pour le véhicule dans le pays. Petit contrôle du numéro de châssis et nous sommes libres. En moins d’une heure nous avons expédié les deux douanes ! A nous les routes Ethiopiennes !

Dès la frontière passée, le long de la route est bordé d’échoppes et de chopes !

Notre destination, Gondar est à 180km. La route grimpe dans des paysages de plus en plus arborés et cultivés. Si les habitations ressemblent beaucoup à celles que nous avions vu côté soudanais avant la frontière, leur densité augmente et nous ne pouvons plus ignorer la population non plus. Des centaines de personnes marchent sur les bords de la route asphaltée avec leurs chèvres, moutons, ânes et bœufs. La route est excellente mais la progression très lente car il nous faut slalomer, patienter, klaxonner pour nous frayer un chemin. A mesure que nous montons en altitude la température descend et nous respirons enfin quand elle s’approche des 30°C. La pluie fait même son apparition à notre arrivée à destination. Voilà des mois que nous en rêvons, oui oui, nous rêvions de la pluie ! Comme quoi ! Avec la pluie la température descend à 19°C. Irréelle cette sensation de froid alors que le matin même nous avions plus de 40°C. Nous sommes à 2200m, la verdure, les flamboyants en fleurs, les bougainvilliers qui ploient sous leurs flammes rouges violacées, les immenses ficus pluri-centenaires aux racines entrelacées et à l’envergure sans limites, voilà la nature nous réserve un accueil incroyable en Ethiopie ! Après des milliers de kilomètres de sable et de poussière, l’explosion de chlorophylle nous pénètre et nous procure un bien-être inouï !

Ethiopie 1 - les hauts-plateaux et la dépression (du Danakil)Ethiopie 1 - les hauts-plateaux et la dépression (du Danakil)
Ethiopie 1 - les hauts-plateaux et la dépression (du Danakil)Ethiopie 1 - les hauts-plateaux et la dépression (du Danakil)

Gondar est la première grande ville sur notre route, nous y faisons halte afin d’étudier le guide du petit futé et la carte et de déterminer notre trajet pour les prochaines semaines. Effectivement, notre fuite du Soudan ne nous a laissé que peu de temps pour préparer l’Ethiopie. Nous débarquons ici sans la moindre idée de ce que nous allons découvrir. Nous sommes au Nord-Ouest du Pays dans les hauts-plateaux. L’Ethiopie est découpée en plusieurs régions. Plus à l’Est, la dépression du Danakil avec son immense étendue volcanique descend en entonnoir vers la grande vallée du rift qui fracture le continent africain. A l’extrême Est vers la Somalie les haut-plateaux laissent place à des plaines de savanes semi-désertiques. Quant au Sud-ouest il y a la fameuse vallée de l’Omo dont les populations ne connaissaient même pas l’existence de l’Ethiopie il y a encore peu. Nous voilà en formation accélérée avec comme seule aide le guide du Petit Futé. Pas mal mais pas très sérieux de notre part.

Nous devons également tenir compte pour nos prochaines semaines de plusieurs critères. Mélanie D. étudiait leur itinéraire de 2 semaines de vacances en Ethiopie (eux ils préparent !) quand elle a découvert notre blog et a vu que nous y serions à peu près au même moment. Elle nous a donc contactés et nous propose de nous apporter saucisson, fromages, vins… Surréaliste, génial et super gentil ! Il y a aussi Stéphane et Chloé, rencontrés sur une plage à Oman qui travaillent à Addis-Abeba et qui nous ont proposé de passer les voir. Nicolas Sven, Ethnologue Allemand et guide touristique, que nous avons croisé au Soudan à Kerma et qui nous a envoyé un mail pour nous inviter à passer quelques jours chez lui. Christophe et Sylvia, nos amis Allemand qui ont obtenu les visas de transit pour l’Arabie Saoudite après nous, devraient arriver prochainement aussi par ici.

Bref, le planning en Ethiopie va être chargé ! Heureusement nous disposons de deux mois !

Comme Mélanie D. et sa famille arrivent en même temps que nous et font la boucle du Nord dans un sens, nous décidons de la faire en sens inverse pour les croiser. Nous voudrions également réaliser un trek dans les Simien Moutains. Ces très haut-plateaux Ethiopiens sont exceptionnels et nous ne voudrions pas venir ici sans les voir. Seule solution pour les admirer, un trek de plusieurs jours de 3600m à 4400m. La recherche d’infos sur ce trek nous amène à inverser le planning. Nous irons donc d’abord faire le trek puis ensuite nous reposer au bord du lac Tana au Tim & Kim Village et nous rencontrerons Mélanie D. ici à Gondar quand ils finiront leur boucle !

Le trek fait l’objet d’un article séparé que vous pouvez découvrir ici :http://bostrotters.over-blog.com/2015/04/ethiopie-3-jours-de-trek-dans-les-simien-moutains.html

 

Ethiopie 1 - les hauts-plateaux et la dépression (du Danakil)

Mardi 7 avril : Repos au paradis des oiseaux

A notre retour du trek, nous sommes épuisés physiquement. L’altitude surtout n’a pas été sans effet sur les organismes et il nous faut reprendre des forces. Surtout qu’après le Soudan, nous étions déjà très fatigués alors après le trek, il nous faut des VACANCES ! J’entends d’ici les réactions ! « Mais vous êtes tout le temps en vacances ! » Venez tester et on en rediscute après ! Voyage, oui, vacances pas vraiment.

A 56km de pistes de là au bord du lac Tana, un couple de Hollandais a ouvert un lodge/camp il y a 8 ans. L’endroit a la réputation d’être un coin tranquille et idéal pour se ressourcer selon les voyageurs. Mais la piste nous fait peur, elle est longue et difficile de vérifier les infos sur son état. Nous tentons tout de même.

Elle est poussiéreuse. Un enfer, la poussière entre de partout. Nous aurions dû préparer le cc et scotcher tous les orifices, les portes, les grilles de ventilation comme nous l’avions fait en Iran dans le désert. Mais on ne l’a pas fait ! Au programme du repos, nous ajouterons le nettoyage complet inter-exter de notre maison ! En fait, ils ont débuté les travaux pour faire une route asphaltée il y a plusieurs années. Et selon toute vraisemblance, il faudra encore de nombreuses années avant qu’elle soit terminée. Ici ce ne sont pas les chinois qui construisent mais une entreprise locale ! Si dans l’ensemble l’état est plutôt bon, à chaque chantier pour installer des buses pour l’écoulement de l’eau, une déviation caillouteuse malmène la mécanique et les passagers. Les 400 derniers mètres sont les pires, un chemin de cailloux descend en pente raide qu’il faudra remonter mais à chaque jour suffit sa peine.

Ethiopie 1 - les hauts-plateaux et la dépression (du Danakil)Ethiopie 1 - les hauts-plateaux et la dépression (du Danakil)
Ethiopie 1 - les hauts-plateaux et la dépression (du Danakil)

Nous nous installons au Kim Village dans un paradis ornithologique. Le cadre est sympa, le lac en contrebas fait découvrir de petites îles que les pêcheurs rejoignent sur des canoës en roseaux. Des centaines d’oiseaux multicolores nous entourent. Nous sommes comme dans une volière mais sans les grillages !

Nous y passerons 6 nuits. Les enfants occupent leurs journées à observer les oiseaux, les baptiser, les prendre en photo et ensuite les dessiner. Ils sont infatigables. Nous décidons de faire une pause dans le CNED pendant ces quelques jours. Rares vacances depuis notre départ. Il faut dire qu’à chaque interruption, la reprise est pénible alors nous faisons le CNED 7/7 à petite dose de 2h/jour sauf quand la route ou les activités ne le permettent pas. L’observation des oiseaux est une école en soit. Nous empruntons l’encyclopédie au camp et les filles tentent de retrouver les noms de leurs oiseaux préférés. Il faut dire que « Bleu nuit », « grande queue », « Kirikou » ne sont pas vraiment des noms scientifiques ! Alors que Blue Stierling ou African Hoopoe sont des termes plus conventionnels. Mélanie a de son côté une vision des vacances bien à elle ! Elle se lance dans la lessive à la locale. Avec ses kilos de linges et ses bassines elle va frotter dans le lac en compagnie des femmes éthiopiennes pendant que leurs hommes se baignent nus. Pour ma part, l’eau fraîche ne me mettant pas en position favorable par rapport à eux, je préfère occuper mes journées en réparations, entretiens et améliorations diverses. Enfin entre bières, discussions et siestes !

Plus de 70 espèces d'oiseaux sont visibles ici!Plus de 70 espèces d'oiseaux sont visibles ici!
Plus de 70 espèces d'oiseaux sont visibles ici!Plus de 70 espèces d'oiseaux sont visibles ici!Plus de 70 espèces d'oiseaux sont visibles ici!

Plus de 70 espèces d'oiseaux sont visibles ici!

Kim village à Gorgora au bord du lac Tana!Kim village à Gorgora au bord du lac Tana!Kim village à Gorgora au bord du lac Tana!
Kim village à Gorgora au bord du lac Tana!Kim village à Gorgora au bord du lac Tana!Kim village à Gorgora au bord du lac Tana!

Kim village à Gorgora au bord du lac Tana!

La cérémonie du café! Incontournable en Ethiopie!
La cérémonie du café! Incontournable en Ethiopie!La cérémonie du café! Incontournable en Ethiopie!La cérémonie du café! Incontournable en Ethiopie!

La cérémonie du café! Incontournable en Ethiopie!

Steven, jeune motard finissant l'Afrique
Steven, jeune motard finissant l'Afrique

Nous y faisons la rencontre d’un jeune motard allemand. Steve est parti il y a 2 ans et demi. Il a parcouru de l’Europe à l’Asie du sud-est et termine son tour d’Afrique à 22 ans. Il remonte vers le Soudan et cherche un moyen d’éviter l’Egypte. Nous passons des heures à chercher des solutions sachant que l’Arabie Saoudite semble fermée aux motards. Mais il doit se dépêcher car il reprend ses études en Angleterre en septembre !

Pendant notre passage au Kim Village, nous apprenons que Kim cherche un couple pour gérer le lieu. Avec Mélanie, nos regards se croisent mais très rapidement une évidence se pose : Impossible pour nous de travailler ici avec des personnes sans pouvoir leur faire confiance ! Nous avons justement surpris une conversation où elle explique à un salarié qu’elle ne peut désormais plus lui faire confiance après ce qu’il a fait… Elle fait travailler beaucoup de personnes du village voisin de Gorgora et certains semblent abuser de sa bonté. Pourtant elle continue de s’investir dans des actions à leur égard et veut justement se libérer du temps pour ça. Elle est courageuse et battante !

Vous ne pouvez pas comprendre!
Vous ne pouvez pas comprendre!

Lundi 13 et mardi 14 avril 2015 : retour à Gondar

Nous empruntons à nouveau la piste pour revenir à Gondar où nous avons rendez-vous avec Mélanie D. et sa famille ! Nous commençons notre cure de charcuterie et de fromage, notre cure de France ! L’attention de Mélanie, François et Elie nous touche énormément. En plus nous venons de trouver une boulangerie qui fait des petits pains qui ressemblent énormément à la baguette. Un bonheur de retrouver ces goûts de chez nous. Le fromage qui pue, une rosette, la moindre réminiscence de ces sensations est un pur bonheur ! Mais un pur bonheur qui nous transporte droit dans les souvenirs. Alors que depuis des semaines l’alimentation est très basique, c’est un choc. Ceci, accumulé avec la fatigue et nos états d’âmes (voir article Etats des Âmes 4), provoque en nous tous un coup de blues. Les enfants souffrent de nostalgie et les parents ne sont pas mieux. Un coup de moins bien qu’il est difficile de lutter. Alors nous dégustons chaque rondelle de charcuterie, chaque fine lamelle de tome aux fleurs sauvage, chaque gorgée de Margaux ou Petit beurre pour les enfants. Ces bonheurs simples nous paraissent bien futiles quand ils sont accessibles mais après autant d’abstinence, ils sont savoureux. Merci Mélanie D., François et Elie pour ces attentions. Pour les enfants, c’est aussi une occasion de jouer avec des enfants francophones de leur âge. Liou trouve immédiatement en Lou une super copine et Jade joue avec Élise et Clément. Nous échangeons Liou contre Elise qui passe une nuit dans le cc. Et Liou redécouvre les joies d’une bonne douche et d’un petit déj’ gargantuesque.

Ethiopie 1 - les hauts-plateaux et la dépression (du Danakil)Ethiopie 1 - les hauts-plateaux et la dépression (du Danakil)
Ethiopie 1 - les hauts-plateaux et la dépression (du Danakil)Ethiopie 1 - les hauts-plateaux et la dépression (du Danakil)
Ethiopie 1 - les hauts-plateaux et la dépression (du Danakil)

Mardi 14 avril 2015 : Retrouvailles

Christophe et Sylvia, nos amis allemands arrivent tout droit de Khartoum où ils ont récupérés leur overlander (camion 4x4 avec cellule aménagée) après un retour forcé en Allemagne. Ces retrouvailles de voyageurs ont toujours le même effet. La joie. Qu’il est agréable de retrouver des visages familiers en voyage !Ce n’est pas comme à la maison, nous sommes tous dans la même aventure et partageons les mêmes galères, les mêmes joies. Alors pas de différence d’âge, de nationalité, on profite et puis c’est tout ! Comme à chaque fois !

Ethiopie 1 - les hauts-plateaux et la dépression (du Danakil)

Mercredi 15 et jeudi 16 avril 2015 : Bahir Dar

Nous filons désormais au sud du lac Tana mais par la route. La ville de Bahir Dar est le point de départ d’excursions sur le lac à la découverte des églises et monastères sur les îles. A ces activités hors budget pour nous, nous aurions préféré aller admirer les chutes du Nil Bleu, mais la piste est mauvaise et longue et les chutes ont perdus de leur splendeur suite à la construction du barrage qui a diminué fortement le débit. Nous en profitons donc pour nous balader dans les rues de la ville et explorer le marché. Ces marchés sont toujours une occasion d’observer la vie locale, des personnes venues des campagnes, des produits variés de leur vie de tous les jours. Nous nous débâterons avec la mafia locale pour pouvoir négocier en direct l’achat de tissus auprès des échoppes. Pas évident ni agréable mais on ne se laisse pas faire et les commerçants sont les premiers à souffrir de ces « intermédiaires » pour touristes. Le tissus que nous achetons à 100 nous était annoncé à 550 par ces jeunes qui maîtrise l’anglais et s’imposent en prétendant être le fils du commerçant. Ils n’apprécient pas qu’on les prenne en photo non plus ! Mais c’est notre passeport tranquillité ! Et les commerçants sourient qu’on ne se laisse pas faire.

Nous bivouaquons dans un autre paradis au Abay Minch Lodge. Le manager Philippin est adorable et nous accueille les bras ouverts. En échange de son hospitalité nous décidons d’aller manger au resto de l’hôtel une fois les enfants couchés ! Mais avant nous organisons un petit conseil de famille. Liou y demande de rétablir des horaires réguliers pour l’école. Une évidence ! Mais nous avions laissé progressivement le quotidien guider notre rythme et cela ne convient pas aux enfants. Jade y fait le clown et Alix nous fait une intervention magistrale ! Sa première participation active aux conseils nous montre qu’il a bien observé et veut prendre part. Il le fait si sérieusement que j’en active la caméra de mon téléphone pour immortaliser cet instant !

Les enfants sont couchés, ça y est une soirée en tête à tête ! Voilà très longtemps que cela ne nous était pas arrivé. En plus nous y dégustons un Chateaubriand saignant à la sauce aux champignons et oignons. La viande est tendre et fondante, la sauce est délicieuse et non épicée, la poêlée de légumes croquante. J’en salive encore. Il faut dire que la viande dans nos menus est très rare et qu’elle est archi cuite dans les petits restos, il vaut mieux d’ailleurs ! L’avantage de l’Ethiopie c’est l’abondance de bovins. Mais la chèvre c’est très bon aussi ! Vous allez dire que je ne parle que nourriture dans mes articles mais bon c’est notre quotidien aussi et un français ne se renie pas !

Bahir Dar est aussi l’occasion de retrouver Mélanie D. & Co dont le parcours passait par la ville. Un nouveau moment d’échange sympathique pour parents et enfants.

Conseil de famille, soirée tête à tête et balade dans la villeConseil de famille, soirée tête à tête et balade dans la ville
Conseil de famille, soirée tête à tête et balade dans la villeConseil de famille, soirée tête à tête et balade dans la villeConseil de famille, soirée tête à tête et balade dans la ville

Conseil de famille, soirée tête à tête et balade dans la ville

Ethiopie 1 - les hauts-plateaux et la dépression (du Danakil)

Vendredi 17 avril 2015 : Route des crêtes vers Wadiya

Un des lieux touristiques les plus importants d’Ethiopie est la ville de Lalibela est ses églises taillées dans la roche. Nous partons dans cette direction et parcourons des centaines de kilomètres à une altitude moyenne de 3000m dans des régions où la moindre parcelle de terre est exploitée. Les eucalyptus y sont abattus par millions pour les besoins de la construction et laissent la place libre pour la culture. On nous assure qu’ils replantent… Probablement une ONG ou un autre programme… (J’arrête tout de suite et je reviens au sujet initial !).

Les paysages sont tout de même impressionnants. Pour parvenir à Lalibela il faut enfin emprunter une piste de 63km en montagne. Après 1 km nous rebroussons chemin. Trop pentu, trop poussiéreux, trop risqué. Nous continuons directement à Wadiya en roulant jusqu’à 3500m d’altitude.

Route dans les haut-plateaux à plus de 3000m
Route dans les haut-plateaux à plus de 3000m
Route dans les haut-plateaux à plus de 3000m
Route dans les haut-plateaux à plus de 3000m
Route dans les haut-plateaux à plus de 3000m
Route dans les haut-plateaux à plus de 3000m
Route dans les haut-plateaux à plus de 3000m
Route dans les haut-plateaux à plus de 3000m
Route dans les haut-plateaux à plus de 3000m
Route dans les haut-plateaux à plus de 3000m
Route dans les haut-plateaux à plus de 3000m
Route dans les haut-plateaux à plus de 3000m

Route dans les haut-plateaux à plus de 3000m

A Wadiya, nous négocions le parking dans l’enceinte d’un hôtel pour deux nuits car enchaîner deux journées de route ne permet pas de profiter et se révèle assez fatiguant. Il faut dire que la vitesse moyenne sur un parcours comme celui-ci n'est pas supérieure à 45km/h nous avons donc passé toute la journée sur la route. De là nous pouvons visiter la ville et son marché. Cela nous donne l’occasion de rencontrer une jeune femme qui confectionne des paniers tressés multicolores. Ce travail harassant nécessite 1 semaine pour le panier et 5 jours pour le couvercle. 12 jours de travail pour un panier à 600birrs soit moins de 30 euros. Voilà la réalité de l’Ethiopie, pas celle du tourisme et de ses vautours. Dans le marché, les gens ne sont pas habitués à voir les touristes s’arrêter ici. Nous nous transformons vite en attraction avec des réactions de surprise, d’amusement et quelques ricanements. En tout cas pas un marché au touriste ici ! Nous admirons les rideaux de sandales en plastique vertes, un seul modèle, une seule couleur, plusieurs tailles et elles équipent des millions de pieds. C’est comme les fruits, c’est mangue ou mangue !

Wadiya, son artisanat, son marché et la cuisine de l'hôtel !
Wadiya, son artisanat, son marché et la cuisine de l'hôtel !Wadiya, son artisanat, son marché et la cuisine de l'hôtel !
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Wadiya, son artisanat, son marché et la cuisine de l'hôtel !

Dimanche 19 avril 2015 : Plein Nord !

Nous aurons mis à profit notre présence dans un hôtel où dorment des touristes pour interroger leurs guides sur notre prochaine destination. Nous voulions visiter le marché de Bati, la référence de la corne de l’Afrique. Plus de 20000 personnes s’y rendent chaque lundi, éleveurs des tribus Afar du désert du Danakil y côtoient les agriculteurs descendus des montagnes et beaucoup d’autres commerçants, artisans, producteurs. Le must des marchés ! Un peu comme Zanzibar et ses épices. Malheureusement tous les guides nous déconseillent la route. Elle est en travaux et même pour les 4x4 le passage est délicat et pénible. Nous découvrons par contre la possibilité de passer par une nouvelle route au nord à travers la dépression du Danakil. Nous partons donc dans cette direction avec tout de même un regret immense pour le marché de Bati.

Des hommes qui chantent, des zébus impressionnants, l'eau omniprésente au pied des plateaux.Des hommes qui chantent, des zébus impressionnants, l'eau omniprésente au pied des plateaux.Des hommes qui chantent, des zébus impressionnants, l'eau omniprésente au pied des plateaux.

Des hommes qui chantent, des zébus impressionnants, l'eau omniprésente au pied des plateaux.

Une carte en Or!
Une carte en Or!

Pour aller de Wadiya à Mekele, il faut d’abord descendre des haut-plateaux, longer la grande dépression et remonter dans les plateaux. Une route existe bien qui traverse les plateaux mais les raccourcis ne sont pas toujours plus courts !

La descente nous fait troquer les zébus pour des dromadaires. En effet, à mesure que nous descendons la température grimpe en flèche et le paysage change. L’eau qui descend des plateaux verdi une large bande agricole qui se perd dans le désert des Danakils. La route est bonne, elle est récente comme beaucoup de routes en Ethiopie et nous ne regrettons pas d’avoir choisi celle-ci et non celle, certainement plus belle, qui traverse les haut-plateaux à plus de 3000m. Nous partageons la route avec un défilé de camions qui s’en vont alimenter les régions reculés du pays.

A notre arrivée à Mekele, nous prenons nos repères. Désormais nos yeux cherchent les boulangeries, les fruits et légumes, les petits « supermarchés ». Tout est si peu évident et rien n’étant indiqué qu’il faut reconnaître une boulangerie au comptoir vitré qui se cache à l’intérieur et qui ne présente souvent rien car le pain est conservé dans un plateau sous un tissus. Il y a finalement beaucoup de chose en Ethiopie mais il faut savoir où chercher et demander n’est pas gage de succès !

Nous mettons à profit le lendemain pour partir à la recherche d’informations précises concernant la traversée de la dépression du Danakil dont les infos sur la sécurité sont inquiétantes. En effet, suite à des attaques de touristes sur les flancs du volcan Erta Ale et de son lac de lave en fusion en 2012, il est nécessaire d’être escorté de militaires pour y accéder. Malheureusement, le Danakil est très très grand et il y a un flou total sur la zone réellement dangereuse. La route que nous souhaitons emprunter passe à une trentaine de kilomètres du volcan seulement mais est-elle concernée ? Une bonne marche nous mène à l’office du tourisme dont même la réceptionniste de l’hôtel à touriste voisin ne connaît pas l’existence. Finalement nous tombons dessus par hasard au milieu des bureaux de tour-operators. D’un abord accueillant, le conseiller de l’office nous donne quelques maigres infos sur ce qui est réalisable sans payer. Pas grand-chose à part se balader dans la ville. Toutes les églises et monastères à proximité sont payants et il nous renvoi invariablement vers les tour-operators. Nous ne possédons pas le budget pour aller visiter le lac de lave et les vases sulfureux de Dalol, 400 dollars par personnes, et de toute façon la température à proximité du volcan interdit la présence d’enfants. Un tour-operator nous proposera néanmoins un tarif à 100dollars par enfant. Ce tarif inclut-il le linceul ? Car la température ne descend pas en-dessous de 50°C même la nuit ! Nous nous intéressons à une carte de l’Ethiopie qui présente les principaux points d’intérêt touristique du pays. Ce genre de carte que l’on vous offre dans un office du tourisme habituellement. Ici, le jeune homme nous en demande 800Birrs soit 40 euros. Nous lui demandons s’il n’a pas confondu dizaines et centaines comme cela arrive fréquemment en Ethiopie. Non, avec un aplomb déconcertant il nous annonce froidement que nous les blancs nous pouvons bien payer ce prix… Est-ce une version officielle de la vision du touriste en Ethiopie ?

Nous chercherons donc les infos sur la sécurité de la route auprès de chauffeurs de minibus et non auprès de ce très dispendieux office de tourisme !

Publié dans Actualités, Ethiopie

Commenter cet article

Martine 08/05/2015 14:31

Bravo pour votre voyage je vous suis avec grand plaisir !

Catherine 08/05/2015 00:59

Vite la suite ! Je ne me lasse pas de vous lire. Merci pour vos récits. Catherine.